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« J’ai élargi mes centres d’intérêt scientifiques »

« J’ai élargi mes centres d’intérêt scientifiques »
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À l’occasion de nos cinq ans, nous avons demandé à cinq de nos auteur·e·s de partager avec nous quelques « belles histoires » autour de leur collaboration avec The Conversation France. Aujourd’hui, Éric Muraille, biologiste et immunologiste à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), explique comment il cultive dans nos colonnes le dialogue avec d’autres disciplines et d’autres scientifiques.


« Je voudrais témoigner ici de mon expérience positive de contributeur à The Conversation, média auquel je collabore depuis plus de deux ans.

Sans beaucoup d’originalité, si j’ai été attiré par des études scientifiques, c’est parce qu’elles me permettaient de satisfaire ma curiosité, de mieux comprendre le monde, de donner un sens aux choses. La réalisation d’un doctorat et une carrière universitaire consacrée à la recherche fondamentale s’inscrivent dans cette logique. Tout comme ma collaboration avec The Conversation, qui m’a permis d’élargir mes centres d’intérêts scientifiques et de développer de nouvelles collaborations transdisciplinaires.

Malheureusement, les chercheurs sont actuellement trop peu encouragés à explorer cette voie. Une stratégie de financement de la recherche basée sur l’optimisation par la compétition s’est progressivement imposée au sein des universités et des instituts de recherche, poussant les chercheurs à l’ultra spécialisation.

La curiosité, moteur historique de la science, n’est plus valorisée. Pire, elle est souvent pénalisée lors des évaluations des chercheurs car interprétée comme une forme de dispersion improductive. Pourtant, plus le champ de connaissances d’un chercheur est large, plus il est susceptible d’adopter un point de vue original sur son sujet de recherche. Et plus il lui est aisé d’échanger avec des experts d’autres disciplines.

De plus, les missions d’un chercheur ne se limitent pas à la production de connaissances. La spécificité de l’université est d’associer recherche, enseignement et communication scientifique. Et selon mon expérience, le transfert de connaissances est bien plus efficace quand on peut ancrer celles-ci dans des problématiques sociétales ou dans l’actualité.

Il me semble donc indispensable de ranimer et d’encourager chez les chercheurs la curiosité, l’envie d’explorer de nouveaux domaines et de communiquer leur expertise.

La possibilité de publier via The Conversation des articles de qualité, en phase avec l’actualité, incite à renouer avec une attitude ouverte et curieuse. Par exemple, j’ai pu mettre à profit mon expertise en culture cellulaire dans un article sur la viande de culture. Plus récemment, à l’occasion de la pandémie de SARS-CoV-2, j’ai rédigé des articles expliquant l’émergence des épidémies, les hypothèses complotistes sur l’origine du SARS-CoV-2, le principe et l’utilité des tests de dépistage, ainsi que le concept « One Health » qui oriente la politique de la plupart des agences de santé publique. Suite à ces contributions, j’ai été sollicité pour plusieurs interviews et débats.

J’invite mes collègues à tenter cette expérience enrichissante. Écrire pour The Conversation permet de valoriser son expertise, de gagner de la visibilité et d’accéder à d’autres médias. Mais cette expérience permet aussi d’acquérir de nouveaux savoirs, d’améliorer sa communication, en interagissant avec des journalistes et un public exigeant. Elle offre l’opportunité rare de construire un réseau de relations multidisciplinaires et d’échanger de manière libre et souvent productive avec d’autres experts.

J’ai par exemple pu travailler en collaboration avec des économistes, médecins et épidémiologistes pour proposer une stratégie de sortie de la crise du Covid-19. J’ai participé à une conférence en ligne avec Alexandre Hocquet, spécialiste en histoire des sciences, ayant pour thème la science face à l’urgence. Et j’ai été invité à donner une conférence sur la gestion des menaces globales à la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale (Université catholique de Louvain). »



Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

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