- Les maladies thyroïdiennes les plus fréquentes sont l’hypothyroïdie (thyroïde trop peu active) et l’hyperthyroïdie (thyroïde trop active), souvent d’origine auto-immune.
- Selon l’Assurance Maladie, l’hypothyroïdie touche 1 à 2 % de la population française et la maladie de Hashimoto en est la première cause.
- La maladie de Basedow est la première cause d’hyperthyroïdie chez la femme jeune.
- Selon la Haute Autorité de santé (HAS), le dosage de la TSH est le premier examen sanguin à demander en cas de suspicion.
- Les symptômes sont souvent diffus (fatigue, poids, palpitations, frilosité), d’où des diagnostics parfois tardifs.
Les maladies thyroïdiennes regroupent les situations où la thyroïde, petite glande située à la base du cou, produit trop ou pas assez d’hormones. Ces hormones règlent le rythme du métabolisme : fréquence cardiaque, température, poids, transit, énergie et humeur. Méconnues parce que leurs signes ressemblent à de la fatigue ou du stress, elles se repèrent pourtant par une simple prise de sang et se traitent dans la grande majorité des cas.
Quelles sont les principales maladies de la thyroïde ?
On distingue deux grands dérèglements de fonctionnement. L’hypothyroïdie est, selon l’Assurance Maladie, l’incapacité de la thyroïde à produire suffisamment d’hormones ; c’est le trouble thyroïdien le plus fréquent. L’hyperthyroïdie correspond à l’inverse, une production excessive d’hormones ; l’ensemble des signes qui en résultent s’appelle la thyrotoxicose.
| Maladie | Mécanisme | Repère selon l’Assurance Maladie |
|---|---|---|
| Thyroïdite de Hashimoto | Auto-immune : anticorps contre les cellules thyroïdiennes, production d’hormones réduite | Première cause d’hypothyroïdie ; l’hypothyroïdie est 5 à 10 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme entre 30 et 50 ans |
| Thyroïdite du post-partum | Inflammation auto-immune après un accouchement : hyperthyroïdie puis hypothyroïdie | Survient après environ 5 % des grossesses, souvent transitoire |
| Maladie de Basedow | Auto-immune : anticorps qui stimulent la thyroïde en permanence | Première cause d’hyperthyroïdie chez la femme jeune ; touche 2 % des femmes et 0,4 % des hommes en Europe |
| Adénome toxique, goitre multinodulaire toxique | Un ou plusieurs nodules produisent trop d’hormones | Causes les plus fréquentes d’hyperthyroïdie chez la femme de plus de 60 ans |
| Causes médicamenteuses ou iatrogènes | Amiodarone, lithium, interféron ; surdosage en hormone thyroïdienne | Peuvent provoquer une hypo- ou une hyperthyroïdie |
Quels signes doivent faire penser à la thyroïde ?
Les symptômes vont dans des sens opposés selon que la thyroïde ralentit ou s’emballe. Dans l’hypothyroïdie, l’Assurance Maladie décrit un ralentissement général : fatigue physique et intellectuelle, frilosité, cœur lent, prise de poids malgré un appétit réduit, constipation, crampes, troubles de la mémoire et de la concentration, règles irrégulières. Avec le temps, la peau et les cheveux deviennent secs et cassants.
Dans l’hyperthyroïdie, tout s’accélère : amaigrissement rapide malgré l’appétit, diarrhée, intolérance à la chaleur avec sueurs, palpitations, pouls rapide ou irrégulier, essoufflement, tremblements fins des mains, troubles du sommeil, irritabilité, faiblesse musculaire. Dans la maladie de Basedow, une exophtalmie, c’est-à-dire des yeux qui paraissent saillants, peut s’ajouter. Les troubles du sommeil liés à ces maladies peuvent se confondre avec d’autres causes, comme l’explique le guide les signaux d’un sommeil de mauvaise qualité.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Selon la HAS, le dosage de la TSH, l’hormone hypophysaire qui commande la thyroïde, est le test sanguin le plus sensible et le plus spécifique. Le médecin le demande en cas de symptômes évocateurs ou de facteurs de risque, puis complète si besoin :
- TSH en première intention : élevée dans l’hypothyroïdie, basse dans l’hyperthyroïdie.
- T4 libre (T4L) sur le même prélèvement si la TSH est anormale ; la T3 libre n’est utile que dans certains cas.
- Anticorps : anti-TPO pour une thyroïdite de Hashimoto ou du post-partum, anticorps anti-récepteurs de la TSH (TRAK) pour une maladie de Basedow.
- Imagerie : échographie en cas de nodule ou de doute, scintigraphie pour préciser la cause d’une hyperthyroïdie.
L’Assurance Maladie précise que l’hypothyroïdie est dite avérée lorsque la TSH dépasse 10 mUI/L avec une T4L inférieure à l’intervalle de référence, et fruste lorsque la TSH dépasse l’intervalle de référence du laboratoire sur au moins deux prélèvements espacés d’au moins six semaines, avec une T4L dans l’intervalle. Les autres valeurs se lisent au regard de l’intervalle de référence indiqué sur votre compte rendu ; le guide quand consulter après une mesure inquiétante aide à savoir comment réagir face à un résultat.
Comment ces maladies sont-elles traitées ?
Le traitement dépend de la cause et se décide avec le médecin. Pour l’hypothyroïdie, la HAS retient la lévothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse, en ajustant la dose pour éviter un surdosage, notamment chez les personnes âgées ; l’Assurance Maladie indique que ce traitement est généralement pris à vie. La HAS, citant un rapport de l’ANSM de 2013, relève par ailleurs qu’environ 30 % des patients suivis en ville débutaient la lévothyroxine sans dosage préalable de la TSH, une pratique que ses recommandations visent à corriger.
Pour l’hyperthyroïdie, la HAS décrit trois options choisies en concertation avec un endocrinologue : les antithyroïdiens de synthèse, l’iode radioactif et la chirurgie. Selon l’Assurance Maladie, la maladie de Basedow évolue par poussées : un épisode unique dans 40 à 50 % des cas, des récidives dans 50 à 60 %.
Quelles complications en l’absence de traitement ?
Une hyperthyroïdie non traitée expose, selon l’Assurance Maladie, à des troubles du rythme cardiaque comme la fibrillation atriale, à une insuffisance cardiaque, à l’ostéoporose et, dans la maladie de Basedow, à des atteintes oculaires. Une hypothyroïdie non traitée favorise des maladies cardiovasculaires, une dépression, des apnées du sommeil et, pendant la grossesse, une hypertension maternelle. Un suivi de la fréquence cardiaque et du poids peut aider à dialoguer avec le médecin, à condition de suivre son poids sans obsession. Les variations hormonales au fil de la vie sont aussi abordées dans l’article comment le corps de la femme change tous les dix ans.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin traitant en cas de fatigue inexpliquée qui dure, de variation de poids sans raison, de palpitations, d’un gonflement à la base du cou ou de troubles des règles, surtout en cas d’antécédents familiaux ou après un accouchement. L’Assurance Maladie signale qu’une crise aiguë thyrotoxique (fièvre élevée, palpitations sévères, agitation, confusion) impose une hospitalisation en urgence : appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Quelle est la maladie thyroïdienne la plus fréquente ?
Selon l’Assurance Maladie, c’est l’hypothyroïdie, qui touche 1 à 2 % de la population française. Sa première cause est la thyroïdite de Hashimoto, une maladie auto-immune.
Quel examen demander pour vérifier sa thyroïde ?
La HAS recommande le dosage de la TSH en première intention. Si la TSH est anormale, la T4 libre est dosée, puis les anticorps selon la cause suspectée.
Qu’est-ce que la maladie de Basedow ?
C’est une maladie auto-immune où des anticorps stimulent la thyroïde en permanence, provoquant une hyperthyroïdie. L’Assurance Maladie la décrit comme la première cause d’hyperthyroïdie chez la femme jeune.
Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées ?
Les maladies auto-immunes de la thyroïde sont nettement plus fréquentes chez la femme : selon l’Assurance Maladie, l’hyperthyroïdie est 5 à 10 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, et l’hypothyroïdie l’est 5 à 10 fois plus entre 30 et 50 ans.
Une hypothyroïdie se soigne-t-elle ?
Oui, par une hormone thyroïdienne de synthèse, la lévothyroxine, dont la dose est ajustée sur les dosages de TSH. Selon l’Assurance Maladie, ce traitement est pris à vie et les symptômes s’améliorent après sa mise en route ; son suivi se fait avec le médecin.
Quels sont les symptômes d’un dérèglement de la thyroïde ?
Les signes vont dans des sens opposés. Dans l’hypothyroïdie : fatigue, frilosité, cœur lent, prise de poids, constipation, troubles de la mémoire. Dans l’hyperthyroïdie : amaigrissement rapide, palpitations, sueurs, tremblements des mains, irritabilité. Ces signes sont souvent diffus : le médecin peut demander une prise de sang pour faire le point.
Sources
- Assurance Maladie : comprendre l’hyperthyroïdie — causes, maladie de Basedow, fréquence selon le sexe et l’âge
- Assurance Maladie : hyperthyroïdie, symptômes, diagnostic et évolution — signes, examens, complications, crise thyrotoxique
- Assurance Maladie : comprendre l’hypothyroïdie — définition, Hashimoto, thyroïdite du post-partum, prévalence
- Assurance Maladie : hypothyroïdie, symptômes, diagnostic et évolution — signes, seuil de TSH, forme fruste, complications
- HAS : prise en charge des dysthyroïdies chez l’adulte (argumentaire) — TSH en première intention, lévothyroxine, options de traitement de l’hyperthyroïdie
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

