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Santé

Cigarette électronique pour arrêter de fumer : les repères officiels

En bref

  • La cigarette électronique n’est pas un traitement validé de l’arrêt du tabac en France : la Haute Autorité de santé (HAS) recommande en premier les traitements de substitution nicotinique et un accompagnement.
  • La HAS ne décourage pas pour autant les fumeurs qui vapotent déjà et veulent arrêter de fumer.
  • Fumer et vapoter en même temps (vapo-fumage) n’est pas associé à une baisse des risques et reste déconseillé.
  • Le 39 89 de Tabac Info Service met en relation avec un professionnel de l’arrêt du tabac.

La cigarette électronique pour arrêter de fumer n’est pas recommandée en première intention par les autorités de santé françaises, qui privilégient les substituts nicotiniques et l’accompagnement ; elle peut toutefois s’envisager chez certains fumeurs, à condition d’arrêter complètement le tabac. Voici ce que disent la HAS et Santé publique France, et comment s’organiser.

Pourquoi l’arrêt du tabac est-il une priorité de santé ?

Le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France : selon Santé publique France, il est responsable de plus de 68 000 décès prématurés en 2023, soit 11 % de la mortalité totale. Il favorise notamment des cancers, des maladies cardiovasculaires comme l’infarctus et des maladies respiratoires chroniques.

Santé publique France note que le nombre de fumeurs quotidiens de 18 à 75 ans a diminué d’environ 4 millions en une décennie. Arrêter reste bénéfique à tout âge, et suivre quelques indicateurs clés de prévention, comme la tension artérielle, aide à mesurer l’évolution avec son médecin.

Que dit la Haute Autorité de santé sur la cigarette électronique ?

Dans sa recommandation de 2014 sur l’arrêt du tabac, la HAS indique que la cigarette électronique n’est pas recommandée comme outil d’aide à l’arrêt, faute de preuves suffisantes. Elle précise cependant que son usage ne doit pas être découragé chez un fumeur qui a déjà commencé à vapoter et souhaite arrêter de fumer.

La HAS a engagé en 2023 l’actualisation de cette recommandation. Sa note de cadrage de juin 2023 reprend la position du ministère de la Santé de novembre 2022, selon laquelle les preuves restent insuffisantes pour affirmer que le vapotage aide à l’arrêt. Le document évoque une utilisation possible chez des fumeurs fortement dépendants, après proposition des traitements validés, et limitée dans le temps.

SituationPosition des autoritésSource
Fumeur qui veut arrêterSubstituts nicotiniques et accompagnement en première intentionHAS 2014 et note de cadrage 2023
Fumeur qui vapote déjàUsage non découragé s’il vise l’arrêt du tabacHAS 2014
Fumeur fortement dépendantVapotage envisageable après les traitements validés, de façon limitée dans le tempsHAS, note de cadrage 2023
Fumer et vapoter à la foisDéconseillé, pas de baisse des risques associéeHAS, note de cadrage 2023

Quels sont les traitements recommandés en premier ?

Les traitements de substitution nicotinique (TSN) sont les médicaments recommandés en première intention par la HAS, qui leur reconnaît un rapport bénéfice/risque favorable. Ils apportent de la nicotine sans la combustion du tabac, sous forme de patchs, gommes, pastilles ou inhaleurs, et une partie est remboursable sur prescription.

L’accompagnement compte autant que le médicament : selon la HAS, sans accompagnement, 97 % des fumeurs n’arrivent pas à arrêter. Médecin traitant, sage-femme, pharmacien, infirmier ou tabacologue peuvent proposer un suivi, et Tabac Info Service, porté par Santé publique France et l’Assurance Maladie, met en relation avec un professionnel de l’arrêt au 39 89.

Comment organiser un arrêt si l’on vapote ?

Si vous utilisez une cigarette électronique, l’objectif est d’arrêter complètement le tabac, idéalement avec l’aide d’un professionnel. Les étapes suivantes reprennent les repères de la HAS.

  1. En parler à un professionnel : médecin, pharmacien ou tabacologue évaluent la dépendance et proposent un traitement validé.
  2. Fixer une date d’arrêt du tabac et prévenir son entourage.
  3. Arrêter totalement la cigarette : le vapo-fumage, c’est-à-dire fumer et vapoter en même temps, n’est pas associé à une diminution des risques selon la HAS.
  4. Utiliser du matériel et des liquides conformes, achetés dans le circuit légal, et les tenir hors de portée des enfants.
  5. Prévoir la sortie du vapotage avec le professionnel qui vous accompagne, la HAS évoquant un usage limité dans le temps.
  6. Anticiper les rechutes : repérer les situations à risque (alcool, stress, café, pauses) et savoir qui appeler.

Pour aller plus loin, l’article sur la cigarette électronique face aux dangers du tabac et celui sur le choix d’une cigarette électronique pendant le Mois sans tabac complètent ces repères, et le guide Mesurer pour prévenir explique l’intérêt d’un suivi régulier de sa santé.

Que faire en cas de rechute ?

Une rechute est fréquente et ne remet pas en cause la démarche : la HAS propose des outils pour analyser les pensées, les émotions et les situations qui ont déclenché l’envie de fumer. Reprendre contact avec le professionnel qui vous suit permet d’ajuster le traitement ou de changer de stratégie.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin ou votre pharmacien avant d’arrêter si vous êtes enceinte, si vous avez une maladie cardiaque ou respiratoire, ou si vous prenez des médicaments dont la dose pourrait devoir être ajustée. Une toux qui persiste, un essoufflement ou des palpitations justifient aussi un avis médical. Une douleur dans la poitrine ou un malaise imposent d’appeler le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

La cigarette électronique est-elle recommandée pour arrêter de fumer ?

Non, pas en première intention en France. La HAS recommande d’abord les substituts nicotiniques et un accompagnement, tout en ne décourageant pas les fumeurs qui vapotent déjà et veulent arrêter de fumer.

Peut-on fumer et vapoter en même temps ?

Ce n’est pas conseillé. Selon la note de cadrage de la HAS de 2023, la consommation simultanée de tabac et de produits du vapotage n’est pas associée à une diminution des risques.

Les substituts nicotiniques sont-ils remboursés ?

Une partie des substituts nicotiniques est remboursable lorsqu’ils sont prescrits par un professionnel de santé. Votre pharmacien peut indiquer les produits concernés.

Où trouver de l’aide pour arrêter de fumer ?

Votre médecin, votre pharmacien, une sage-femme ou un tabacologue peuvent vous accompagner. Le 39 89 de Tabac Info Service met en relation avec un professionnel de l’arrêt du tabac.

Combien de décès le tabac provoque-t-il en France ?

Selon Santé publique France, le tabac est responsable de plus de 68 000 décès prématurés en 2023, soit 11 % de la mortalité totale, ce qui en fait la première cause de mortalité évitable.

Que faire en cas de rechute après l’arrêt du tabac ?

Une rechute est fréquente et ne remet pas en cause votre démarche. La HAS propose des outils pour analyser les pensées, les émotions et les situations qui ont déclenché l’envie de fumer. Reprendre contact avec le professionnel qui vous suit permet d’ajuster le traitement ou de changer de stratégie.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Cet article donne une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un tabacologue. Une douleur dans la poitrine, un essoufflement brutal ou un malaise imposent d’appeler le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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