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Santé

L’ortie : usages reconnus, limites et précautions

En bref

  • L’ortie (Urtica dioica) n’est pas une plante qui « soigne tout » : l’Agence européenne des médicaments ne lui reconnaît que quelques usages traditionnels précis.
  • La feuille est un usage traditionnel pour soulager des douleurs articulaires mineures et augmenter le volume urinaire en cas de troubles urinaires mineurs.
  • La racine est un usage traditionnel pour les troubles urinaires liés à une hypertrophie bénigne de la prostate, après un examen médical.
  • Elle est déconseillée pendant la grossesse, l’allaitement, avant 12 ans (feuille) ou 18 ans (racine), et en cas de maladie cardiaque ou rénale sévère avec restriction hydrique.

L’ortie est une plante sauvage dont la feuille et la racine disposent d’un statut de médicament traditionnel à base de plantes en Europe, pour un nombre limité d’indications ; elle ne guérit pas les maladies que lui prêtent certains discours. Voici ce que reconnaissent les autorités, ce que l’on ignore encore et les précautions à respecter.

Que sait-on vraiment des effets de l’ortie ?

Les effets de l’ortie relèvent de l’« usage traditionnel » : une utilisation ancienne et plausible, mais dont l’efficacité n’est pas démontrée par des essais solides. C’est le statut que lui accorde le comité des médicaments à base de plantes de l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui rédige des monographies, c’est-à-dire des fiches de référence sur l’usage d’une plante.

Le Vidal précise, à propos de la racine dans les troubles de la prostate, que « les études ne sont pas concluantes ». Les promesses courantes (plante « détox », « reminéralisante », anti-fatigue, anti-inflammatoire) ne font partie d’aucune indication reconnue.

Feuille ou racine : quelles indications sont reconnues ?

La feuille et la racine n’ont pas les mêmes usages, et le tableau ci-dessous reprend ceux retenus par l’EMA.

PartieUsage traditionnel reconnu (EMA)Condition principale
FeuilleSoulagement des douleurs articulaires mineuresAdulte et adolescent de plus de 12 ans
FeuilleAugmentation du volume urinaire pour « rincer » les voies urinaires, en complément, dans les troubles urinaires mineursPas en cas de restriction hydrique médicale
RacineSoulagement des troubles urinaires du bas appareil liés à une hypertrophie bénigne de la prostateAprès exclusion par un médecin d’une maladie grave ; adulte uniquement

L’hypertrophie bénigne de la prostate désigne l’augmentation de volume non cancéreuse de cette glande, fréquente avec l’âge chez l’homme. Le Vidal précise que la racine ne s’envisage qu’une fois l’absence de cancer de la prostate confirmée.

Pour d’autres plantes utilisées en infusion, voyez notre article sur les tisanes naturelles.

Sous quelle forme utilise-t-on l’ortie ?

La monographie de l’EMA mentionne la feuille séchée en infusion ainsi que des extraits liquides ou secs, pris par voie orale. Les quantités et la durée figurent sur la notice des produits enregistrés ; un pharmacien peut aider à choisir une forme adaptée.

En cuisine, la jeune ortie se consomme cuite (soupe, purée, tarte), comme d’autres légumes-feuilles. Au jardin, elle sert traditionnellement à préparer un purin utilisé comme engrais. Ces usages alimentaires et domestiques ne constituent pas un traitement.

Notre article sur l’usage des plantes pour la santé rappelle les règles générales de prudence en phytothérapie, c’est-à-dire l’usage médicinal des plantes.

Quelles précautions et contre-indications respecter ?

Selon l’EMA et le Vidal, plusieurs situations excluent l’ortie ou demandent un avis préalable :

  1. Allergie connue à l’ortie : contre-indication.
  2. Maladie cardiaque ou rénale sévère nécessitant de limiter les boissons : la feuille est contre-indiquée selon l’EMA ; le Vidal déconseille l’ortie en cas de troubles cardiaques ou rénaux, avec ou sans œdèmes.
  3. Grossesse et allaitement : usage non recommandé faute de données de sécurité.
  4. Enfants : pas d’usage établi avant 12 ans pour la feuille, ni avant 18 ans pour la racine.
  5. Supplémentation en fer : le Vidal conseille d’espacer les prises, les tanins pouvant réduire l’absorption du fer.

Une prise de diurétique ou un traitement de l’hypertension justifie aussi d’en parler au médecin, qui suit la tension et la fonction rénale. Si vous surveillez votre tension à domicile, notre guide pour bien mesurer sa tension à la maison détaille la méthode.

Quels effets indésirables sont décrits ?

L’EMA mentionne des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée) et des réactions cutanées (démangeaisons, éruption, urticaire) avec la feuille ; pour la racine, des troubles digestifs (nausées, brûlures d’estomac, sensation de plénitude, flatulences, diarrhée) et des réactions allergiques (démangeaisons, éruption, urticaire). Leur fréquence n’est pas connue.

Quand consulter ?

Un trouble urinaire ne doit pas être traité par l’ortie sans avis médical : l’EMA demande de consulter en cas de fièvre, de spasmes, de sang dans les urines, de douleur en urinant ou de rétention urinaire. Une douleur articulaire qui dure, gonfle ou réveille la nuit mérite aussi un examen. En cas de rétention complète d’urine ou de réaction allergique grave (gonflement du visage, gêne respiratoire), appelez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

L’ortie est-elle un médicament ?

La feuille et la racine font l’objet de monographies de l’Agence européenne des médicaments au titre de l’usage traditionnel. Des produits peuvent donc être enregistrés comme médicaments traditionnels à base de plantes, pour des indications limitées.

L’ortie aide-t-elle contre la fatigue ou les carences ?

Aucune indication reconnue par l’EMA ne porte sur la fatigue ou les carences. En cas de fatigue persistante, un bilan médical est plus utile qu’une plante.

Peut-on boire de l’infusion d’ortie enceinte ?

L’EMA ne recommande pas l’ortie pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données de sécurité suffisantes. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme.

La racine d’ortie remplace-t-elle un traitement de la prostate ?

Non. Son usage traditionnel ne s’envisage qu’après un examen médical excluant une maladie grave, notamment un cancer, et ne remplace pas le suivi par le médecin.

Quelle différence avec d’autres plantes comme la sauge ?

Chaque plante a ses propres usages et contre-indications : ceux de l’ortie, limités à quelques usages traditionnels précis, ne se transposent pas à une autre plante. Notre article sur la sauge et ses contre-indications en donne un exemple.

Quels sont les effets indésirables de l’ortie ?

L’EMA mentionne des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée) et des réactions cutanées (démangeaisons, éruption, urticaire) avec la feuille ; pour la racine, des troubles digestifs et des réactions allergiques. Leur fréquence n’est pas connue. En cas de réaction allergique grave, comme un gonflement du visage ou une gêne respiratoire, il faut appeler le 15 ou le 112.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Cet article est une information générale et ne remplace pas un avis médical ou pharmaceutique. Avant d’utiliser une plante en cas de maladie, de grossesse ou de traitement en cours, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien ; en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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