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Santé

Travail hospitalier : comment se protéger du risque biologique

En bref

  • Pour se protéger en milieu hospitalier, on applique à chaque soin et pour chaque patient les précautions standard : hygiène des mains, gants, protection de la tenue, masque et lunettes selon le risque.
  • Selon l’INRS, la prévention du risque biologique vise à rompre la chaîne de transmission le plus tôt possible ; les équipements de protection individuelle couvrent le risque résiduel.
  • Le masque chirurgical (norme EN 14683) protège surtout l’entourage ; l’appareil de protection respiratoire FFP (norme EN 149) protège celui qui le porte.
  • Un équipement mal choisi, mal ajusté ou porté trop longtemps protège mal.

Pour se protéger correctement dans le travail hospitalier, il faut combiner des gestes systématiques, appliqués à tous les patients, et des équipements choisis selon le type de soin. La Société française d’hygiène hospitalière (SF2H) appelle ce socle les « précautions standard » : elles s’appliquent pour tout soin, en tout lieu, pour tout patient quel que soit son statut infectieux, et par tout professionnel de santé. Les sections suivantes détaillent le rôle de chaque protection et les erreurs les plus courantes.

Quel est le risque auquel s’exposent les soignants ?

Le principal risque est le risque biologique, défini par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) comme la possibilité d’être exposé, au cours de son activité professionnelle, à un ou plusieurs agents biologiques (bactéries, virus, champignons, parasites) susceptibles de nuire à la santé. L’INRS raisonne en « chaîne de transmission » : un réservoir (patient, surface, liquide biologique), un mode de transmission (contact, gouttelettes, air, piqûre) et une personne exposée. Chaque protection vise à couper l’un de ces maillons.

Dans quel ordre organiser la prévention ?

L’INRS recommande d’agir d’abord sur l’environnement et l’organisation, puis seulement sur l’équipement individuel.

  1. À la source : nettoyage régulier, ventilation adaptée, désinfection.
  2. Sur l’exposition : isolement des personnes contagieuses, séparation des zones propres et sales, procédés limitant la dispersion (aspiration plutôt que balayage à sec).
  3. Au niveau individuel : équipements de protection individuelle (EPI) adaptés au risque résiduel, comme les gants, les vêtements de protection et la protection respiratoire.
  4. En complément : installations d’hygiène, formation au lavage des mains et vaccinations obligatoires pour certains professionnels exposés.

Masque chirurgical ou FFP2 : lequel porter ?

Le choix dépend de la personne à protéger : le masque chirurgical protège d’abord l’entourage, l’appareil de protection respiratoire protège d’abord son porteur. L’INRS distingue ainsi deux familles :

ÉquipementNormeRôle principalPerformance selon l’INRS
Masque chirurgical type IEN 14683Limiter les projections du porteur vers l’extérieurFiltration bactérienne supérieure à 95 %
Masque chirurgical type II / IIREN 14683Idem ; le type IIR résiste aussi aux projectionsFiltration bactérienne supérieure à 98 %
FFP1EN 149Protéger le porteur contre l’inhalation de particulesFiltre au moins 80 % des aérosols
FFP2EN 149IdemFiltre au moins 94 % des aérosols
FFP3EN 149IdemFiltre au moins 99 % des aérosols

L’INRS précise que le masque chirurgical protège peu contre l’inhalation de très fines particules en suspension. Pour un FFP, l’étanchéité au visage est déterminante : une barbe, même naissante, la réduit, et un essai d’ajustement est recommandé avant usage. Notre article sur la façon de positionner un masque FFP2 détaille la mise en place. Un exemple de site distribuant des masques chirurgicaux est consultable sur ce site ; le choix du modèle relève du protocole de l’établissement.

Quand porter des gants et une blouse ?

Les gants et la protection de la tenue font partie des précautions standard définies par la SF2H, à côté de l’hygiène des mains et de la protection du visage. Ils se portent lorsqu’un contact avec du sang, un liquide biologique, une muqueuse ou une peau lésée est possible.

Les gants

Les gants de soins sont à usage unique : on les retire après le soin, puis on réalise une hygiène des mains. Ils ne remplacent pas cette hygiène, car les mains peuvent se contaminer lors du retrait. Des distributeurs de matériel médical proposent des gants d’examen jetables en latex, nitrile ou vinyle ; les personnes allergiques au latex se tournent vers les autres matières.

La blouse ou le tablier

Le tablier ou la surblouse protège la tenue professionnelle lors des soins mouillants ou exposant aux projections. Il existe dans le commerce des blouses jetables adaptées à ces situations, à éliminer après usage selon la filière de déchets du service.

Quelles erreurs réduisent la protection ?

Les erreurs les plus fréquentes tiennent à l’usage plutôt qu’au matériel :

  • porter un masque humide, souillé ou sous le nez ;
  • garder les mêmes gants entre deux patients ou entre deux zones de soin ;
  • toucher son visage ou son téléphone avec des gants contaminés ;
  • oublier l’hygiène des mains après le retrait des gants ;
  • choisir un masque chirurgical là où le protocole impose un FFP, ou un FFP mal ajusté.

Notre article sur le choix des protections contre le Covid reprend ces principes pour le grand public.

Quand consulter ?

Après une piqûre, une coupure ou une projection de liquide biologique sur une muqueuse, il convient d’appliquer immédiatement la procédure d’accident d’exposition de l’établissement et de contacter le référent ou le médecin désigné. En cas de fièvre ou de symptômes après une exposition, il faut prévenir la médecine du travail ; notre guide pour mesurer sa température correctement rappelle les bonnes conditions de mesure. Une difficulté à respirer ou une douleur thoracique relève du 15 ou du 112.

Questions fréquentes

Qu’appelle-t-on précautions standard ?

Ce sont les mesures de base contre la transmission des micro-organismes, décrites par la SF2H : hygiène des mains, gants, protection de la tenue, masque et lunettes selon le risque. Elles s’appliquent à tous les patients, quel que soit leur statut infectieux.

Un masque chirurgical protège-t-il celui qui le porte ?

Il protège surtout l’entourage en limitant les projections du porteur. Selon l’INRS, sa protection contre l’inhalation de très fines particules est limitée ; c’est le rôle des appareils FFP.

Quelle est la différence entre FFP2 et FFP3 ?

Selon l’INRS, un FFP2 filtre au moins 94 % des aérosols et un FFP3 au moins 99 %. Dans les deux cas, l’efficacité dépend de l’ajustement au visage.

Les gants dispensent-ils de se laver les mains ?

Non. Les mains peuvent se contaminer au retrait des gants ; l’hygiène des mains reste nécessaire après chaque retrait.

Qui choisit les équipements de protection ?

L’employeur doit fournir des équipements adaptés au risque, selon l’INRS. Le protocole de l’établissement, établi avec l’équipe d’hygiène, précise lesquels porter pour chaque soin.

Que faire après une piqûre ou une projection de liquide biologique ?

Après une piqûre, une coupure ou une projection de liquide biologique sur une muqueuse, il convient d’appliquer immédiatement la procédure d’accident d’exposition de l’établissement et de contacter le référent ou le médecin désigné. En cas de fièvre ou de symptômes après une exposition, il faut prévenir la médecine du travail.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Ce texte donne une information générale sur la protection des soignants ; il ne remplace ni les protocoles de l’établissement, ni l’avis de l’équipe d’hygiène ou du médecin du travail. Après une exposition au sang ou à un liquide biologique, suivez sans attendre la procédure du service ; en cas de symptômes graves, appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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