- Aucun bénéfice de la curcumine sur la santé vasculaire n’est démontré chez l’humain : les effets décrits (anti-inflammatoires, antioxydants) viennent surtout d’études en laboratoire.
- Les NIH américains estiment que les données ne permettent pas de conclure à un bénéfice du curcuma ou de la curcumine pour la santé.
- Dans son bulletin de juin 2022, l’Anses a recensé en France plus de 100 effets indésirables liés à des compléments au curcuma, dont 15 hépatites.
- Ce sont les facteurs de risque connus (tension, cholestérol, tabac, diabète, sédentarité) qui déterminent la santé des vaisseaux.
La curcumine n’a pas fait la preuve qu’elle protège les vaisseaux sanguins chez l’humain, et ses compléments comportent des risques documentés pour le foie. Cet article fait le point sur la curcumine et la santé vasculaire : ce qu’est la curcumine, ce que disent les études, la différence entre épice et complément, les précautions et les vrais leviers de prévention.
Qu’est-ce que la curcumine ?
La curcumine est le principal pigment jaune du curcuma (Curcuma longa), une racine de la famille du gingembre utilisée comme épice, notamment dans les mélanges de type curry. Elle appartient aux curcuminoïdes, des composés végétaux étudiés pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. On la trouve sous deux formes très différentes : l’épice en poudre, à faible teneur, et les compléments alimentaires concentrés, parfois combinés à d’autres substances pour en augmenter l’absorption.
La curcumine protège-t-elle les vaisseaux sanguins ?
Ce n’est pas démontré. Les travaux sur cellules et sur animaux décrivent une baisse de signaux inflammatoires, une protection contre l’oxydation et un effet favorable sur l’oxyde nitrique, le gaz qui dilate les artères. Ces résultats ne se retrouvent pas de façon solide dans les essais chez l’humain.
Le Centre national pour la santé complémentaire et intégrative (NCCIH), qui dépend des National Institutes of Health (NIH) américains, conclut que l’on ne sait pas assez de choses pour affirmer que le curcuma ou la curcumine soient bénéfiques pour une quelconque indication. Les quelques pistes encourageantes qu’il cite (arthrose, stéatose hépatique) ne concernent pas les vaisseaux. Les mécanismes propres à l’endothélium sont détaillés dans l’article sur la curcumine et la fonction endothéliale, et ceux liés à l’inflammation dans la curcumine et l’inflammation vasculaire.
Quelle différence entre le curcuma en cuisine et les compléments ?
La différence tient à la dose et à la forme. L’épice apporte de petites quantités de curcumine, peu absorbée par l’intestin. Les compléments, eux, concentrent la curcumine et utilisent souvent des procédés pour augmenter sa biodisponibilité, c’est-à-dire la part qui passe dans le sang, par exemple l’ajout de pipérine, un composé du poivre noir, cité par le NCCIH.
| Critère | Curcuma en cuisine | Complément de curcumine |
|---|---|---|
| Quantité de curcumine | Faible | Concentrée |
| Absorption | Faible | Parfois augmentée (pipérine, formulations spéciales) |
| Alertes sanitaires | Non visé par l’alerte de l’Anses | Hépatites signalées par l’Anses |
| Bénéfice vasculaire prouvé | Non | Non |
Selon l’Anses, les formulations qui augmentent la biodisponibilité présentent des risques accrus, et l’étiquetage précise rarement la forme utilisée. L’agence demande aux fabricants de fournir des données sur l’absorption de leurs produits.
Quelles précautions avant de prendre de la curcumine ?
La prudence s’impose surtout pour le foie et en cas de traitement. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a fixé la dose journalière admissible de curcumine à 180 mg par jour pour un adulte de 60 kg, toutes sources confondues ; l’Anses en déduit que les compléments sous forme classique devraient apporter moins de 153 mg par jour pour ce même poids.
- Évitez ces compléments en cas de maladie des voies biliaires, comme le recommande l’Anses.
- N’en prenez pas sans avis médical si vous êtes traité par anticoagulant, anticancéreux ou immunosuppresseur (recommandation de l’Anses).
- Pendant la grossesse, le NCCIH juge leur usage potentiellement dangereux.
- Arrêtez le complément et consultez en cas de fatigue inhabituelle, nausées, perte d’appétit, urines foncées ou jaunisse, signes d’atteinte du foie listés par le NCCIH.
- Ne remplacez jamais un traitement prescrit (antihypertenseur, statine, antiagrégant) par un complément.
Le NCCIH signale aussi des effets digestifs plus fréquents mais bénins : nausées, reflux, diarrhée ou constipation.
Qu’est-ce qui protège réellement les vaisseaux ?
Ce sont les facteurs de risque cardiovasculaire qui pèsent le plus. Selon l’Inserm, l’athérosclérose, la formation de plaques dans la paroi des artères, est favorisée par le cholestérol élevé, le tabac, la sédentarité, l’hypertension, le diabète, le surpoids et le stress chronique. L’Assurance Maladie ajoute, pour la tension, l’excès de sel, l’alcool et un sommeil de mauvaise qualité, et définit l’hypertension par une pression systolique d’au moins 140 mmHg ou diastolique d’au moins 90 mmHg, constatée lors de 3 consultations successives sur 3 à 6 mois.
Suivre sa tension, son poids ou son activité aide à repérer une évolution : le guide à quoi servent les mesures de santé en précise l’intérêt. Mais une mesure n’est pas un diagnostic : l’interprétation revient au médecin, qui évalue l’ensemble du risque.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si votre tension mesurée reste élevée, si vous cumulez plusieurs facteurs de risque, ou avant d’associer un complément de curcuma à un traitement. Une jaunisse ou des urines foncées après la prise d’un complément justifient un avis rapide. Une douleur thoracique, une faiblesse d’un côté du corps ou des troubles de la parole imposent d’appeler le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
La curcumine est-elle bonne pour la circulation sanguine ?
Aucun bénéfice sur la circulation n’est démontré chez l’humain. Les effets anti-inflammatoires et antioxydants décrits proviennent surtout d’études en laboratoire.
Les compléments de curcuma sont-ils dangereux ?
Ils ne sont pas sans risque. L’Anses a recensé en France plus de 100 effets indésirables, dont 15 hépatites, et met en garde contre les formes à absorption augmentée.
Peut-on associer curcumine et anticoagulant ?
L’Anses déconseille ces compléments sans avis médical aux personnes sous anticoagulant. Votre médecin ou votre pharmacien peut évaluer le risque d’interaction.
Le poivre noir rend-il la curcumine plus efficace ?
La pipérine du poivre augmente l’absorption de la curcumine, selon le NCCIH. Une meilleure absorption ne prouve pas un bénéfice pour les vaisseaux et peut augmenter le risque pour le foie.
Faut-il éviter le curcuma en cuisine ?
Non. Les alertes de l’Anses concernent les compléments alimentaires concentrés, pas l’épice utilisée dans les plats.
Qu’est-ce que la curcumine ?
La curcumine est le principal pigment jaune du curcuma, une racine de la famille du gingembre utilisée comme épice. Elle appartient aux curcuminoïdes, des composés végétaux étudiés pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. On la trouve sous deux formes très différentes : l’épice en poudre, à faible teneur, et les compléments alimentaires concentrés.
Sources
- Anses : Des effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires contenant du curcuma — signalements, hépatites, populations à risque, dose journalière admissible
- NCCIH (NIH) : Turmeric, usefulness and safety — état des preuves, pipérine, effets indésirables, grossesse
- Inserm : Athérosclérose — mécanisme et facteurs de risque
- Assurance Maladie : Hypertension artérielle, définition et facteurs favorisants — seuils et facteurs favorisants
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

