- Avec une arthrose du genou, le sport reste possible et recommandé : l’Assurance Maladie rappelle que l’activité physique fait partie du traitement, à condition de l’adapter à la douleur.
- La Haute Autorité de santé (HAS) cite la natation et le cyclisme parmi les activités adaptées ; la course se reprend d’abord sur sol meuble, avec de bonnes chaussures.
- La poussée inflammatoire (genou gonflé, réveils nocturnes, raideur matinale de plus de 15 minutes) impose une pause temporaire.
- Les traitements soulagent la douleur mais, selon l’Inserm, aucun ne stoppe aujourd’hui l’évolution de la maladie : on ne parle donc pas de guérison.
Pratiquer un sport avec une arthrose du genou est non seulement possible, mais conseillé, à condition de choisir des activités à faible impact, de progresser par paliers et de lever le pied pendant les poussées. L’arthrose, ou gonarthrose quand elle touche le genou, est une maladie de l’articulation qui conduit à la destruction progressive du cartilage, la couche lisse qui recouvre les extrémités osseuses. Selon l’Inserm, elle concerne environ 10 millions de personnes en France, dont 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans.
Peut-on faire du sport avec une arthrose du genou ?
Oui : en dehors des poussées, une activité physique régulière est recommandée par la HAS et par l’Assurance Maladie. L’Inserm précise que l’activité physique est conseillée pendant les phases chroniques, et que le repos est préférable lors des épisodes inflammatoires aigus.
La HAS, dans sa fiche consacrée à la prescription d’activité physique en cas d’arthrose, conseille de commencer à une intensité modérée, puis d’augmenter progressivement pour atteindre, si possible, les recommandations d’activité physique pour la santé. Pour suivre sa progression sans se focaliser sur la performance, les repères du guide mesurer son activité physique peuvent aider.
Quels sports choisir et lesquels aborder avec prudence ?
Les sports dits « portés », où le poids du corps n’écrase pas le genou à chaque pas, sont les plus faciles à démarrer. Le tableau ci-dessous résume les repères de la HAS et de l’Assurance Maladie.
| Activité | Repère | Précaution |
|---|---|---|
| Natation, aquagym | Citée par la HAS parmi les activités adaptées | Adapter la nage si un mouvement réveille la douleur |
| Vélo (route ou appartement) | Cité par la HAS ; faible impact | Régler la selle à bonne hauteur |
| Marche | Quotidienne en dehors des poussées, selon l’Assurance Maladie | Chaussures amortissantes, terrain régulier au début |
| Course à pied | Possible selon la HAS | Débuter sur sol meuble avec des chaussures de bonne qualité |
| Sports à pivots et sauts (football, tennis, ski) | Fortes contraintes sur l’articulation | À discuter avec le médecin ou le kinésithérapeute |
L’Assurance Maladie conseille aussi d’éviter la station debout prolongée et le port de charges lourdes. Pour doser l’effort en endurance, les zones de fréquence cardiaque à l’effort offrent un repère simple : rester dans une zone d’intensité modérée au début.
Quelles précautions prendre avant et pendant l’effort ?
La précaution principale consiste à reconnaître la poussée congestive, que la HAS décrit comme une contre-indication absolue mais temporaire à l’activité physique. Elle se manifeste par une augmentation brutale de la douleur, des réveils nocturnes, une raideur matinale de plus de 15 minutes, un gonflement ou des signes inflammatoires (genou chaud, rouge).
- S’échauffer progressivement pour réduire la raideur articulaire.
- Appliquer du chaud ou du froid avant et après l’exercice, mesure antalgique proposée par la HAS.
- Augmenter la durée avant l’intensité, et une seule variable à la fois.
- Noter la douleur le lendemain : une gêne qui persiste au-delà de la journée suivante invite à réduire la charge.
- Associer un renforcement musculaire, idéalement appris avec un kinésithérapeute, qui selon l’Assurance Maladie aide à préserver la mobilité et la fonction musculaire.
Le poids compte aussi : la HAS indique que l’obésité augmente le risque d’arthrose du genou d’environ 35 % par tranche de 5 points d’indice de masse corporelle (IMC) au-delà de 30 kg/m². L’Assurance Maladie souligne qu’une perte de poids, lorsqu’elle est nécessaire, est bénéfique. Pour en savoir plus sur les mécanismes et les facteurs de risque, voir l’article tout savoir sur l’arthrose du genou.
Quels traitements accompagnent l’activité physique ?
Les traitements de l’arthrose du genou visent à soulager la douleur et à préserver la fonction ; l’Inserm rappelle qu’aucun médicament ne freine aujourd’hui l’évolution de la maladie. D’après l’Assurance Maladie :
- Paracétamol en première intention contre la douleur.
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) par voie orale, sur une durée courte et à dose minimale efficace en raison de leurs risques digestifs, cardiovasculaires et rénaux, ou en gel appliqué sur la peau.
- Infiltrations (injections dans l’articulation) de corticoïdes, ou d’acide hyaluronique, ce dernier n’étant pas remboursé.
- Kinésithérapie et, selon les cas, genouillère ou orthèse pour décharger la zone atteinte.
Les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente (AASAL) forment une autre famille. Le fabricant de l’un d’eux présente sur son site un médicament pour l’arthrose à base d’insaponifiables d’avocat et de soja, et détaille les précautions d’emploi à connaître en prenant Piasclédine 300 pour l’arthrose. La HAS a jugé en 2013 que le service médical rendu de plusieurs AASAL, dont Piasclédine, était insuffisant pour justifier une prise en charge par l’Assurance Maladie, et qu’ils n’avaient pas de place dans la stratégie thérapeutique de l’arthrose de la hanche ou du genou.
Peut-on guérir de l’arthrose du genou ?
Non, l’arthrose ne se guérit pas à ce jour, mais ses symptômes peuvent être contrôlés pendant de longues années. Lorsque la douleur et la gêne résistent aux traitements, l’Assurance Maladie mentionne plusieurs options chirurgicales : lavage articulaire par arthroscopie, ostéotomie (correction de l’axe de la jambe pour répartir autrement les contraintes) et prothèse totale, unicompartimentale ou fémoro-patellaire. Selon l’Inserm, une prothèse a une durée de vie de 15 à 20 ans. Pour d’autres localisations, voir aussi les causes des douleurs articulaires.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si la douleur augmente malgré l’adaptation de l’activité, si elle réveille la nuit, si le genou gonfle, se bloque ou se dérobe, ou avant de reprendre un sport intense. Un genou très douloureux, chaud et rouge avec de la fièvre, ou une douleur après une chute avec impossibilité d’appui, justifie un avis rapide ; en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Le sport use-t-il davantage le genou arthrosique ?
Une activité adaptée et progressive est recommandée par la HAS et l’Assurance Maladie, car elle entretient les muscles et la mobilité. Les sports à impacts répétés ou à pivots demandent plus de prudence. Les poussées inflammatoires imposent une pause temporaire.
La natation est-elle le meilleur sport en cas d’arthrose du genou ?
La natation figure, avec le cyclisme, parmi les activités citées par la HAS. Le meilleur sport reste celui que l’on pratique régulièrement sans douleur persistante le lendemain. La marche quotidienne en dehors des poussées est aussi conseillée.
Faut-il arrêter le sport pendant une poussée d’arthrose ?
Oui, la HAS considère la poussée congestive comme une contre-indication absolue et temporaire. Elle se reconnaît à une douleur qui s’aggrave brutalement, des réveils nocturnes, une raideur matinale de plus de 15 minutes ou un gonflement. L’activité reprend progressivement une fois la poussée calmée.
Perdre du poids aide-t-il en cas d’arthrose du genou ?
Oui, l’Assurance Maladie indique que l’excès de poids aggrave l’évolution de la gonarthrose et qu’une perte de poids est bénéfique lorsqu’elle est nécessaire.
Existe-t-il un médicament qui répare le cartilage ?
Non, selon l’Inserm, les traitements disponibles soulagent la douleur sans arrêter la progression de la maladie. La HAS a estimé insuffisant le service médical rendu de plusieurs anti-arthrosiques d’action lente. Le choix d’un traitement se fait avec le médecin.
Quelles précautions prendre pour faire du sport avec une arthrose du genou ?
Il convient de s’échauffer progressivement, d’augmenter la durée avant l’intensité et de noter la douleur le lendemain : une gêne qui persiste au-delà de la journée suivante invite à réduire la charge. Un renforcement musculaire, idéalement appris avec un kinésithérapeute, aide aussi à préserver la mobilité. Une poussée inflammatoire impose une pause.
Sources
- HAS : fiche de prescription d’activité physique, arthroses — activités adaptées, progression, poussée congestive, chaud et froid, risque lié à l’IMC
- Assurance Maladie : traitement de l’arthrose du genou — activité physique, poids, médicaments, infiltrations, chirurgie
- Inserm : dossier Arthrose — définition, prévalence, absence de traitement de fond, durée de vie des prothèses
- HAS : anti-arthrosiques d’action lente, service médical rendu insuffisant — avis de 2013 sur Piasclédine et les AASAL
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

