biometrie-humaine.org
Image default
Santé

Curcuma et douleurs articulaires : 5 points essentiels

En bref

  • Le curcuma n’est pas un traitement reconnu des douleurs articulaires : les études sur l’arthrose du genou sont encourageantes, mais leur qualité reste insuffisante pour conclure, selon le NCCIH américain.
  • Selon l’Anses, 120 effets indésirables liés à des compléments au curcuma ont été signalés en France entre 2009 et 2021, dont 15 hépatites.
  • Les formes « à biodisponibilité améliorée » sont celles que le NCCIH associe aux atteintes du foie.
  • L’Anses déconseille ces compléments en cas de maladie des voies biliaires et recommande un avis médical ou pharmaceutique en cas de traitement en cours.
  • Une douleur articulaire persistante mérite un diagnostic avant tout complément.

La question curcuma et douleurs articulaires appelle une réponse prudente : la curcumine, principal pigment du curcuma, est étudiée pour ses effets sur l’inflammation, et plusieurs essais suggèrent un intérêt dans l’arthrose du genou, mais les autorités de santé ne la reconnaissent pas comme traitement. Par ailleurs, les compléments concentrés ne sont pas anodins pour le foie. Voici les cinq points à connaître avant d’envisager un complément.

1. Que contient le curcuma et pourquoi parle-t-on des articulations ?

Le curcuma est une épice tirée du rhizome de Curcuma longa ; son composé le plus étudié est la curcumine. En laboratoire, la curcumine agit sur plusieurs mécanismes de l’inflammation, ce qui explique l’intérêt pour l’arthrose (usure du cartilage) et les douleurs inflammatoires. La curcumine est aussi un colorant alimentaire autorisé, le E100 : l’Anses rappelle que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé pour cet additif une dose journalière admissible de 3 mg par kilo de poids corporel, soit environ 210 mg par jour pour un adulte de 70 kg. Ce repère concerne l’additif alimentaire, pas un usage thérapeutique.

Un effet observé sur des cellules ne garantit pas un soulagement chez l’humain. Dans un avis de 2020, l’Anses cite une méta-analyse (synthèse de plusieurs essais) concluant à l’absence d’effet anti-inflammatoire significatif de la curcumine sur les marqueurs sanguins de l’inflammation.

2. Que disent les études sur l’arthrose et les douleurs articulaires ?

Les résultats sont encourageants mais pas concluants. Le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), centre public de recherche américain, indique que plusieurs méta-analyses suggèrent une diminution de la douleur et de la raideur dans l’arthrose du genou, tout en soulignant qu’il faut des essais de meilleure qualité pour conclure. Il juge incertain l’effet des pommades à la curcumine.

La variabilité des produits complique l’interprétation : selon le NCCIH, les compléments diffèrent fortement par leur teneur réelle en curcumine et contiennent souvent des additifs, comme l’extrait de poivre noir (pipérine), destinés à améliorer l’absorption. D’autres plantes sont proposées pour les mêmes indications, avec des niveaux de preuve comparables : voir les articles sur le boswellia et les genoux et sur l’harpagophytum et les douleurs.

3. Quels sont les risques des compléments au curcuma ?

Le principal risque identifié concerne le foie. Selon le bulletin Vigil’Anses de juin 2022, la nutrivigilance de l’Anses a reçu 120 signalements d’effets indésirables entre janvier 2009 et août 2021, dont 15 hépatites (inflammations du foie), l’une ayant mis la vie en danger. L’Anses note qu’aucun facteur de risque propre aux consommateurs n’a été mis en évidence et que la plupart des personnes n’avaient pas d’antécédent hépatique. Une vingtaine de cas avaient aussi été recensés en Italie en 2018-2019.

Le NCCIH précise que le curcuma consommé de façon classique semble sans danger sur 2 à 3 mois, mais que les formulations conçues pour une absorption renforcée ont été associées à des atteintes du foie. Il décrit aussi des nausées, reflux, diarrhées ou constipation.

SituationPosition des autorités
Maladie des voies biliairesCompléments au curcuma déconseillés (Anses)
Traitement médicamenteux en coursAvis du médecin ou du pharmacien avant tout complément (Anses, NCCIH)
GrossesseUsage potentiellement non sûr ; allaitement : sécurité incertaine (NCCIH)
Fatigue, nausées, urines foncées, jaunisseSignes possibles d’atteinte du foie : arrêter et consulter (NCCIH)
Effet indésirableÀ déclarer au dispositif de nutrivigilance de l’Anses

4. Le curcuma peut-il remplacer un traitement ?

Non. Un complément alimentaire n’est pas un médicament. Une douleur articulaire a des causes très différentes (arthrose, tendinite, rhumatisme inflammatoire, goutte) qui demandent chacune une prise en charge adaptée. Arrêter ou réduire un traitement prescrit au profit du curcuma expose à une aggravation. Les options de prise en charge de l’arthrose sont présentées dans l’article sur l’arthrose du genou.

5. Comment évaluer l’effet d’un complément de façon honnête ?

En parlant d’abord avec son médecin, puis en suivant des repères simples plutôt qu’une impression. Une douleur articulaire fluctue naturellement d’une semaine à l’autre, avec la météo, l’activité ou le sommeil : une amélioration après la prise d’un produit peut être une coïncidence. Le guide sur les raisons pour lesquelles une mesure varie explique ce phénomène. Noter la douleur sur une échelle de 0 à 10 aide à objectiver l’évolution. Si un bilan hépatique est demandé, ses résultats se lisent avec les intervalles de référence du laboratoire, comme l’explique le guide pour comprendre ses bilans chiffrés.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin si une douleur articulaire persiste, réveille la nuit, s’accompagne d’un gonflement, d’une rougeur ou de fièvre, ou limite vos activités. Sous complément, une fatigue inhabituelle, des nausées, des urines foncées ou un jaunissement de la peau ou des yeux imposent d’arrêter le produit et de consulter rapidement. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Le curcuma soulage-t-il l’arthrose ?

Certaines études suggèrent une baisse de la douleur et de la raideur dans l’arthrose du genou, mais le NCCIH estime que les preuves ne sont pas encore suffisantes pour conclure. Le curcuma n’est pas un traitement reconnu de l’arthrose.

Le curcuma en cuisine présente-t-il un risque ?

Les signalements de l’Anses concernent des compléments alimentaires. Le NCCIH considère le curcuma consommé de façon classique comme probablement sans danger, les atteintes du foie étant surtout associées aux formes à absorption renforcée.

Peut-on associer curcuma et médicaments ?

L’Anses recommande de demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de prendre un complément alimentaire en cas de traitement. Des interactions sont possibles selon les médicaments.

Pourquoi ajoute-t-on du poivre au curcuma ?

L’extrait de poivre noir (pipérine) est ajouté pour augmenter l’absorption de la curcumine, selon le NCCIH. Ces formes plus absorbées sont aussi celles associées aux atteintes hépatiques.

Que faire en cas d’effet indésirable ?

Arrêter le complément, consulter et déclarer l’effet au dispositif de nutrivigilance de l’Anses, directement ou par l’intermédiaire d’un professionnel de santé.

Le curcuma peut-il remplacer un traitement ?

Non. Un complément alimentaire n’est pas un médicament. Une douleur articulaire a des causes très différentes, comme l’arthrose, la tendinite, le rhumatisme inflammatoire ou la goutte, qui demandent chacune une prise en charge adaptée. Arrêter ou réduire un traitement prescrit au profit du curcuma expose à une aggravation.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Cet article donne une information générale et ne remplace pas un avis médical. Une douleur articulaire qui dure, une articulation chaude et gonflée ou de la fièvre justifient une consultation ; une jaunisse ou des urines foncées sous complément imposent d’arrêter le produit et de consulter. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

Autres articles à lire

Arthrose et vieillissement articulaire : 5 points essentiels expliqués simplement

administrateur

7 informations clés sur le magnésium et la prévention cardiovasculaire

administrateur

Angine : causes, symptômes et traitement

Emmanuel

Arthrose et interaction médicamenteuse : 5 points essentiels expliqués simplement

administrateur

Brachioplastie (lifting des bras) : déroulement, suites et risques

administrateur

Complémentaire santé : ce qu’elle rembourse et pourquoi elle protège

Journal