- Le boswellia pourrait réduire modestement la douleur de l’arthrose du genou, mais les preuves restent limitées et il ne remplace pas les traitements recommandés.
- Une revue Cochrane de 2014 retrouve, avec un niveau de preuve modéré, une baisse moyenne de la douleur de 17 points sur 100 par rapport au placebo avec un extrait enrichi, sur 2 études et 85 participants.
- Le NCCIH (agence de santé américaine) estime qu’il n’y a pas assez de données de qualité pour affirmer son utilité dans une maladie précise.
- Selon l’Assurance Maladie, la base du traitement de l’arthrose du genou reste l’activité physique adaptée, la perte de poids si nécessaire, la kinésithérapie et les antalgiques.
Le boswellia est un extrait de résine d’arbre proposé en complément alimentaire pour les genoux douloureux, surtout en cas d’arthrose. Les études disponibles suggèrent un effet modeste sur la douleur et la mobilité, avec une tolérance qui paraît bonne dans les essais, mais elles sont peu nombreuses, souvent de petite taille, et les données de sécurité restent limitées. Voici ce que l’on sait, et comment le situer par rapport aux traitements validés.
Qu’est-ce que le boswellia ?
Le boswellia provient de Boswellia serrata, un arbre originaire des régions montagneuses d’Afrique du Nord, d’Inde et du Moyen-Orient, selon le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH, agence fédérale américaine). On utilise sa gomme-résine, appelée oliban ou encens, employée depuis longtemps dans la médecine ayurvédique, la médecine traditionnelle indienne. L’extrait se prend par voie orale, sous forme de complément, ou s’applique localement.
Ses composés, notamment les acides boswelliques, sont étudiés pour une action sur certaines voies de l’inflammation. Un mécanisme plausible en laboratoire ne garantit toutefois pas un soulagement ressenti : seules les études cliniques permettent de juger l’effet réel.
Le boswellia soulage-t-il vraiment l’arthrose du genou ?
Un effet existe probablement, mais il est modeste et repose sur peu d’études. La revue Cochrane « Oral herbal therapies for treating osteoarthritis », publiée en 2014, a analysé cinq études sur des extraits de Boswellia serrata. Pour un extrait enrichi pris pendant 90 jours (2 études, 85 participants), elle rapporte :
| Critère | Résultat (Cochrane, 2014) | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Douleur (échelle de 0 à 100) | Baisse moyenne de 17 points par rapport au placebo | Modéré |
| Fonction (échelle WOMAC de 0 à 100) | Amélioration moyenne de 8 points | Modéré |
| Effets indésirables | Probablement moins fréquents qu’avec le placebo (18 événements sur 48 contre 30 sur 48, dans une étude de 96 participants) | Modéré |
L’échelle WOMAC est un questionnaire standardisé qui évalue la douleur, la raideur et la gêne fonctionnelle dans l’arthrose. Les auteurs précisent que des recherches supplémentaires pourraient modifier ces estimations. Le NCCIH va dans le même sens : la prise orale de boswellia pourrait réduire l’inflammation et la douleur liées à l’arthrose, mais des études plus grandes et de meilleure qualité sont nécessaires, et l’application locale n’a pas fait la preuve de son efficacité.
Le boswellia est-il sans risque ?
La tolérance paraît bonne dans les essais, mais les données restent limitées. Selon le NCCIH, l’extrait de Boswellia serrata a été utilisé sans problème de sécurité notable dans plusieurs essais cliniques d’une durée allant jusqu’à 6 mois. Les données manquent pour la grossesse et l’allaitement : un avis médical est nécessaire avant toute prise dans ces situations.
Un complément alimentaire n’est pas un médicament : sa composition et sa concentration varient d’un produit à l’autre. Si vous prenez déjà un traitement, en particulier un anti-inflammatoire ou un anticoagulant, demandez à votre pharmacien ou à votre médecin s’il existe un risque d’interaction. Les compléments comparables sont abordés dans les articles sur le curcuma et les douleurs articulaires et sur l’harpagophytum et les douleurs.
Quels traitements sont recommandés pour l’arthrose du genou ?
Les mesures de première intention ne font pas appel aux compléments. L’Assurance Maladie décrit une prise en charge par étapes :
- Mesures d’hygiène de vie : activité physique adaptée comme la marche régulière, en évitant les sports qui sollicitent fortement les genoux, et perte de poids en cas de surpoids.
- Kinésithérapie pour préserver la mobilité et la musculature ; une genouillère peut être proposée.
- Médicaments : paracétamol en première intention, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sur une courte durée, au maximum 5 jours, gels ou crèmes locales, infiltrations de corticoïdes dans l’articulation.
- Chirurgie en cas d’échec du traitement médical : ostéotomie (correction de l’axe de la jambe) ou prothèse du genou.
L’Assurance Maladie estime par ailleurs que les anti-arthrosiques d’action lente (chondroïtine, glucosamine, diacerhéine), dont l’efficacité paraît minime, n’ont pas d’intérêt et ne sont pas remboursés. Le poids pèse directement sur le genou : les guides comprendre et calculer son IMC et le poids et la composition corporelle aident à suivre cet indicateur. Pour l’activité, voir aussi l’article sur la pratique du sport avec une arthrose du genou.
Comment reconnaître une douleur d’arthrose du genou ?
La douleur d’arthrose est typiquement mécanique : selon l’Assurance Maladie, elle apparaît ou s’aggrave quand l’articulation travaille (marche, escaliers) et diminue au repos, avec une raideur matinale qui cède en moins de 15 minutes. Des poussées, dites congestives, peuvent survenir : la douleur s’intensifie, le genou gonfle par épanchement de liquide et le dérouillage du matin dépasse 15 minutes. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et la radiographie. Une douleur au repos, des réveils nocturnes et une raideur matinale prolongée orientent plutôt vers une cause inflammatoire, qui demande un bilan médical.
Quand consulter ? Consultez votre médecin si la douleur du genou persiste malgré les premières mesures, si elle vous réveille la nuit, si le genou gonfle ou se bloque, ou avant de commencer un complément si vous suivez un traitement. Un genou rouge et chaud avec de la fièvre, ou une impossibilité soudaine de marcher, nécessitent un avis rapide ; en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Le boswellia peut-il remplacer un anti-inflammatoire ?
Non. Les données disponibles montrent au mieux un effet modeste sur la douleur, et le NCCIH juge les preuves de qualité insuffisantes. Le choix d’un traitement de la douleur relève du médecin.
Au bout de combien de temps observe-t-on un effet ?
Dans les études retenues par la revue Cochrane de 2014, l’extrait était pris pendant 90 jours. Aucune durée garantissant un résultat ne peut être avancée.
Le boswellia en gel ou en crème est-il efficace sur le genou ?
Selon le NCCIH, il n’existe pas suffisamment de preuves de l’efficacité du boswellia appliqué sur la peau. Les données concernent surtout la prise par voie orale.
Peut-on prendre du boswellia pendant la grossesse ?
Les données manquent pour la grossesse et l’allaitement, indique le NCCIH. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme avant toute prise.
Perdre du poids aide-t-il vraiment un genou arthrosique ?
Oui, l’Assurance Maladie place la perte de poids en cas de surpoids parmi les premières mesures du traitement de l’arthrose du genou, avec l’activité physique adaptée et la kinésithérapie.
Qu’est-ce que le boswellia ?
Le boswellia provient de Boswellia serrata, un arbre originaire des régions montagneuses d’Afrique du Nord, d’Inde et du Moyen-Orient. On utilise sa gomme-résine, appelée oliban ou encens, employée depuis longtemps en médecine ayurvédique. Il est proposé en complément alimentaire pour les genoux douloureux, surtout en cas d’arthrose.
Sources
- NCCIH : Boswellia: Usefulness and Safety — origine, données sur l’arthrose, sécurité, grossesse, niveau de preuve
- Cochrane : Oral herbal therapies for treating osteoarthritis — résultats sur la douleur, la fonction et les effets indésirables du boswellia
- Assurance Maladie : Arthrose du genou, traitement médical et chirurgical — traitements recommandés, AINS 5 jours maximum, anti-arthrosiques d’action lente
- Assurance Maladie : Arthrose du genou, symptômes et diagnostic — douleur mécanique, raideur matinale, poussées, radiographie
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

