- L’harpagophytum (griffe du diable) est reconnu par l’Agence européenne des médicaments (EMA) uniquement comme médicament à base de plantes d’usage traditionnel pour soulager les douleurs articulaires mineures, chez l’adulte.
- Cet usage repose sur l’ancienneté d’utilisation, pas sur une efficacité démontrée par des essais cliniques solides.
- Selon l’EMA, il faut consulter si la douleur articulaire persiste au-delà de 4 semaines.
- Prudence en cas d’ulcère, de reflux, de calculs biliaires, de maladie cardiovasculaire, de grossesse, d’allaitement ou de traitement anticoagulant.
Le lien entre harpagophytum et douleurs articulaires est reconnu en Europe au seul titre de l’usage traditionnel : l’Agence européenne des médicaments admet son emploi pour des douleurs articulaires mineures chez l’adulte, sans le considérer comme un traitement de l’arthrose. Cet article fait le point sur ce que recouvre cette reconnaissance, les précautions d’emploi et les situations où un avis médical s’impose.
Qu’est-ce que l’harpagophytum ?
L’harpagophytum (Harpagophytum procumbens), surnommé « griffe du diable », est une plante d’Afrique australe (Namibie, Botswana, Afrique du Sud). D’après la base Vidal, on utilise la partie renflée de ses racines secondaires, récoltées à l’automne, et l’essentiel de l’approvisionnement provient de plantes sauvages. Il est vendu sous forme de médicaments à base de plantes, mais aussi de compléments alimentaires, de tisanes ou de teintures, dont la composition et les contrôles diffèrent.
Que reconnaissent officiellement les autorités de santé ?
Le comité des médicaments à base de plantes de l’EMA (HMPC) a classé la racine d’harpagophytum dans la catégorie « usage traditionnel ». Cela signifie que l’innocuité est jugée acceptable du fait d’une utilisation d’au moins 30 ans, dont au moins 15 ans dans l’Union européenne, et non que l’efficacité a été démontrée par des essais cliniques. La monographie européenne, révisée en 2016, retient trois usages :
| Usage traditionnel reconnu par l’EMA | Public | Consulter si les symptômes persistent au-delà de |
|---|---|---|
| Soulagement des douleurs articulaires mineures | Adultes uniquement | 4 semaines |
| Troubles digestifs légers (ballonnements, flatulences) | Adultes uniquement | 2 semaines |
| Perte d’appétit temporaire | Adultes uniquement | Avis d’un professionnel de santé si elle se prolonge |
L’EMA a ouvert en avril 2025 un réexamen périodique de la monographie, avec un appel à données scientifiques jusqu’au 30 juin 2025 ; la dernière révision publiée par l’EMA date de 2016. Le terme « mineures » est important : une douleur arthrosique installée, invalidante ou inflammatoire sort de ce cadre et relève d’un diagnostic médical.
L’harpagophytum soigne-t-il l’arthrose ?
Non : aucune autorité de santé ne présente l’harpagophytum comme un traitement de l’arthrose ni de ses causes. L’arthrose est une atteinte du cartilage et de l’os sous-jacent ; une plante d’usage traditionnel peut au mieux être envisagée pour un inconfort articulaire léger, en complément de la prise en charge définie avec le médecin. Il en va de même pour d’autres produits souvent proposés pour les articulations, comme le collagène ou le curcuma face aux douleurs articulaires.
Pour juger d’un éventuel effet, notez votre douleur (échelle de 0 à 10), votre raideur matinale et votre distance de marche avant de commencer, puis après quelques semaines. Ces repères chiffrés, comme ceux décrits dans le guide comprendre ses bilans chiffrés, aident à distinguer une évolution réelle d’une fluctuation naturelle de la douleur.
Quels effets indésirables et quelles contre-indications ?
Les effets indésirables rapportés sont surtout digestifs. Selon le résumé public de l’EMA, on a observé diarrhées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, maux de tête, vertiges et réactions allergiques (éruption, gonflement). La base Vidal mentionne en outre les situations suivantes, où l’harpagophytum est déconseillé ou nécessite un avis médical :
- Reflux gastro-œsophagien, ulcère de l’estomac ou du duodénum : risque d’aggravation des troubles digestifs.
- Calculs biliaires : avis médical préalable.
- Maladie cardiovasculaire : avis médical préalable.
- Grossesse et allaitement : usage déconseillé.
- Moins de 18 ans : non recommandé, en cohérence avec la limitation de l’EMA aux adultes.
- Traitement anticoagulant : une interaction avec la warfarine est décrite.
Si vous prenez plusieurs médicaments, montrez le produit à votre pharmacien : il vérifiera les interactions possibles.
Comment choisir et utiliser un produit à base d’harpagophytum avec prudence ?
Le choix le plus sûr est un médicament à base de plantes enregistré, dont la notice précise l’indication, la durée et les précautions, plutôt qu’un produit dont l’étiquette promet de « soigner » l’arthrose. Quelques repères :
- respecter la durée indiquée et consulter si la douleur persiste au-delà de 4 semaines ;
- éviter de cumuler plusieurs produits « articulations » sans avis professionnel ;
- ne pas remplacer un traitement prescrit ;
- arrêter et demander conseil en cas de troubles digestifs, d’éruption ou de vertiges.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si une douleur articulaire dure plus de 4 semaines, s’aggrave malgré les mesures habituelles, réveille la nuit ou s’accompagne d’un gonflement, d’une rougeur ou d’une raideur matinale prolongée. Une articulation brutalement chaude et gonflée avec de la fièvre justifie une consultation rapide ; en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
L’harpagophytum est-il un anti-inflammatoire ?
Il est souvent présenté ainsi, mais l’EMA ne lui reconnaît qu’un usage traditionnel pour les douleurs articulaires mineures. Il ne remplace pas un anti-inflammatoire prescrit et n’a pas la même évaluation.
Combien de temps peut-on utiliser l’harpagophytum ?
Selon l’EMA, si la douleur articulaire persiste au-delà de 4 semaines, il faut consulter un professionnel de santé. Suivez la durée indiquée sur la notice du produit.
Peut-on en prendre pendant la grossesse ?
Non, l’usage est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, et l’EMA le réserve aux adultes. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme pour toute douleur pendant cette période.
L’harpagophytum interagit-il avec des médicaments ?
Une interaction avec la warfarine, un anticoagulant, est décrite. Si vous suivez un traitement, en particulier anticoagulant, parlez-en à votre pharmacien avant toute prise.
Quels sont les effets indésirables les plus fréquents ?
Ce sont surtout des troubles digestifs : diarrhées, nausées, vomissements, douleurs abdominales. Des maux de tête, des vertiges et des réactions allergiques ont aussi été rapportés.
Qu’est-ce que l’harpagophytum ?
L’harpagophytum, surnommé griffe du diable, est une plante d’Afrique australe : Namibie, Botswana, Afrique du Sud. On utilise la partie renflée de ses racines secondaires. Il est vendu sous forme de médicaments à base de plantes, mais aussi de compléments alimentaires, de tisanes ou de teintures, dont la composition et les contrôles diffèrent.
Sources
- EMA : Harpagophyti radix (devil’s claw root) — statut d’usage traditionnel, indications, réservé aux adultes, monographie 2016, réexamen 2025.
- EMA : Devil’s claw root, résumé public — effets indésirables, durées au-delà desquelles consulter.
- Vidal : Harpagophyton (Harpagophytum procumbens) — origine, partie utilisée, contre-indications, interaction avec la warfarine.
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

