- Une consultation de médecine esthétique se déroule en quatre temps : écoute de la demande, interrogatoire médical, examen, puis explication de l’acte proposé, de ses risques et de son coût, avant toute décision.
- Les injections d’acide hyaluronique à visée esthétique ne peuvent être réalisées que par un médecin, rappelle l’ANSM.
- Pour une chirurgie esthétique, la loi impose un devis détaillé et un délai de réflexion d’au moins 15 jours avant l’intervention.
- Les actes à visée esthétique ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie.
- Une bonne consultation laisse le temps de réfléchir et n’impose jamais une décision le jour même.
Une consultation de médecine esthétique sert à vérifier qu’un acte est possible, utile et sûr pour la personne qui consulte, avant toute décision. La médecine esthétique regroupe les actes non chirurgicaux à visée esthétique, comme les injections, les lasers ou les peelings, réalisés par un médecin ; la chirurgie esthétique, elle, passe par un bloc opératoire. La première rencontre suit une logique médicale : comprendre la demande, rechercher les contre-indications, expliquer ce qui est faisable, avec ses limites et ses risques.
Comment se déroule la première consultation ?
La première consultation commence par un échange sur la demande et se termine par une proposition écrite, sans acte obligatoire le jour même. Le déroulé suit généralement ces étapes :
- Écoute de la demande : ce qui gêne, depuis quand, ce que la personne attend d’un traitement.
- Interrogatoire médical : antécédents, allergies, traitements en cours (anticoagulants notamment), grossesse ou allaitement, interventions esthétiques déjà réalisées.
- Examen clinique de la zone concernée, parfois avec des photographies, réalisées avec l’accord du patient.
- Proposition : technique envisagée, résultat raisonnablement attendu, durée de l’effet, séances nécessaires.
- Information sur les risques et les suites : rougeurs, hématomes, éviction sociale, complications possibles.
- Remise d’un devis et d’un document d’information, puis temps de réflexion.
Préparer ses questions à l’avance aide à ne rien oublier ; le guide les questions à poser à son médecin en propose une méthode.
Qui a le droit de pratiquer les actes de médecine esthétique ?
Les actes de médecine esthétique comme les injections relèvent du médecin. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé en juillet 2022 que seuls les médecins sont autorisés à réaliser les injections d’acide hyaluronique à visée esthétique, après avoir reçu depuis le début de l’année environ 40 signalements d’effets indésirables liés à des injections pratiquées par des personnes non qualifiées. Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) signale de son côté de nombreuses complications dues à des actes réalisés par des personnes insuffisamment formées, voire non professionnelles.
Avant de consulter, vérifiez l’identité et la qualification du praticien, notamment son inscription au tableau de l’Ordre des médecins. Les sites des cabinets présentent leurs actes et leurs praticiens ; c’est le cas, par exemple, d’un centre de médecine esthétique situé à Rouen. Ces pages restent des présentations commerciales et ne remplacent pas l’échange en consultation.
Quels risques le médecin doit-il expliquer ?
Le médecin doit présenter les risques propres à l’acte proposé, y compris les complications rares mais graves. Selon l’ANSM, une injection mal réalisée peut entraîner une infection, locale ou généralisée (septicémie), une nécrose de la peau (mort des tissus) ou une perte de la vue si le produit pénètre dans un vaisseau, ainsi qu’une transmission du VIH ou de l’hépatite C en cas de matériel partagé. Le CNOM évoque aussi des brûlures et des séquelles esthétiques ou fonctionnelles définitives.
Le CNOM rappelle qu’un médecin ne peut pas proposer un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé scientifiquement. Une promesse de résultat garanti, ou l’absence d’explication sur les risques, doit donc alerter. La Haute Autorité de santé (HAS) a validé en mai 2025 la note de cadrage d’un guide méthodologique de gestion des risques des actes à visée esthétique non chirurgicaux, destiné à hiérarchiser ces risques et à harmoniser les pratiques.
Devis, délai de réflexion, coût : que prévoit la loi ?
Pour la chirurgie esthétique, le code de la santé publique impose un devis détaillé et un délai minimal de 15 jours entre sa remise et l’intervention, selon la fiche des affaires juridiques de l’AP-HP.
| Point | Chirurgie esthétique (cadre légal) | Médecine esthétique non chirurgicale |
|---|---|---|
| Devis | Devis détaillé obligatoire : praticien, description de l’acte et de l’anesthésie, coûts, suites | Demandez un devis écrit avant l’acte |
| Délai de réflexion | 15 jours minimum ; aucun paiement exigé pendant ce délai, hors consultations | Prenez le temps de réfléchir, surtout pour un premier acte |
| Lieu | Installations autorisées par l’agence régionale de santé | Cabinet médical respectant les règles d’hygiène |
| Remboursement | Non pris en charge par l’Assurance Maladie | Non pris en charge lorsque l’acte est purement esthétique |
La fiche de l’AP-HP précise aussi que le non-respect des obligations d’information ou du délai de paiement est sanctionné d’une amende de 30 000 euros. D’autres articles du site présentent des interventions précises, par exemple sur la chirurgie esthétique et ses motivations ou la chirurgie esthétique en Tunisie ; dans tous les cas, les mêmes questions de qualification, de risques et de suivi se posent.
Comment savoir si l’on est prêt à se décider ?
On est prêt quand la demande est claire, que les risques et les limites ont été compris et que le coût total est connu. Un résultat esthétique reste difficile à prédire avec précision ; se fixer une attente réaliste évite beaucoup de déceptions, une démarche proche de celle décrite dans le guide se fixer des objectifs réalistes. Si un point reste flou, une seconde consultation, éventuellement auprès d’un autre médecin, est légitime.
Quand consulter ?
Contactez sans attendre le praticien qui a réalisé l’acte en cas de douleur inhabituelle, de rougeur qui s’étend, de fièvre, de blanchiment ou de coloration violacée de la peau, ou de trouble visuel après une injection. En cas de gonflement du visage avec gêne respiratoire ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
La première consultation de médecine esthétique est-elle payante ?
En général oui, et elle n’est pas remboursée lorsque la démarche est purement esthétique. Pour une chirurgie esthétique, seules les consultations peuvent être facturées pendant le délai de réflexion de 15 jours, selon l’AP-HP.
Peut-on faire une injection dès la première consultation ?
Ce n’est pas interdit pour un acte non chirurgical, mais un délai de réflexion reste préférable, surtout pour un premier traitement. La consultation sert d’abord à vérifier l’absence de contre-indication et à comprendre les risques.
Un esthéticien peut-il réaliser des injections d’acide hyaluronique ?
Non. L’ANSM rappelle que seuls les médecins sont autorisés à pratiquer ces injections, en raison des risques d’infection, de nécrose ou de perte de la vue.
Quelles informations apporter à la consultation ?
La liste des traitements en cours, les allergies connues, les antécédents médicaux et les actes esthétiques déjà réalisés, avec si possible le nom des produits injectés. Ces éléments permettent au médecin de repérer une contre-indication.
Quelle différence entre médecine et chirurgie esthétiques ?
La médecine esthétique regroupe des actes non chirurgicaux (injections, lasers, peelings), réalisés en cabinet par un médecin. La chirurgie esthétique nécessite un bloc opératoire autorisé, un devis détaillé et un délai de réflexion légal de 15 jours.
Quand contacter le médecin après une injection de médecine esthétique ?
Il faut contacter sans attendre le praticien qui a réalisé l’acte en cas de douleur inhabituelle, de rougeur qui s’étend, de fièvre, de blanchiment ou de coloration violacée de la peau, ou de trouble visuel après une injection. En cas de gonflement du visage avec gêne respiratoire ou de malaise, il faut appeler le 15 ou le 112.
Sources
- ANSM : Injections d’acide hyaluronique à visée esthétique, seuls les médecins peuvent les réaliser — qualification, signalements, risques
- Conseil national de l’Ordre des médecins : Actes médicaux à visée esthétique — complications, procédés illusoires
- AP-HP, affaires juridiques : Chirurgie esthétique, fiche technique — devis, délai de 15 jours, sanctions, non-remboursement
- HAS : Guide méthodologique de gestion des risques des actes à visée esthétique hors actes chirurgicaux, note de cadrage — objectifs du futur guide, validation en mai 2025
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

