- Une boutique en ligne spécialisée dans les compléments alimentaires vitaminés se juge sur la transparence de l’étiquetage et des allégations, non sur ses promesses : seules les allégations autorisées au niveau européen peuvent être utilisées.
- Selon l’Anses, 22 % des adultes et 14 % des enfants en France prennent des compléments alimentaires, et le principal risque est le dépassement des limites de sécurité en vitamines et minéraux.
- L’Anses recommande de demander conseil à un professionnel de santé, d’éviter les prises prolongées, répétées ou simultanées, de respecter le mode d’emploi et de se méfier des promesses miraculeuses.
- Les effets indésirables peuvent être signalés au dispositif de nutrivigilance de l’Anses.
Acheter des compléments alimentaires vitaminés dans une boutique en ligne spécialisée suppose de savoir lire l’étiquette, de vérifier les promesses affichées et de connaître les limites de ces produits. Cet article présente les repères publiés par l’Anses et la DGCCRF, puis une méthode pour comparer les sites.
À titre d’exemple de boutique en ligne spécialisée, le catalogue de compléments alimentaires (multivitamines, magnésium, vitamine D, oméga-3, entre autres) se consulte sur le site de Nutriting, qui propose aussi des contenus de nutrition.
Qui prend des compléments alimentaires, et pourquoi la prudence s’impose-t-elle ?
Selon l’Anses, 22 % des adultes et 14 % des enfants prennent des compléments alimentaires en France, et la consommation de compléments et de médicaments sources de nutriments a doublé entre les études INCA 2 (2006-2007) et INCA 3 (2014-2015). L’agence indique que le principal risque est de dépasser les limites supérieures de sécurité en vitamines et minéraux, en particulier lorsque des aliments enrichis sont consommés en plus, et que ce risque augmente avec les prises prolongées ou multiples.
Elle identifie des publics qui demandent une vigilance particulière : les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et les personnes suivant un régime restrictif (végétalien, sans poisson ni fruits de mer). Dans ces situations, l’avis d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un diététicien précède l’achat.
Comment lire les promesses d’une boutique en ligne ?
Une promesse de santé n’est valable que si elle figure sur la liste des allégations autorisées. La DGCCRF rappelle que le règlement européen (CE) n° 1924/2006 organise une liste positive : seules les allégations autorisées après évaluation scientifique centralisée à l’EFSA peuvent être utilisées. Les allégations de santé génériques autorisées, au nombre de 229 selon la DGCCRF, portent surtout sur les vitamines et les minéraux ; celles « en attente » concernent principalement des plantes.
Un site sérieux n’écrit donc pas qu’un produit « soigne » ou « guérit » ; il emploie des formulations autorisées, du type « contribue au fonctionnement normal » d’une fonction, associées à un nutriment précis. Les formules vagues (« booste l’énergie », « détoxifie ») appellent à la méfiance, comme l’indique l’Anses à propos des promesses miraculeuses. Pour approfondir, notre article sur les compléments « minceur » illustre ces limites.
Quels critères comparer avant d’acheter ?
L’Anses recommande d’acheter auprès de revendeurs de confiance et de suivre les consignes d’utilisation. Le tableau suivant propose des critères de comparaison, formulés à partir de ces recommandations.
| Critère | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|
| Étiquetage | Liste complète des ingrédients, quantité de chaque vitamine ou minéral par dose, mode d’emploi et précautions d’emploi. |
| Allégations | Formulations autorisées, sans promesse de guérison ni de traitement d’une maladie. |
| Doses | Comparaison avec les apports déjà couverts par l’alimentation et avec d’autres produits pris en parallèle (risque de cumul). |
| Public concerné | Mentions pour femmes enceintes, enfants ou personnes âgées : avis médical préalable. |
| Vendeur | Identité de la société, coordonnées, conditions de retour, service client joignable. |
Un complément vitaminé peut-il combler une fatigue ?
Il ne répond pas à une fatigue dont la cause est inconnue : un ressenti ou un chiffre isolé ne permet pas de conclure à une carence, et seule une évaluation médicale établit si un apport est nécessaire. Notre guide une mesure n’est pas un diagnostic rappelle cette distinction. Les sources consultées ne confirment pas de bénéfice démontré des compléments sur l’énergie, le stress ou la peau chez des personnes sans carence.
Pour une démarche d’ensemble (alimentation variée, sommeil, activité), voyez notre article sur les compléments alimentaires au quotidien.
Comment signaler un effet indésirable ?
Depuis 2009, l’Anses coordonne un dispositif de nutrivigilance qui recueille les effets indésirables liés aux compléments alimentaires, aux aliments enrichis, aux nouveaux aliments et aux denrées pour une alimentation particulière. Les professionnels de santé, les fabricants et distributeurs, mais aussi les consommateurs peuvent déclarer un effet, même s’il est préférable de prendre d’abord contact avec un professionnel de santé.
Quand consulter ?
L’Anses recommande de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de prendre un complément : consultez un médecin ou un pharmacien avant de commencer une cure, en particulier si vous êtes enceinte, si vous suivez un régime restrictif ou si une fatigue dure depuis plusieurs semaines. Arrêtez la prise et demandez un avis en cas de nausées, d’éruption, de palpitations ou de tout effet inhabituel ; appelez le 15 ou le 112 en cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de malaise.
Questions fréquentes
Les compléments alimentaires sont-ils utiles à tout le monde ?
Non. L’Anses recommande de demander conseil à un professionnel de santé avant d’en prendre, car le principal risque est de dépasser les limites de sécurité en vitamines et minéraux. Une alimentation variée couvre la plupart des besoins.
Peut-on cumuler plusieurs compléments ?
L’Anses conseille d’éviter les prises prolongées, répétées ou simultanées. Plusieurs produits peuvent contenir les mêmes vitamines et augmenter le risque de dépasser les limites de sécurité.
Comment reconnaître une promesse de santé fiable ?
Elle doit correspondre à une allégation autorisée après évaluation de l’EFSA, selon la DGCCRF. Un produit qui promet de guérir, de traiter une maladie ou d’obtenir un effet miraculeux sort de ce cadre.
Où signaler un effet indésirable ?
Auprès du dispositif de nutrivigilance de l’Anses : professionnels de santé, industriels et consommateurs peuvent déclarer. L’Anses préfère toutefois qu’un consommateur prenne d’abord contact avec un professionnel de santé.
Qui doit demander un avis avant d’acheter ?
L’Anses cite les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et les personnes suivant un régime restrictif (végétalien, sans poisson ni fruits de mer) comme publics à surveiller de plus près.
Quels critères comparer avant d’acheter des compléments alimentaires en ligne ?
Il est conseillé de comparer l’étiquetage (liste complète des ingrédients, quantité de chaque vitamine ou minéral par dose, mode d’emploi), les allégations autorisées, les doses au regard de l’alimentation et des autres produits pris, les mentions pour les publics concernés, ainsi que l’identité du vendeur et ses conditions de retour.
Sources
- Anses : Food supplements, the need for informed consumption — chiffres de consommation, risques, publics vulnérables, cinq recommandations
- Anses : La nutrivigilance — dispositif, produits couverts, qui peut déclarer
- DGCCRF : Allégations nutritionnelles et de santé, ne vous faites pas avoir — règlement (CE) n° 1924/2006, liste positive, allégations autorisées
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

