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Santé

Sièges ergonomiques : prévenir les TMS et les arrêts de travail

En bref

  • Un siège ou un fauteuil ergonomique aide à prévenir les TMS (troubles musculosquelettiques) au bureau s’il est bien réglé pour chaque salarié et intégré à une démarche plus large : aménagement du poste, pauses, alternance des tâches.
  • Selon l’Assurance Maladie, les TMS représentaient 88 % des maladies professionnelles reconnues en 2024.
  • Toujours selon l’Assurance Maladie, mal de dos et TMS font perdre plus de 20 millions de journées de travail par an.
  • L’INRS recommande de limiter les contraintes posturales, de positionner correctement l’écran et de permettre l’alternance assis-debout.
  • L’Assurance Maladie propose des formations, des subventions et un accompagnement (programme TMS Pros) aux entreprises.

Les sièges ergonomiques contribuent à la prévention des troubles musculosquelettiques et des arrêts de travail qui en découlent, à condition d’être réglés pour chaque personne et accompagnés d’une organisation du travail qui évite de rester figé dans la même posture. Les TMS désignent, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), des atteintes de l’appareil locomoteur, muscles, tendons et nerfs, qui se traduisent par des douleurs, une raideur, une perte de force ou de sensibilité. Ce texte s’adresse aux employeurs et aux responsables de la prévention.

Pourquoi les TMS pèsent-ils autant sur les entreprises ?

Les TMS sont de loin la première cause de maladie professionnelle en France. L’INRS indique qu’ils représentent plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues ; l’Assurance Maladie chiffre cette part à 88 % pour l’année 2024. Leur coût dépasse la seule cotisation accidents du travail – maladies professionnelles.

IndicateurValeurSource
Part des TMS dans les maladies professionnelles reconnues88 % (2024)Assurance Maladie
Part des indemnités journalières liées aux TMS20 %Assurance Maladie
Journées de travail perdues (mal de dos, TMS, manutention)Plus de 20 millions par anAssurance Maladie
Cotisations annuelles liées au mal de dos et aux TMS2,4 milliards d’eurosAssurance Maladie
Durée moyenne d’un arrêt pour mal de dos d’origine professionnelleEnviron 3 moisAssurance Maladie

Pour les salariés, l’Assurance Maladie souligne que la lombalgie est la première cause d’inaptitude au travail avant 45 ans et que près de la moitié des TMS laissent des séquelles lourdes. L’INRS ajoute que les TMS désorganisent le travail et augmentent l’absentéisme et le renouvellement du personnel. Le suivi des absences, abordé dans notre article employeurs : vérifier l’exactitude des absences, ne remplace pas la prévention à la source.

D’où viennent les TMS au poste de bureau ?

Les TMS naissent de la combinaison de plusieurs facteurs de risque, et non du seul mobilier. L’INRS en distingue trois familles : biomécaniques (efforts, postures contraignantes, gestes répétitifs), psychosociaux (intensité et complexité du travail, pression temporelle, faible autonomie) et environnementaux (vibrations, froid, bruit). Au bureau, les postures maintenues longtemps, le travail prolongé sur écran et la sédentarité dominent.

Selon l’INRS, le travail prolongé sur écran expose aux TMS, à la fatigue visuelle, au stress et aux effets de la sédentarité. Notre guide pour mesurer sa sédentarité explique comment évaluer le temps passé assis.

Que doit permettre un siège ergonomique ?

Un siège ergonomique doit pouvoir s’adapter à la morphologie et à la tâche de chaque utilisateur. Les réglages habituellement proposés sont la hauteur d’assise, l’inclinaison et la hauteur du dossier, le soutien lombaire, la profondeur d’assise et la hauteur des accoudoirs. Un siège très réglable mais mal réglé apporte peu : la formation des salariés au réglage compte autant que l’achat.

Des fabricants spécialisés présentent leurs gammes, par exemple les sièges et fauteuils ergonomiques ErgoFrance ; le choix d’un modèle gagne à être fait avec le service de prévention et de santé au travail, après observation des postes.

  1. Observer les postes et recueillir les douleurs signalées par les salariés.
  2. Choisir des sièges dont les réglages couvrent la diversité des morphologies.
  3. Régler chaque siège avec son utilisateur et expliquer chaque commande.
  4. Compléter si besoin par un repose-pieds, un support d’écran ou un bureau réglable en hauteur.
  5. Revoir les réglages lors d’un changement de poste ou d’utilisateur.

Le siège suffit-il à prévenir les TMS ?

Non, le siège n’est qu’un élément d’une démarche globale. L’INRS recommande d’organiser le poste pour supprimer ou limiter les contraintes posturales, de bien positionner la souris, le clavier et le téléphone, de régler l’écran en distance et en hauteur, d’éviter les reflets et de proposer des bureaux réglables pour alterner position assise et debout. Côté organisation, il conseille des pauses adaptées, des pauses visuelles en regardant au loin, la variation des tâches et la formation aux outils informatiques.

L’INRS propose une démarche de prévention en quatre étapes : engagement de la direction, état des lieux, analyse approfondie, transformation des situations de travail. Il insiste sur une évaluation préalable des risques adaptée à chaque activité. L’Assurance Maladie accompagne les entreprises avec des formations gratuites, des subventions pour améliorer les postes et le programme TMS Pros, destiné aux établissements les plus exposés. Pour les gestes de prévention individuels, notre article quelques astuces pour prévenir le mal au dos complète ces repères.

Quand orienter un salarié vers un professionnel de santé ?

Une douleur qui persiste, revient chaque jour à la même tâche, s’accompagne de fourmillements, d’une perte de force ou de sensibilité justifie une consultation du médecin traitant et un échange avec le service de prévention et de santé au travail. L’INRS rappelle que les TMS peuvent devenir irréversibles : un signalement précoce permet d’adapter le poste avant que la gêne ne s’installe.

Questions fréquentes

Quelle part des maladies professionnelles représentent les TMS ?

Selon l’Assurance Maladie, les TMS représentaient 88 % des maladies professionnelles reconnues en 2024. L’INRS évoque plus de 80 %.

Un fauteuil ergonomique réduit-il à lui seul les arrêts de travail ?

Aucun équipement ne suffit seul. L’INRS recommande d’agir à la fois sur l’aménagement du poste, l’organisation du travail et l’évaluation des risques propres à chaque activité.

Quels réglages vérifier sur un siège de bureau ?

La hauteur d’assise, le dossier et son soutien lombaire, la profondeur d’assise et les accoudoirs. Le réglage doit être fait avec chaque utilisateur et revu à chaque changement.

Existe-t-il des aides pour équiper les postes ?

L’Assurance Maladie propose des subventions pour la prévention des TMS, des formations gratuites et le programme TMS Pros. Les conditions se vérifient auprès de la caisse régionale (Carsat, CGSS ou Cramif).

Le travail sur écran présente-t-il d’autres risques ?

Selon l’INRS, il peut aussi entraîner une fatigue visuelle, du stress et les effets de la sédentarité, d’où l’intérêt des pauses et de l’alternance assis-debout.

Qu’est-ce que les TMS ?

Les TMS, ou troubles musculosquelettiques, désignent selon l’INRS des atteintes de l’appareil locomoteur, c’est-à-dire des muscles, des tendons et des nerfs. Ils se traduisent par des douleurs, une raideur, une perte de force ou de sensibilité. Ils naissent de la combinaison de plusieurs facteurs de risque, et non du seul mobilier.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Information générale à jour à la date indiquée sur la prévention des troubles musculosquelettiques au bureau ; elle ne remplace ni l’avis du service de prévention et de santé au travail, ni celui d’un médecin. Un salarié qui ressent des douleurs persistantes doit consulter ; vérifiez les dispositifs d’aide auprès de votre caisse régionale (Carsat, CGSS ou Cramif).

Mis à jour le 3 octobre 2026

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