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Santé

Armoire à pharmacie au travail : obligations et contenu

En bref

  • Le Code du travail (article R. 4224-14) impose que les lieux de travail soient équipés d’un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible.
  • Il n’existe pas de liste réglementaire unique du contenu de l’armoire à pharmacie : selon l’INRS, il est défini avec le médecin du travail en fonction des risques.
  • Un secouriste formé est obligatoire dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux (article R. 4224-15).
  • Sans infirmier présent en permanence, l’employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail (article R. 4224-16).

L’armoire à pharmacie au travail est une obligation de fait : le Code du travail exige un matériel de premiers secours adapté aux risques et facilement accessible, sans pour autant fixer une liste de produits valable pour toutes les entreprises. Son contenu, son emplacement et les personnes autorisées à l’utiliser se définissent avec le médecin du travail. Voici ce que disent les textes et comment organiser ce point de secours.

L’armoire à pharmacie est-elle obligatoire au travail ?

Oui, au sens où un matériel de premiers secours est obligatoire. L’article R. 4224-14 du Code du travail dispose que « les lieux de travail sont équipés d’un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible ». Le texte ne parle pas d’armoire en particulier : selon l’organisation, il peut s’agir d’une armoire murale, de trousses réparties dans les locaux ou d’un local dédié. L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) précise que le matériel peut être regroupé en un endroit facile d’accès ou placé près des zones présentant des risques particuliers.

Dans les établissements de taille importante, une infirmerie s’ajoute à ce matériel : d’après l’INRS, l’article R. 4214-23 impose un local dédié aux premiers secours à partir de 200 salariés dans les établissements industriels et de 500 salariés dans les autres.

Que doit contenir l’armoire à pharmacie d’une entreprise ?

Le contenu doit répondre aux risques réels du lieu de travail. L’INRS rappelle qu’aucune liste type n’est fixée par la réglementation : c’est le médecin du travail qui détermine le contenu, en fonction des risques (brûlures, plaies…) et de la qualification des personnes chargées des premiers secours. Ces consignes sont formalisées dans un protocole écrit, validé par l’employeur et présenté au comité social et économique (CSE). Pour aller plus loin, le focus de l’INRS sur le matériel de premiers secours détaille ces règles.

Point à définirQui décideBase
Présence d’un matériel adapté et accessibleEmployeurArticle R. 4224-14 du Code du travail
Contenu de l’armoire ou des troussesMédecin du travail, selon les risquesProtocole écrit (INRS)
Personnes autorisées à intervenirMédecin du travail, dans le protocoleProtocole écrit (INRS)
Secouriste forméEmployeurArticle R. 4224-15 (ateliers à travaux dangereux, certains chantiers)
Organisation des secours sans infirmier permanentEmployeur, après avis du médecin du travailArticle R. 4224-16
Signalisation du matérielEmployeurArrêté du 4 novembre 1993 (pictogramme blanc sur fond vert)

Des fournisseurs proposent des armoires vides, préremplies ou des recharges ; un exemple de catalogue spécialisé est celui de Medisafe.fr. Une armoire préremplie reste à vérifier au regard du protocole fixé avec le médecin du travail.

Peut-on y mettre des médicaments ?

La présence de médicaments relève du protocole établi avec le médecin du travail, et non d’un choix libre de l’employeur ou des salariés. Selon l’INRS, ce protocole désigne les personnes habilitées à intervenir (sauveteurs secouristes, infirmiers, médecins) et ce qu’elles peuvent utiliser. Un médicament délivré sans avis médical peut masquer des symptômes, provoquer une allergie ou interagir avec un traitement : en l’absence de consigne, l’armoire se limite au matériel de soins prévu par le protocole.

Qui peut intervenir et comment organiser les secours ?

L’article R. 4224-15 impose qu’un membre du personnel reçoive la formation de secouriste dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et sur chaque chantier employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Le même article précise que ces secouristes ne peuvent pas remplacer les infirmiers. L’article R. 4224-16 ajoute qu’en l’absence d’infirmiers, ou si leur nombre ne permet pas une présence permanente, l’employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours.

Le matériel ne suffit donc pas : il s’inscrit dans une organisation plus large, décrite dans notre article sur l’organisation de la sécurité médicale en entreprise. Certains sites s’équipent aussi d’un défibrillateur, dont les avantages sont présentés dans un article dédié.

Comment entretenir l’armoire à pharmacie ?

Un contrôle régulier garantit que le matériel reste utilisable le jour où il sert. Une organisation simple suffit :

  1. Désigner une personne responsable du contenu et de son réassort.
  2. Vérifier à intervalle fixe les dates de péremption, l’intégrité des emballages stériles et la propreté de l’armoire.
  3. Remplacer sans délai ce qui a été utilisé, en tenant un registre des sorties.
  4. S’assurer que l’armoire reste accessible, signalée et que les salariés savent où elle se trouve.
  5. Afficher les numéros d’urgence et les consignes d’alerte à proximité, et revoir le contenu avec le médecin du travail si l’activité évolue.

Les appareils éventuellement présents (thermomètre, tensiomètre) demandent eux aussi un entretien : voir notre guide pour entretenir et calibrer ses appareils de mesure. À la maison, la logique est voisine, comme l’explique l’article sur les équipements d’urgence à avoir chez soi.

Que faire en cas d’accident ou de malaise ?

L’armoire à pharmacie sert aux soins de première intention, pas à remplacer les secours. Une plaie importante, une brûlure étendue, une perte de connaissance, une douleur dans la poitrine, une difficulté à respirer ou une chute grave imposent d’appeler le 15 ou le 112 sans attendre, en suivant les consignes d’alerte de l’entreprise. Pour toute question sur le contenu ou l’organisation, l’interlocuteur est le médecin du travail.

Questions fréquentes

Existe-t-il une liste officielle du contenu de l’armoire à pharmacie ?

Non. Selon l’INRS, aucune liste type n’est imposée par la réglementation. Le contenu est défini par le médecin du travail en fonction des risques de l’entreprise et formalisé dans un protocole écrit.

Quel article du Code du travail impose le matériel de premiers secours ?

L’article R. 4224-14, qui exige un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. Les articles R. 4224-15 et R. 4224-16 complètent ce cadre pour les secouristes et l’organisation des secours.

Un secouriste est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?

L’article R. 4224-15 l’impose dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et sur certains chantiers d’au moins vingt travailleurs. Ailleurs, l’employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail.

Comment signaler l’armoire à pharmacie ?

D’après l’INRS, la signalisation suit l’arrêté du 4 novembre 1993 : un panneau rectangulaire ou carré avec un pictogramme blanc sur fond vert. L’armoire doit être facile à trouver et à atteindre.

À partir de combien de salariés faut-il une infirmerie ?

Selon l’INRS, l’article R. 4214-23 impose un local de premiers secours à partir de 200 salariés dans les établissements industriels et de 500 dans les autres. Il s’ajoute au matériel de premiers secours.

Peut-on mettre des médicaments dans l’armoire à pharmacie au travail ?

La présence de médicaments relève du protocole établi avec le médecin du travail, et non d’un choix libre de l’employeur ou des salariés. Selon l’INRS, ce protocole désigne les personnes habilitées à intervenir et ce qu’elles peuvent utiliser. En l’absence de consigne, l’armoire se limite au matériel de soins prévu.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Ce texte donne une information générale, à jour à la date de publication, sur le matériel de premiers secours en entreprise ; vérifiez auprès du médecin du travail, de votre service de prévention et de santé au travail ou de l’inspection du travail. En cas d’accident grave ou de malaise sur le lieu de travail, appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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