- L’hypnose n’est ni de la magie ni une simple supercherie : c’est une technique de soin évaluée, dont l’intérêt est probable dans deux indications et non démontré dans beaucoup d’autres.
- Selon le rapport de l’Inserm de 2015, l’hypnose a un intérêt probable pour l’anesthésie pendant une intervention (hypnosédation) et pour le syndrome du côlon irritable.
- Pour l’arrêt du tabac ou la douleur de l’accouchement, les données sont jugées insuffisantes ou décevantes par l’Inserm.
- Aucun effet indésirable grave n’a été relevé ; le ministère de la Santé signale toutefois le risque de faux souvenirs.
- Le charlatanisme tient surtout aux promesses : un praticien qui garantit une guérison ou déconseille un traitement médical est à éviter.
L’hypnose est une technique de soin qui repose sur un état de concentration particulier et sur la suggestion ; son efficacité a été évaluée par l’Inserm, avec des résultats positifs dans quelques situations seulement. La frontière avec le charlatanisme ne tient donc pas à la technique elle-même, mais à l’usage qui en est fait et aux promesses qui l’accompagnent.
Qu’est-ce que l’hypnose et comment fonctionne-t-elle ?
L’hypnose induit un état de conscience particulier caractérisé par une indifférence à l’extérieur et une capacité fortement accrue à recevoir des suggestions, selon sante.fr, le site du ministère chargé de la Santé. Le même site rappelle qu’elle est utilisée pour le soin dans les sociétés occidentales depuis au moins 200 ans.
La personne n’est pas endormie et ne perd pas son libre arbitre : l’état ressemble plutôt à une absorption intense, comparable à celle d’une lecture captivante. On distingue l’hypnose de spectacle, conçue pour divertir, et l’hypnose thérapeutique, utilisée dans un cadre de soin, par exemple à l’hôpital, où l’on parle d’hypnosédation lorsqu’elle accompagne une anesthésie.
Dans quels cas son efficacité est-elle démontrée ?
L’efficacité de l’hypnose est démontrée de façon probable dans deux situations, selon le rapport « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose » publié par l’Inserm en 2015, qui s’appuie sur 52 essais cliniques d’après la synthèse publiée par Vidal.
| Situation | Conclusion de l’Inserm (2015) |
|---|---|
| Hypnosédation pendant une intervention chirurgicale ou radiologique | Intérêt probable : moins d’antalgiques et de sédatifs consommés |
| Syndrome du côlon irritable | Intérêt probable : moins de symptômes digestifs avec des séances régulières |
| Douleur en général | Effet surtout sur le retentissement émotionnel de la douleur, plus que sur son intensité |
| Arrêt du tabac | Données insuffisantes, voire décevantes |
| Douleur de l’accouchement, dépression du post-partum, schizophrénie, soins dentaires | Pas de conclusion possible |
| Stress post-traumatique | L’EMDR s’est montré plus efficace que l’hypnothérapie |
Le stress, la confiance en soi ou les blocages émotionnels font partie des motifs fréquents de consultation, mais ces usages ne figurent pas parmi les indications validées : les attentes doivent rester mesurées. Pour l’arrêt du tabac, le médecin ou le pharmacien peuvent présenter les aides dont l’efficacité est établie.
L’hypnose présente-t-elle des risques ?
Les risques directs de l’hypnose sont faibles : l’Inserm n’a relevé aucun effet indésirable grave attribuable à cette pratique. Sante.fr mentionne de possibles maux de tête, une somnolence ou des vertiges, et souligne le risque de création de faux souvenirs. L’Inserm appelle aussi à la vigilance face aux dérives éthiques possibles des techniques de suggestion.
Le risque principal est indirect : retarder un diagnostic ou interrompre un traitement en comptant sur l’hypnose. Comme le rappelle notre guide, les mesures de santé ne remplacent pas un médecin ; il en va de même des techniques de bien-être.
Comment distinguer un praticien sérieux d’un charlatan ?
Un praticien sérieux explique ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire, sans promettre de résultat. Sante.fr indique que l’hypnose à visée de soin est pratiquée par des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes et d’autres professionnels de santé ; d’autres praticiens exercent hors du cadre de santé, et leur formation est alors à vérifier.
- Demander sa formation en hypnose et son métier d’origine.
- Vérifier qu’il présente clairement le déroulé, le nombre de séances envisagé et le tarif.
- Se méfier d’une promesse de guérison ou d’un nombre de séances « garanti ».
- Refuser tout conseil d’arrêter un traitement ou d’éviter le médecin.
- Être attentif à la qualité de l’écoute lors du premier échange.
À titre d’exemple de cabinet, le site de Sandrine Gloriant, hypnothérapeute présente une pratique de l’hypnose et de la programmation neuro-linguistique en Seine-et-Marne ; ces critères s’appliquent à tout praticien. Notre article sur les séances d’hypnose décrit leur déroulé.
L’hypnose peut-elle se pratiquer seul ?
L’hypnose peut se pratiquer seul sous forme d’autohypnose, généralement après un apprentissage auprès d’un professionnel. Des consultations hospitalières de la douleur l’enseignent à leurs patients en complément des autres traitements. Notre article sur l’autohypnose en présente les étapes et les limites.
Quand consulter ?
Avant d’entreprendre des séances pour un symptôme physique ou psychique, un avis médical permet de rechercher une cause et de vérifier qu’aucun traitement n’est nécessaire. Un symptôme n’est pas un diagnostic, comme le rappelle notre guide une mesure n’est pas un diagnostic. En cas de détresse aiguë ou de danger, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
L’hypnose est-elle du charlatanisme ?
Pas pour la technique elle-même : l’Inserm lui reconnaît un intérêt probable pour l’hypnosédation et le syndrome du côlon irritable, mais il n’est pas démontré dans beaucoup d’autres indications. Le charlatanisme apparaît lorsque des praticiens promettent des résultats non démontrés ou détournent d’un traitement.
Peut-on perdre le contrôle sous hypnose ?
La personne hypnotisée reste consciente et peut interrompre la séance. Sante.fr signale néanmoins une capacité accrue à recevoir des suggestions et un risque de faux souvenirs, d’où l’importance du choix du praticien.
L’hypnose est-elle dangereuse ?
L’Inserm n’a relevé aucun effet indésirable grave ; maux de tête, somnolence ou vertiges sont possibles selon sante.fr. Le danger principal est de renoncer à un avis médical nécessaire.
L’hypnose aide-t-elle à arrêter de fumer ?
Selon le rapport de l’Inserm de 2015, les données disponibles sont insuffisantes, voire décevantes. D’autres aides au sevrage tabagique ont une efficacité établie : le médecin ou le pharmacien peut les présenter.
Combien de séances faut-il ?
Il n’existe pas de nombre de référence ; il dépend du motif et du praticien. Un nombre de séances annoncé à l’avance comme « garanti » est un signal d’alerte.
Qu’est-ce que l’hypnose ?
Selon sante.fr, l’hypnose induit un état de conscience particulier, caractérisé par une indifférence à l’extérieur et une capacité fortement accrue à recevoir des suggestions. La personne n’est pas endormie et ne perd pas son libre arbitre : l’état ressemble plutôt à une absorption intense, comparable à celle d’une lecture captivante.
Sources
- Sante.fr (ministère chargé de la Santé) : État des lieux : l’hypnose — définition, indications, effets indésirables, faux souvenirs, praticiens
- Inserm : Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015) — conclusions par indication, sécurité, dérives éthiques
- Vidal : rapport de l’Inserm, l’hypnose efficace dans le cadre de l’antalgie et du syndrome du côlon irritable — 52 essais, indications non conclusives, EMDR
- Hôpital Paris Saint-Joseph : hypnose et douleur chronique — apprentissage de l’autohypnose en consultation de la douleur
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

