- Réaliser son e-liquide soi-même consiste à mélanger une base (propylène glycol et glycérine), un arôme et, éventuellement, un booster de nicotine : la pratique est répandue mais demande des produits conçus pour la vape et des précautions strictes.
- Selon l’Assurance Maladie, 53 % des utilisateurs interrogés préparent eux-mêmes leurs e-liquides et 22 % emploient des produits non spécifiques à cet usage, ce qui est jugé inquiétant.
- D’après la DGCCRF, un liquide contenant de la nicotine ne doit pas dépasser 20 mg/ml et se vend en flacon de 10 ml au maximum, avec fermeture de sécurité enfant.
- Pour arrêter de fumer, un accompagnement par un professionnel reste conseillé : Tabac info service répond au 39 89.
Pour réaliser son e-liquide à la maison, on dilue un arôme alimentaire destiné à la vape et, si besoin, un booster de nicotine dans une base neutre, en respectant des proportions calculées à l’avance. Cette pratique, souvent appelée « DIY » (pour do it yourself, « fait soi-même »), permet de choisir le goût et le taux de nicotine, mais elle expose à des erreurs de dosage et à des risques d’intoxication si les règles de base ne sont pas suivies.
De quoi est composé un e-liquide ?
Un e-liquide contient le plus souvent quatre ingrédients. L’Assurance Maladie indique que les principaux sont « la nicotine de façon optionnelle (substance addictive), le propylène glycol, la glycérine et un arôme ».
- Propylène glycol (PG) : liquide incolore qui transporte les arômes.
- Glycérine végétale (VG) : liquide plus épais, à l’origine de la vapeur visible.
- Arôme : concentré aromatique ; seuls les arômes prévus pour la cigarette électronique sont adaptés à l’inhalation.
- Booster de nicotine : base nicotinée vendue en flacon de 10 ml, que l’on ajoute pour obtenir le taux souhaité.
Le rapport entre PG et VG modifie la texture du liquide et la sensation en gorge ; il doit aussi correspondre au matériel utilisé, dont la notice indique en général les liquides compatibles. Pour les critères de choix d’un liquide prêt à l’emploi, voir notre article Quel e-liquide choisir ?
Quelles règles encadrent les liquides de vapotage ?
Les liquides contenant de la nicotine sont strictement réglementés. La fiche pratique de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) fixe les repères suivants :
| Point réglementaire | Repère selon la DGCCRF |
|---|---|
| Concentration de nicotine | Inférieure à 20 mg/ml |
| Flacon de recharge contenant de la nicotine | 10 ml au maximum |
| Système prérempli | 2 ml au maximum |
| Fermeture | Sécurité enfant et inviolabilité obligatoires |
| Étiquetage | Avertissement sur la forte dépendance créée par la nicotine |
| Stations de recharge | Vente de liquide avec nicotine en station interdite depuis le 1er juillet 2026 |
| Mineurs | Vente interdite |
Selon la DGCCRF, les cigarettes électroniques jetables, appelées « puffs », sont interdites depuis février 2025. Pour acheter un produit conforme, l’Assurance Maladie renvoie vers le site de la DGCCRF.
Comment préparer son mélange sans erreur de dosage ?
Un mélange sûr repose sur un calcul fait avant de commencer et sur des ingrédients tous conçus pour le vapotage. Les étapes ci-dessous résument une préparation type :
- Choisir une base, un arôme et, si besoin, un booster issus du circuit de la vape, avec étiquetage complet et fermeture de sécurité.
- Calculer le taux final : concentration du booster × volume de booster ÷ volume total. Par exemple, 10 ml d’un booster à 20 mg/ml dans un mélange total de 50 ml donnent 4 mg/ml.
- Travailler sur une surface propre, avec gants, loin des enfants et des animaux, sans manger ni boire.
- Verser la base, puis l’arôme à la proportion indiquée par son fabricant, puis le booster.
- Fermer, agiter, étiqueter le flacon (contenu, taux de nicotine, date) et le ranger hors de portée.
Le temps de repos (souvent appelé « steeping ») sert à laisser les arômes se fondre dans la base ; sa durée varie selon les recettes et relève du goût, pas de la sécurité. Les huiles essentielles, les arômes de cuisine non prévus pour l’inhalation ou les produits d’origine inconnue ne font pas partie des ingrédients adaptés.
Quels risques pour la santé faut-il connaître ?
Le principal risque du DIY tient à la nicotine concentrée, substance addictive que l’Assurance Maladie qualifie comme telle. Elle signale aussi des effets cardiovasculaires du vapotage, notamment une hausse de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, et précise que les effets respiratoires et cancérogènes à long terme restent insuffisamment étudiés. Si vous suivez vos mesures, les guides sur la fréquence cardiaque au repos et sur les chiffres de la tension aident à les interpréter.
Les jeunes sont particulièrement sensibles aux effets de la nicotine sur le développement cérébral, selon l’Assurance Maladie. Les flacons doivent donc rester fermés, étiquetés et rangés en hauteur.
Le vapotage aide-t-il à arrêter de fumer ?
Les institutions françaises ne tiennent pas le même discours. Tabac info service indique que la cigarette électronique peut être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac et qu’elle est beaucoup moins dangereuse que la cigarette classique lorsqu’elle est utilisée seule. L’Assurance Maladie estime de son côté que les données actuelles ne suffisent pas pour la recommander officiellement comme outil de sevrage. Les substituts nicotiniques restent des traitements efficaces, et un tabacologue peut aider à choisir. Notre article Arrêt du tabac : quel e-liquide privilégier ? détaille les questions à se poser.
Quand consulter — Parlez-en à votre médecin, à votre pharmacien ou à un tabacologue (Tabac info service : 39 89) si vous souhaitez arrêter de fumer ou réduire la nicotine. En cas d’ingestion d’e-liquide, de contact important avec la peau, de nausées, de vertiges ou de palpitations, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Quelles règles s’appliquent aux ingrédients du DIY ?
Les bases, arômes et boosters vendus pour la vape doivent respecter la réglementation des produits du vapotage : nicotine inférieure à 20 mg/ml et flacons nicotinés de 10 ml au maximum, selon la DGCCRF.
Quel taux de nicotine maximal peut-on acheter ?
La DGCCRF fixe la concentration maximale sous 20 mg/ml pour les liquides de vapotage. Le taux final d’un mélange maison dépend ensuite de la quantité de booster diluée dans la base.
Peut-on utiliser un arôme alimentaire ou une huile essentielle ?
Non : seuls les arômes conçus pour la vape sont prévus pour être chauffés et inhalés. L’Assurance Maladie juge inquiétant que 22 % des utilisateurs emploient des produits non spécifiques à cet usage.
Comment ranger ses flacons de DIY ?
Fermés, étiquetés avec le contenu et le taux de nicotine, et hors de portée des enfants et des animaux. Les flacons du commerce disposent d’une fermeture de sécurité enfant obligatoire.
Que faire si un enfant avale de l’e-liquide ?
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 et gardez le flacon pour indiquer sa composition. Le médecin régulateur indique la conduite à tenir.
De quoi est composé un e-liquide ?
Un e-liquide contient le plus souvent quatre ingrédients : la nicotine de façon optionnelle, le propylène glycol, la glycérine et un arôme. Le propylène glycol transporte les arômes, la glycérine végétale est à l’origine de la vapeur visible, et seuls les arômes prévus pour la cigarette électronique sont adaptés à l’inhalation.
Sources
- Assurance Maladie : Vapotage, cigarette électronique, vapoteuse, e-cigarette et santé — composition, part du DIY, effets cardiovasculaires
- DGCCRF : Vos questions, nos réponses sur les cigarettes électroniques — nicotine sous 20 mg/ml, flacons de 10 ml, sécurité enfant, stations de recharge, interdiction des puffs
- Tabac info service : cigarette électronique (questions-réponses) — aide à l’arrêt, ligne 39 89
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

