- La formule du calcul de l’IMC chez l’homme est la même que chez la femme : poids en kilogrammes divisé par la taille en mètres au carré.
- Les repères de l’OMS pour l’adulte : surpoids à partir de 25 kg/m², obésité à partir de 30 kg/m².
- L’IMC ne distingue ni le muscle ni la graisse, et ne dit rien de leur répartition ; le tour de taille le complète.
- Un résultat se lit sur la durée et avec d’autres mesures, jamais seul ; le médecin traitant reste l’interlocuteur pour l’interpréter.
L’indice de masse corporelle (IMC) met en rapport le poids et la taille. Le calcul de l’IMC chez l’homme suscite souvent la même question : faut-il une formule spécifique ? La réponse est non, mais la lecture du résultat demande quelques précautions, notamment chez les hommes à forte masse musculaire ou dont la graisse se concentre sur l’abdomen. Cet article détaille le calcul, les repères officiels, les situations où l’IMC trompe et les erreurs les plus courantes.
Comment calculer l’IMC d’un homme ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’IMC comme le poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres (kg/m²). Aucun coefficient n’est ajouté selon le sexe : la même opération s’applique aux hommes et aux femmes adultes.
À titre d’exemple, une personne de 1,75 m pesant 80 kg obtient : 1,75 × 1,75 = 3,0625, puis 80 ÷ 3,0625 ≈ 26,1 kg/m². Ce résultat se situe dans la tranche du surpoids selon les repères de l’OMS, sans que cela dise quoi que ce soit de la composition du corps ni de l’état de santé de la personne.
- Mesurez la taille en mètres (1,75 et non 175).
- Pesez-vous dans des conditions comparables d’une fois sur l’autre (même balance, même moment de la journée).
- Multipliez la taille par elle-même.
- Divisez le poids par ce produit et arrondissez à une décimale.
Pour un calcul détaillé et des exemples complémentaires, le guide Comprendre et calculer son IMC reprend la méthode pas à pas.
Quels repères pour interpréter le résultat ?
L’OMS retient, pour les adultes, un surpoids à partir de 25 kg/m² et une obésité à partir de 30 kg/m². L’Assurance maladie (ameli) et l’Inserm détaillent les tranches ci-dessous.
| IMC (kg/m²) | Catégorie |
|---|---|
| Moins de 16,5 | Dénutrition (classification présentée par l’Inserm) |
| 16,5 à 18,5 | Maigreur |
| 18,5 à 25 | Corpulence de référence (« normale » pour ameli) |
| 25 à 29,9 | Surpoids |
| 30 à 34,9 | Obésité modérée (classe I) |
| 35 à 39,9 | Obésité sévère (classe II) |
| 40 et plus | Obésité massive (classe III) |
Ces seuils sont des repères statistiques de population. L’OMS présente d’ailleurs l’IMC comme un indicateur indirect de la masse grasse (« surrogate marker of fatness »), que d’autres mesures, comme le tour de taille, peuvent compléter. La Haute Autorité de santé (HAS) précise de son côté que le calcul de l’IMC et la mesure du tour de taille, suivis chaque année, constituent le point de départ du repérage, mais qu’ils ne suffisent pas à poser un diagnostic.
Pourquoi l’IMC peut-il induire en erreur chez certains hommes ?
L’IMC ne distingue pas la masse musculaire de la masse grasse. L’Inserm indique que certaines personnes, par exemple des sportifs de haut niveau, peuvent afficher un IMC élevé sans excès de masse grasse. Un homme pratiquant la musculation ou un sport de force peut donc se retrouver classé en surpoids à poids égal.
Le raisonnement inverse existe aussi. Deux personnes de même taille et de même poids ont le même IMC, quelle que soit la part de graisse. Un IMC dans la zone de référence n’exclut donc pas un excès de graisse, en particulier au niveau du ventre. Ameli rappelle en outre que le calcul ne tient pas compte de la répartition du tissu adipeux, et qu’une personne peut être en surpoids tout en étant dénutrie, notamment à un âge avancé.
Les situations suivantes appellent une lecture plus prudente de l’IMC :
- forte masse musculaire liée à l’entraînement ;
- perte récente de muscle (immobilisation, maladie, âge avancé) ;
- graisse concentrée sur l’abdomen malgré un poids « normal ».
Le guide Les limites de l’IMC développe ces cas de figure.
Le tour de taille complète-t-il l’IMC ?
Le tour de taille renseigne sur la graisse abdominale, que l’IMC ne voit pas. Ameli juge le tour de taille trop élevé à partir de 94 cm chez l’homme (80 cm chez la femme). L’Inserm, lui, définit l’obésité abdominale au-delà de 100 cm chez l’homme (88 cm chez la femme) : les seuils varient donc selon l’organisme et l’usage qui en est fait, ce qui justifie de commenter le résultat avec un professionnel de santé plutôt que de se fier à un chiffre unique.
Pour mesurer correctement, voir le tour de taille et le risque. Le rapport taille-hanches constitue une autre approche de la répartition de la graisse.
Quelles erreurs éviter lors du calcul et de la lecture ?
- Confondre mètres et centimètres : saisir 175 au lieu de 1,75 donne un résultat absurde.
- Comparer des pesées faites dans des conditions différentes : vêtements, heure, repas et hydratation modifient le poids de façon sensible.
- Se fier à un seul chiffre : c’est l’évolution sur plusieurs mois, plutôt qu’une pesée isolée, qui est instructive. La HAS recommande d’ailleurs un suivi annuel du poids et du tour de taille.
- Ignorer le contexte : activité physique, antécédents familiaux et autres mesures (tension, bilans sanguins) font partie du tableau d’ensemble que seul un médecin peut évaluer.
- Chercher à « corriger » le chiffre par des moyens extrêmes : régimes restrictifs ou produits vendus sans avis médical n’ont pas leur place dans cette démarche.
Pour replacer l’IMC parmi les autres indicateurs, consultez le poids et la composition corporelle.
Quand consulter ?
Ameli invite à en parler à son médecin traitant en cas de doute sur un excès de poids, ou si le tour de taille dépasse les repères. Il en va de même après une variation de poids importante ou inexpliquée, à la hausse comme à la baisse, ou lorsque l’IMC se situe dans la tranche de la maigreur. En cas de douleur thoracique brutale et intense, qui serre la poitrine ou dure plus de cinq minutes sans disparaître au repos, ou de gêne respiratoire associée, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
L’IMC se calcule-t-il différemment pour un homme et pour une femme ?
Non. La formule de l’OMS, poids divisé par la taille au carré, est la même pour tous les adultes. Seule l’interprétation peut demander plus de nuance selon la composition corporelle, la morphologie et le tour de taille.
Un homme musclé peut-il avoir un IMC supérieur à 25 sans excès de graisse ?
C’est possible : l’IMC ne distingue pas le muscle de la graisse, comme le souligne l’Inserm. Un tour de taille et une évaluation de la composition corporelle par un professionnel permettent de mieux situer le résultat.
Un IMC normal garantit-il une bonne santé ?
Non. L’IMC ne renseigne pas sur la répartition de la graisse, sur la tension, sur la glycémie ni sur la condition physique. Il s’agit d’un repère parmi d’autres, que le médecin interprète avec l’ensemble du dossier.
À quelle fréquence faut-il calculer son IMC ?
La HAS recommande un suivi annuel de l’IMC et du tour de taille dans le cadre du repérage. Un calcul plus fréquent n’apporte pas grand-chose, car le poids varie naturellement d’un jour à l’autre.
Que signifie un IMC inférieur à 18,5 ?
Ce chiffre correspond à une corpulence faible : l’Inserm distingue la maigreur (16,5 à 18,5) de la dénutrition (moins de 16,5). Il ne permet pas, seul, de conclure ; une perte de poids non voulue justifie d’en parler à un médecin.
Quelles erreurs éviter lors du calcul de l’IMC ?
Les erreurs courantes sont de confondre mètres et centimètres, de comparer des pesées faites dans des conditions différentes, de se fier à un seul chiffre plutôt qu’à l’évolution sur plusieurs mois, d’ignorer le contexte (activité physique, tension, bilans sanguins) ou de chercher à corriger le chiffre par des moyens extrêmes.
Sources
- OMS : Obesity and overweight — formule de l’IMC, seuils de 25 et 30, IMC comme indicateur indirect de la masse grasse
- Assurance maladie (ameli) : Surpoids et obésité, calcul d’IMC, du tour de taille et bilan médical — tranches de corpulence, tour de taille de 94 cm chez l’homme, limites et conseil de consulter
- Inserm : Obésité — classification de l’IMC, cas des sportifs, obésité abdominale
- HAS : Guide du parcours de soins, surpoids et obésité de l’adulte — suivi annuel de l’IMC et du tour de taille, limites diagnostiques
- Assurance maladie (ameli) : Reconnaître une douleur thoracique qui nécessite des soins urgents — signes d’urgence et appel du 15 ou du 112
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

