- Un indice de masse corporelle inférieur à 18,5 kg/m² définit l’insuffisance pondérale chez l’adulte (OMS) ; il ne constitue pas un diagnostic à lui seul.
- Une perte de poids non voulue ou une baisse durable de l’appétit appelle un avis médical : la dénutrition est presque toujours liée à une maladie ou à un trouble psychologique.
- Les repères de l’Assurance maladie : trois repas réguliers complétés de collations, enrichissement des plats sans augmenter les portions, protéines deux fois par jour.
- L’activité physique, progressive, stimule l’appétit et entretient les muscles.
Vouloir prendre du poids naturellement est une demande légitime, mais elle recouvre des situations très différentes : une constitution mince et stable n’a rien à voir avec un amaigrissement récent. Avant les conseils alimentaires, il faut donc situer son cas avec des repères fiables. Cet article les rassemble à partir de sources officielles, sans programme chiffré ni promesse de gain.
À partir de quand parle-t-on de poids trop bas ?
L’Organisation mondiale de la santé définit l’insuffisance pondérale de l’adulte par un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 18,5 kg/m², le poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres. L’IMC reste un repère statistique : il ne dit rien de la composition corporelle ni de la cause d’un poids bas. Pour le calculer et en connaître les limites, voir Comprendre et calculer son IMC et Les limites de l’IMC.
Pour peser dans de bonnes conditions, les règles de mesure fiable s’appliquent : même balance, même moment de la journée.
Quand un poids bas relève-t-il du médecin ?
La Haute Autorité de santé définit la dénutrition de l’adulte de moins de 70 ans par l’association d’un critère lié au poids et d’un critère lié à la cause :
| Type de critère | Repères de la HAS (adulte de 18 à 70 ans) |
|---|---|
| Poids (un seul suffit) | Perte de poids de 5 % ou plus en 1 mois, ou de 10 % ou plus en 6 mois ; IMC inférieur à 18,5 kg/m² ; baisse mesurée de la masse ou de la fonction musculaire |
| Cause (un seul suffit) | Prise alimentaire réduite d’au moins 50 % pendant plus d’une semaine, ou toute réduction pendant plus de 2 semaines ; malabsorption ou maldigestion ; situation d’agression, comme une maladie aiguë ou une maladie chronique ou maligne évolutive |
Pour les personnes de 70 ans et plus, le seuil d’IMC est de 22 kg/m². Ces critères servent aux professionnels de santé ; ils n’ont pas vocation à permettre un autodiagnostic. L’Assurance maladie rappelle que la dénutrition est presque toujours associée à une maladie ou à un trouble psychologique et recommande de contacter son médecin sans tarder.
Elle cite aussi des signaux d’alerte : une alimentation réduite depuis plusieurs semaines avec baisse d’appétit ou difficultés à avaler, et une perte de poids involontaire sur trois mois, visible à des vêtements devenus larges.
Quels principes alimentaires sont proposés ?
Lorsqu’un professionnel de santé a écarté une cause médicale ou prévu un suivi, les conseils de l’Assurance maladie contre l’amaigrissement reposent sur quelques principes :
- Garder trois repas réguliers, complétés de collations entre les repas ; le jeûne nocturne ne doit pas dépasser 12 heures.
- Enrichir les préparations sans augmenter les portions : fromage râpé, crème fraîche, beurre, œufs ou produits laitiers ajoutés aux plats.
- Consommer des protéines deux fois par jour (viande, œufs, poisson, légumineuses, produits laitiers) pour entretenir les muscles.
Si l’alimentation enrichie ne suffit pas après 15 jours, le médecin peut prescrire des compléments nutritionnels oraux, pris entre les repas et non à leur place. Ce choix est médical.
Et l’activité physique ?
L’Assurance maladie indique que l’exercice régulier stimule l’appétit et renforce les muscles, et conseille de démarrer en douceur en augmentant progressivement durée et intensité. Elle recommande par ailleurs, pour la santé en général, au moins 30 minutes d’activité par jour et des exercices de renforcement musculaire, de souplesse et d’équilibre deux fois par semaine ; une personne qui reprend une activité demande l’avis de son médecin. La masse musculaire mérite d’être suivie séparément du poids : un gain sur la balance n’indique pas ce qui a été gagné.
Comment suivre son poids sans en faire une obsession ?
Une pesée à intervalle régulier, dans les mêmes conditions, donne une tendance plus utile qu’un chiffre isolé. La HAS demande d’ailleurs que le poids soit mesuré à chaque consultation, car un IMC normal n’écarte pas à lui seul la dénutrition. Le principe d’un suivi mesuré est détaillé dans Suivre son poids sans obsession.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si vous perdez du poids sans l’avoir voulu, si votre appétit reste faible depuis plusieurs semaines, si votre IMC est inférieur à 18,5 kg/m² avec fatigue ou faiblesse, ou si vous avez des troubles digestifs persistants. Un rapport difficile à l’alimentation ou au poids justifie aussi un échange avec un professionnel de santé. En cas de malaise, de faiblesse intense ou de confusion, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Peut-on prendre du poids en mangeant simplement plus gras et plus sucré ?
Pas de manière simple : les conseils de l’Assurance maladie portent sur l’enrichissement des plats habituels (fromage râpé, crème fraîche, œufs, produits laitiers) et sur la présence de protéines, sans augmenter les portions. Le choix d’un régime plus gras ou plus sucré se fait avec un professionnel.
Faut-il faire plus de repas dans la journée ?
L’Assurance maladie conseille trois repas réguliers complétés de collations quand l’appétit est faible. L’objectif est d’augmenter les apports sans portions excessives, avec un jeûne nocturne limité à 12 heures.
Les compléments nutritionnels sont-ils nécessaires ?
Pas par défaut. Les compléments nutritionnels oraux se discutent avec le médecin, en général si une alimentation enrichie ne suffit pas après 15 jours.
Un IMC inférieur à 18,5 signifie-t-il toujours un problème de santé ?
Pas forcément : c’est un seuil statistique de l’OMS pour l’insuffisance pondérale. Seul un professionnel peut apprécier la situation, en tenant compte de la cause, de l’évolution du poids et de l’état général.
La musculation aide-t-elle à prendre du poids ?
Elle peut contribuer à renforcer les muscles : l’Assurance maladie indique que l’exercice régulier stimule l’appétit et renforce les muscles, et recommande des exercices de renforcement musculaire deux fois par semaine pour la santé en général. Le rythme et le type d’exercice se choisissent avec un professionnel si l’on est affaibli ou si l’on reprend après une longue pause.
Quand consulter un médecin pour un poids trop bas ?
Consultez votre médecin si vous perdez du poids sans l’avoir voulu, si votre appétit reste faible depuis plusieurs semaines, si votre IMC est inférieur à 18,5 avec fatigue ou faiblesse, ou si vous avez des troubles digestifs persistants. En cas de malaise, de faiblesse intense ou de confusion, appelez le 15 ou le 112.
Sources
- OMS : Underweight among adults, BMI < 18.5 — définition de l’insuffisance pondérale de l’adulte
- Haute Autorité de santé : Diagnostic de la dénutrition de l’enfant et de l’adulte, recommandations — critères phénotypiques et étiologiques de l’adulte de 18 à 70 ans
- Haute Autorité de santé : Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus, fiche outil — seuil d’IMC de 22 kg/m² après 70 ans
- Assurance Maladie : Amaigrissement et dénutrition, comment y remédier ? — enrichissement, repas, protéines, activité
- Assurance Maladie : Dénutrition, la repérer rapidement — signaux d’alerte
- Assurance Maladie : L’activité physique — repères généraux d’activité
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

