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Nutrition

Brûleurs de graisse : efficacité, risques et précautions

En bref

  • Les « brûleurs de graisse » sont des compléments alimentaires vendus pour réduire la masse grasse ; ce ne sont pas des médicaments et ils ne peuvent revendiquer aucun effet thérapeutique, rappelle l’ANSES.
  • L’ANSES juge que très peu de substances sont autorisées à revendiquer un bénéfice et recense, pour ces produits, des effets indésirables parfois graves, surtout cardiovasculaires.
  • Elle déconseille ces produits aux enfants, aux adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes et aux personnes ayant une maladie cardiaque, rénale, hépatique ou psychiatrique.
  • Associer plusieurs produits, ou les mêler à des médicaments, augmente les risques.
  • Pour perdre du poids, l’ANSES recommande un accompagnement par des professionnels de santé et une activité physique régulière.

Les brûleurs de graisse sont des compléments alimentaires présentés comme des aides pour réduire la masse grasse, le plus souvent à base de caféine ou d’extraits de plantes. Leur efficacité reste incertaine et leur sécurité n’est pas garantie : l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a analysé des cas d’effets indésirables liés à ces produits. Cet article explique ce qu’ils sont, ce que l’agence en dit, à qui ils sont déconseillés et quelles précautions observer.

Qu’est-ce qu’un brûleur de graisse ?

Un brûleur de graisse est un complément alimentaire commercialisé pour réduire la masse grasse. « Brûleur de graisse » est un terme publicitaire, non un statut réglementaire. L’ANSES rappelle qu’un complément alimentaire n’est pas un médicament : il ne peut donc, par définition, revendiquer aucun effet thérapeutique, et il ne nécessite pas d’autorisation de mise sur le marché préalable comme un médicament. Le fabricant doit en revanche s’assurer de sa sécurité et de sa conformité à la réglementation.

Dans son avis de novembre 2016 sur les compléments alimentaires destinés aux sportifs, l’ANSES souligne que très peu de substances sont autorisées à revendiquer des bénéfices. Une promesse de « fonte » de la graisse, de résultat rapide ou de ventre plat ne repose donc pas sur un effet démontré et reconnu.

Quels effets indésirables l’ANSES a-t-elle observés ?

L’ANSES a relevé des effets potentiellement graves, principalement cardiovasculaires. Son avis s’appuie sur les déclarations reçues par son dispositif de nutrivigilance (surveillance des effets indésirables des compléments alimentaires) : 49 signalements entre 2009 et 2016 pour des compléments destinés à développer la masse musculaire ou à réduire la masse grasse, dont 17 analysés en détail et 8 avec un lien probable avec la consommation du produit.

Type d’effetExemples cités par l’ANSES
CardiovasculaireTachycardie (cœur qui s’accélère), arythmie, accident vasculaire cérébral
NeuropsychiatriqueAnxiété, nervosité, troubles de l’humeur
Hépatique et rénalAtteintes du foie et des reins

Quels ingrédients posent question ?

L’ANSES met en garde contre la caféine, seule ou associée à d’autres substances, et contre certains extraits de plantes. Parmi les substances non interdites mais à risque, elle cite la caféine seule, l’association de caféine et de p-synéphrine (susceptible de provoquer une vasoconstriction, c’est-à-dire un rétrécissement des vaisseaux) et des extraits de plantes comme Garcinia cambogia ou Coleus forskohlii. En mars 2025, l’ANSES a déconseillé à l’ensemble de la population la consommation de compléments alimentaires contenant du Garcinia cambogia, après des cas d’hépatites aiguës et d’atteintes psychiatriques.

Le même avis signale aussi la vente, notamment sur internet, de produits contenant des substances interdites : éphédrine et dérivés, DMAA, sibutramine, stéroïdes anabolisants et 2,4-DNP (dinitrophénol), décrit comme très toxique. Ces produits ne devraient pas se trouver dans un complément alimentaire. En 2019, l’ANSES indiquait que la part des achats sur internet de compléments alimentaires chez les adultes était passée de 1 % à 11 % depuis 2015 : ce circuit de vente, plus difficile à contrôler, augmente le risque de tomber sur un produit non conforme.

Pour qui ces produits sont-ils déconseillés ?

L’ANSES déconseille les compléments de ce type à plusieurs catégories de personnes :

  • les enfants et les adolescents ;
  • les femmes enceintes ou allaitantes ;
  • les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou une maladie cardiaque ;
  • les personnes atteintes d’une insuffisance rénale ou hépatique ;
  • les personnes souffrant de troubles neuropsychiatriques.

Elle précise aussi que consommer plusieurs produits en même temps, ou associer un complément à un médicament, multiplie les risques par des interactions mal connues.

Quelles précautions prendre si l’on envisage un complément ?

La première précaution est de demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant toute prise. L’ANSES recommande par ailleurs d’éviter la caféine avant et pendant l’activité sportive, de ne pas cumuler plusieurs compléments, de privilégier des produits issus de circuits réglementés et de se méfier des allégations miraculeuses. Pour les produits destinés aux sportifs, elle cite la norme AFNOR NF V 94-001 comme repère de qualité. Elle recommande aussi d’éviter les usages prolongés et de respecter les doses indiquées.

Pour la perte de poids elle-même, l’ANSES a conclu, dans son rapport de 2010 sur les pratiques d’amaigrissement, que chercher à perdre du poids sans indication médicale formelle comporte des risques, et préconise un accompagnement par des professionnels de santé associé à une activité physique régulière. Pour suivre une évolution de façon réaliste, vous pouvez vous appuyer sur nos guides consacrés au tour de taille, à la masse grasse et aux objectifs chiffrés réalistes. Sur le terrain de l’alimentation, notre article sur les aliments associés à la graisse abdominale et celui sur la perte de poids sans régime complètent ces repères.

Quand consulter ?

Consultez un médecin avant de commencer un complément, et sans attendre si des effets inhabituels apparaissent : palpitations, nervosité marquée, troubles du sommeil, douleurs digestives ou jaunissement de la peau. En cas de douleur dans la poitrine, de malaise, de difficulté à parler ou de faiblesse soudaine d’un côté du corps, appelez immédiatement le 15 ou le 112. Un pharmacien peut aussi vérifier la composition d’un produit et d’éventuelles interactions avec un traitement en cours.

Questions fréquentes

Les brûleurs de graisse sont-ils des médicaments ?

Non. Ce sont des compléments alimentaires, qui n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché comme les médicaments et ne peuvent pas revendiquer d’effet thérapeutique, selon l’ANSES.

Un brûleur de graisse fait-il vraiment maigrir ?

L’ANSES indique que très peu de substances sont autorisées à revendiquer un bénéfice. Aucune promesse de perte de graisse ne peut donc être présentée comme établie pour ces produits.

La caféine contenue dans ces produits est-elle sans danger ?

Pas nécessairement. L’ANSES cite la caféine seule, ou associée à la p-synéphrine, parmi les substances à risque, avec des effets cardiovasculaires et neuropsychiatriques rapportés. Elle recommande d’éviter la caféine avant et pendant l’activité sportive.

Peut-on acheter ces produits en ligne ?

Ils y sont très présents, mais l’ANSES signale que des produits contenant des substances interdites, comme l’éphédrine, la sibutramine ou le DNP, y sont vendus. Mieux vaut privilégier les circuits réglementés et demander conseil à un pharmacien.

Quelle alternative recommandent les autorités sanitaires ?

Dans son rapport de 2010, l’ANSES préconise un accompagnement par des professionnels de santé spécialisés et une activité physique régulière plutôt que des pratiques d’amaigrissement menées sans suivi.

Pour qui les brûleurs de graisse sont-ils déconseillés ?

L’ANSES déconseille ces compléments aux enfants et aux adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes ayant une maladie cardiaque, rénale, hépatique ou neuropsychiatrique. Associer plusieurs produits, ou un complément à un médicament, augmente aussi les risques. Un avis médical ou pharmaceutique est conseillé avant toute prise.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — information générale sur les compléments alimentaires, qui ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Avant toute prise, demandez conseil à un professionnel de santé ; en cas de malaise, de palpitations ou de douleur dans la poitrine, appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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