- Cuisiner sainement avec des produits d’épicerie fine est possible, mais le nom du commerce ne garantit pas la qualité nutritionnelle : c’est l’étiquette (ingrédients, tableau nutritionnel) qui renseigne.
- Selon Manger Bouger, la liste des ingrédients est obligatoire et classée par ordre décroissant de poids.
- Selon l’OMS, l’apport en sel doit rester sous 5 g par jour chez l’adulte, et les sucres libres sous 10 % de l’apport énergétique.
- Huiles, condiments, conserves ou douceurs gagnent à être utilisés en petites quantités pour relever des plats simples.
Pour cuisiner sainement avec les produits d’une épicerie fine, il suffit de s’appuyer sur trois repères : la lecture de l’étiquette, la place de ces produits dans l’assiette et les repères nutritionnels officiels. Une épicerie fine propose en général des produits de terroir, des condiments, des huiles, des conserves ou des douceurs ; leur intérêt nutritionnel varie d’un article à l’autre.
Un produit vendu en épicerie fine est-il forcément plus sain ?
Non : le lieu d’achat ne dit rien de la composition d’un produit. Une huile, une confiture ou une tartinade artisanale peut être courte en ingrédients, mais elle peut aussi être riche en sucre, en sel ou en matières grasses. Seules la liste des ingrédients et les valeurs nutritionnelles permettent de comparer deux références.
Un produit artisanal ou de terroir se consomme donc comme n’importe quel autre aliment : en tenant compte de la fréquence et de la quantité. Les spécialités les plus gourmandes trouvent leur place comme condiment, assaisonnement ou plaisir occasionnel, plutôt que comme base des repas.
Comment lire l’étiquette d’un produit ?
L’étiquette d’un produit préemballé suit des règles européennes précises (règlement UE n° 1169/2011), rappelées par la DGCCRF, la direction de la répression des fraudes. Le tableau suivant résume les mentions utiles pour choisir.
| Mention | Ce qu’elle indique |
|---|---|
| Liste des ingrédients | Obligatoire ; classée par ordre décroissant de poids, le premier ingrédient est donc le plus présent (Manger Bouger, DGCCRF). |
| Allergènes | Les ingrédients allergènes doivent être mis en évidence dans la liste (DGCCRF). |
| Tableau nutritionnel | Énergie, matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel, exprimés pour 100 g ou 100 ml (Manger Bouger). |
| Date limite de consommation (DLC) | Concerne les denrées périssables ; c’est une limite de sécurité à respecter (DGCCRF). |
| Date de durabilité minimale (DDM) | Concerne les produits stables ; le produit reste consommable après cette date (DGCCRF). |
| Origine | Obligatoire pour certains produits, comme le miel ou les viandes de bœuf, porc, agneau et volaille (DGCCRF). |
| Nutri-Score | Logo facultatif en face avant qui facilite la comparaison entre produits proches (Manger Bouger). |
Quand un produit n’affiche pas de Nutri-Score, la comparaison se fait sur les teneurs en sucres, en graisses ou en sel pour 100 g. Manger Bouger donne l’exemple du jus de raisin, qui contient en moyenne 15 g de sucres pour 100 ml, contre environ 10 g pour le jus d’orange.
Que penser des produits ultra-transformés en épicerie fine ?
Les aliments ultra-transformés sont des produits issus de transformations industrielles intenses, qui contiennent des additifs réservés à l’usage industriel. Selon Manger Bouger, ils se repèrent à la présence, dans la liste des ingrédients, d’additifs comme les colorants, les édulcorants, les émulsifiants (par exemple la gomme de xanthane) ou d’ingrédients absents d’une cuisine domestique.
Manger Bouger indique qu’environ 80 % des aliments ultra-transformés sont classés C, D ou E au Nutri-Score, et recommande de cuisiner à partir de produits frais ou peu transformés. Une liste d’ingrédients courte et compréhensible est un premier indice, sans être une garantie sur la teneur en sel ou en sucre. À titre d’exemple de commerce de ce type : une épicerie fine à Aix-en-Provence.
Quels repères nutritionnels suivre en cuisinant ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe plusieurs repères pour l’adulte, utiles quel que soit le lieu d’achat.
| Élément | Repère de l’OMS |
|---|---|
| Fruits et légumes | Au moins 400 g par jour à partir de 10 ans |
| Sucres libres | Moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien (environ 50 g pour 2 000 kcal) |
| Matières grasses totales | 30 % ou moins de l’apport énergétique |
| Graisses saturées | Moins de 10 % de l’apport énergétique |
| Sel | Moins de 5 g par jour (soit moins de 2 g de sodium) |
Ces repères se traduisent en cuisine par des gestes simples : une huile parfumée ou un vinaigre pour assaisonner des légumes, une confiture en petite quantité au petit-déjeuner, des conserves de poisson ou des olives dosées en fonction de leur teneur en sel. Pour suivre l’effet de ses habitudes sur ses mesures de santé, le guide Suivre quelques indicateurs clés de prévention propose une démarche raisonnable, et le guide Le tour de taille et le risque explique comment mesurer l’un d’eux. Le modèle alimentaire détaillé dans l’article Pourquoi opter pour le régime méditerranéen ? donne un cadre pour utiliser huiles et condiments dans des repas équilibrés.
Quand consulter ?
Un avis professionnel est utile en cas d’allergie ou d’intolérance alimentaire, de maladie nécessitant un régime (diabète, maladie rénale ou cardiovasculaire) ou de grossesse : un médecin, un pharmacien ou un diététicien adapte les repères généraux à la situation de chacun. Des symptômes survenant après un repas (urticaire, gonflement des lèvres ou du visage, difficulté à respirer) imposent d’appeler le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Une épicerie fine propose-t-elle des produits plus sains qu’un supermarché ?
Pas automatiquement. La composition varie d’un produit à l’autre, quel que soit le lieu de vente. La liste des ingrédients et le tableau nutritionnel permettent de comparer deux produits de même type.
Comment savoir si un produit contient beaucoup de sucre ou de sel ?
Le tableau nutritionnel obligatoire indique sucres et sel pour 100 g ou 100 ml. Selon l’OMS, l’apport en sel de l’adulte doit rester inférieur à 5 g par jour, ce qui permet de situer la teneur d’un produit.
Que signifie l’ordre des ingrédients sur l’étiquette ?
Les ingrédients sont classés par ordre décroissant de poids, selon Manger Bouger. Si le sucre ou l’huile figure parmi les premiers, ce composant est très présent dans la recette.
Un produit artisanal est-il un aliment ultra-transformé ?
Pas nécessairement. Selon Manger Bouger, un aliment ultra-transformé se reconnaît à des additifs ou ingrédients réservés à l’usage industriel. La liste des ingrédients permet de le vérifier.
La date de durabilité minimale est-elle une date limite de sécurité ?
Non. Selon la DGCCRF, la DDM concerne les produits stables, qui restent consommables après cette date, alors que la date limite de consommation est une limite de sécurité stricte.
Le Nutri-Score est-il obligatoire sur les produits ?
Non, le Nutri-Score est un logo facultatif en face avant du produit. Selon Manger Bouger, il facilite la comparaison entre produits proches. Quand un produit n’en affiche pas, la comparaison se fait sur les teneurs en sucres, en graisses ou en sel pour 100 g.
Sources
- Manger Bouger : Les aliments ultra-transformés, pourquoi moins en manger ? — définition, repérage des additifs, classement Nutri-Score
- Manger Bouger : L’étiquetage obligatoire, la composition détaillée des produits — ordre des ingrédients, tableau nutritionnel, comparaison de produits
- DGCCRF : Étiquetage des denrées alimentaires — mentions obligatoires, allergènes, DLC et DDM, origine
- OMS : Healthy diet — repères sur fruits et légumes, sucres, graisses et sel
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

