- L’« épilation définitive » est le nom courant des actes d’épilation par laser ou par lumière pulsée intense à visée non thérapeutique, encadrés en France par le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024.
- Longtemps réservée aux médecins par l’arrêté du 6 janvier 1962, cette pratique est ouverte à d’autres professionnels formés, selon la question écrite n° 4876 de l’Assemblée nationale et sa réponse de mai 2025.
- L’ANSES a documenté des effets indésirables : douleurs, brûlures, bulles, réactions inflammatoires, et dans les cas graves brûlures profondes et troubles pigmentaires liés à de mauvaises pratiques.
- Aucun texte officiel consulté ne garantit une disparition totale des poils ni ne fixe un nombre de séances : les résultats varient et se discutent avec le praticien.
- Les règles de qualification diffèrent d’un pays à l’autre ; cet article décrit le cadre français.
L’épilation définitive désigne, dans le langage courant, les séances d’épilation au laser ou à la lumière pulsée intense, un cadre réglementaire qui a changé en France entre 2023 et 2025. Cet article précise ce que recouvrent ces techniques, qui peut les pratiquer, quels risques l’ANSES a identifiés et quelles questions poser avant une première séance.
Qu’appelle-t-on « épilation définitive » ?
« Épilation définitive » est une expression courante qui recouvre deux techniques visées par le décret de 2024 : le laser et la lumière pulsée intense, un appareil à flashs de lumière distinct du laser mais soumis au même texte. Les documents officiels consultés parlent d’« actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique » et décrivent des risques ; ils ne promettent pas de résultat définitif. Il vaut donc mieux parler de réduction de la pilosité que de disparition garantie, et se méfier des formules qui assurent le contraire.
Qui peut pratiquer l’épilation au laser ou à la lumière pulsée en France ?
Depuis le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, ces actes ne sont plus réservés aux seuls médecins : selon la question écrite n° 4876 de l’Assemblée nationale et la réponse publiée le 27 mai 2025, ils peuvent être réalisés par des esthéticiens et des infirmiers, dans un cadre de formation obligatoire. L’arrêté du 19 février 2025 fixe les caractéristiques de cette formation (publication au Journal officiel du 26 février 2025). Le tableau retrace les étapes.
| Date | Texte ou événement | Ce qu’il établit |
|---|---|---|
| 6 janvier 1962 | Arrêté du 6 janvier 1962 | Réserve l’épilation, hors pince ou cire, aux titulaires du diplôme de docteur en médecine |
| Décembre 2016 | Évaluation de l’ANSES | Décrit les effets indésirables observés avec les appareils de lumière pulsée |
| 8 novembre 2019 | Décision du Conseil d’État | Juge le monopole médical contraire aux libertés européennes, tout en reconnaissant la protection de la santé publique comme raison impérative |
| 27 juillet 2023 | Avis de la HAS sur le projet de décret | Ne voit pas d’argument scientifique justifiant de restreindre ces actes aux seuls médecins |
| 24 mai 2024 | Décret n° 2024-470 | Encadre les actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique |
| 19 février 2025 | Arrêté relatif à la formation | Précise les caractéristiques de la formation obligatoire (Journal officiel du 26 février 2025) |
Selon la DGCCRF, trois catégories de professionnels peuvent réaliser ces actes depuis le 24 mai 2024 : les médecins, les infirmiers et les esthéticiens ayant suivi la formation requise. L’arrêté du 19 février 2025 fixe la durée de cette formation à 4 jours pour le laser seul, 2,5 jours pour la lumière pulsée seule et 5 jours pour les deux techniques, avec une journée de mise à niveau tous les 5 ans. Le professionnel doit afficher les risques liés à l’exposition aux rayonnements, remettre une information écrite sur les contre-indications, examiner la peau et évaluer le phototype avant la séance, puis vérifier l’absence d’effet indésirable après chaque séance.
Quels sont les risques de ces séances ?
Selon l’ANSES, citée dans une réponse du Sénat, les effets indésirables légers sont des douleurs, des sensations de brûlure, des bulles et des réactions inflammatoires localisées. Des cas plus graves, avec brûlures cutanées profondes et troubles de la pigmentation, ont été rapportés et sont liés à de mauvaises pratiques. La HAS a relevé que, d’après l’ANSES, ces risques peuvent être limités par des mesures appropriées, d’où l’exigence de formation et d’information.
- Peau douloureuse, rouge ou brûlée après une séance : le praticien doit être recontacté.
- Bulles ou croûtes inhabituelles : un avis médical est utile.
- Tache plus claire ou plus foncée qui persiste : un médecin, de préférence dermatologue, doit l’examiner.
Que demander avant une première séance ?
Avant de commencer, il est utile de vérifier la formation du praticien, le matériel utilisé et les mesures de protection. Les obligations décrites par la DGCCRF servent de repères :
- Demander si le praticien a suivi la formation obligatoire et si elle est à jour.
- Vérifier la fourniture de lunettes de protection pour le client, que le professionnel doit recommander.
- Demander l’information écrite sur les contre-indications et signaler ses traitements et antécédents.
- Envisager un avis médical avant la première séance, que le professionnel doit recommander selon la DGCCRF.
- Savoir comment signaler un effet indésirable : la DGCCRF renvoie au portail de signalement des événements sanitaires indésirables.
Pour préparer ce rendez-vous, l’article du site sur le déroulement d’une consultation de médecine esthétique et le guide les questions à poser à son médecin donnent des pistes de questions. Pour l’évaluation d’un praticien en chirurgie ou médecine esthétique, un autre article traite du choix d’un chirurgien pour une opération esthétique.
Combien de séances faut-il et le résultat est-il définitif ?
Aucun des textes officiels consultés ne fixe un nombre de séances, un intervalle entre les séances ni une durée de résultat. Ces éléments dépendent de la zone, de la pilosité, de la peau et de l’appareil utilisé ; le praticien les précise après examen. Les promesses chiffrées sans examen préalable sont à considérer avec prudence.
Et en dehors de la France ?
Les règles de qualification des praticiens diffèrent d’un pays à l’autre, Suisse comprise ; cet article décrit le cadre français. À titre d’exemple d’offre, un centre implanté en Suisse (Lausanne, La Tour-de-Peilz, Crans-Montana et Genève) propose de l’épilation au laser ; son site ne détaille pas, sur la page d’accueil consultée, la qualification de ses praticiens. Cette mention n’est ni une recommandation ni une garantie de résultat : l’autorité sanitaire du pays concerné reste la référence pour connaître les exigences applicables.
Quand consulter ?
Consultez un médecin en cas de douleur importante, de cloques, de croûtes inhabituelles ou de tache pigmentée qui apparaît ou change après une séance, et avant de commencer en cas de maladie de peau, de traitement en cours ou de grossesse. Pour un signe grave (malaise, gonflement du visage, gêne respiratoire), appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
L’épilation au laser est-elle réservée aux médecins en France ?
Non, plus depuis le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024. Auparavant, l’arrêté du 6 janvier 1962 la réservait aux médecins ; elle peut désormais être pratiquée par des professionnels formés, dont des esthéticiens et des infirmiers selon la question écrite n° 4876 et sa réponse de mai 2025.
Quelle différence entre laser et lumière pulsée intense ?
Ce sont deux technologies distinctes, mais le décret de 2024 les encadre ensemble. Les sources consultées ne comparent pas leur efficacité ; ce point se discute avec un professionnel formé.
Quels risques l’ANSES a-t-elle identifiés ?
Dans son évaluation de décembre 2016, elle a décrit des douleurs, des sensations de brûlure, des bulles et des réactions inflammatoires localisées. Des brûlures profondes et des troubles pigmentaires ont été rapportés dans les cas graves, liés à de mauvaises pratiques.
Une consultation médicale est-elle nécessaire avant la première séance ?
Selon la DGCCRF, le professionnel doit remettre une information écrite sur les contre-indications et recommander de consulter un médecin avant la première séance. C’est un réflexe utile, surtout en cas de traitement, de maladie de peau ou de grossesse.
Le résultat est-il garanti définitif ?
Aucun texte officiel consulté ne le garantit. Mieux vaut parler de réduction de la pilosité et demander au praticien ce qu’il est raisonnable d’attendre.
Combien de séances d’épilation définitive faut-il ?
Aucun des textes officiels consultés ne fixe un nombre de séances, un intervalle entre les séances ni une durée de résultat. Ces éléments dépendent de la zone, de la pilosité, de la peau et de l’appareil utilisé, et le praticien les précise après examen. Les promesses chiffrées sans examen préalable sont à considérer avec prudence.
Sources
- Assemblée nationale : question écrite n° 4876 et réponse du ministère (27 mai 2025) — décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, article D. 1151-3, arrêté du 19 février 2025
- HAS : avis n° 2023.0027/AC/SEAP du 27 juillet 2023 sur le projet de décret relatif à l’épilation par laser et lumière pulsée — professionnels visés, formation, mesures de protection, information du client
- Sénat : question n° 00145 sur l’épilation à lumière pulsée et réponse du ministère (juillet 2023) — effets indésirables décrits par l’ANSES, arrêté de 1962, décision du Conseil d’État du 8 novembre 2019
- Assemblée nationale : question n° 56007 sur l’épilation à la lumière pulsée et réponse du 24 novembre 2015 — arrêté du 6 janvier 1962 et évaluation demandée à l’ANSES
- DGCCRF : FAQ sur l’encadrement des soins esthétiques et de la coiffure — professionnels autorisés, durée de formation, obligations d’information et signalement
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

