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Incontinence urinaire : ce que l’on sait d’Emsella

En bref

  • Emsella est une chaise de stimulation électromagnétique du plancher pelvien (technologie HIFEM) proposée contre les fuites urinaires ; son intérêt reste discuté, car les données publiées sont limitées.
  • Selon l’Assurance Maladie, le traitement initial de l’incontinence urinaire d’effort est la rééducation périnéo-sphinctérienne, réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme.
  • Une revue systématique de 2025 juge faible la certitude des preuves sur la continence pour les chaises magnétiques.
  • Des contre-indications existent (grossesse, stimulateur cardiaque, implant métallique, prolapsus avancé) : un avis médical précède toute séance.

L’incontinence urinaire désigne la perte involontaire d’urine par l’urètre, selon l’Assurance Maladie ; Emsella, une chaise qui provoque des contractions du plancher pelvien par champ électromagnétique, est l’une des techniques proposées par certains cabinets. Cet article décrit ce que l’on en sait, ce que les sources disponibles confirment et ce qu’elles ne permettent pas d’affirmer.

Qu’est-ce qu’Emsella et comment une séance se déroule-t-elle ?

Emsella est un dispositif de la société BTL qui utilise une énergie électromagnétique focalisée de haute intensité (HIFEM) pour faire contracter les muscles du plancher pelvien, ensemble de muscles qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum. La personne s’assoit habillée sur la chaise, sans anesthésie ni geste invasif. Dans une étude publiée en 2024 dans Therapeutics and Clinical Risk Management, le protocole comprenait 6 séances de 28 minutes, à raison de deux par semaine.

La technique ne remplace pas les exercices volontaires : elle sollicite les muscles de façon passive. Un cabinet parisien en présente les modalités sur son site : Emsella à Paris.

Que montrent les études sur son efficacité ?

Les données sont encourageantes sur certains critères mais limitées en qualité. Une revue systématique publiée en 2025 dans le Journal of Clinical Medicine a analysé 5 études (environ 219 participantes) sur les chaises de stimulation magnétique, dont HIFEM : les auteurs rapportent une baisse du score de sévérité de l’incontinence (ICIQ-UI SF) de 37,5 à 74,4 % selon les groupes, mais jugent faible la certitude des preuves sur la continence (très faible pour la fonction sexuelle), en raison de petits effectifs, de protocoles hétérogènes, de risques de biais et d’un suivi le plus souvent de 8 semaines à 6 mois. Aucune méta-analyse n’était possible.

L’étude de 2024 citée plus haut, menée sur 35 femmes présentant une incontinence d’effort ou mixte, rapporte une amélioration du score ICIQ-SF (questionnaire de gravité des fuites) de 52,06 % après 6 séances et de 59,6 % un mois plus tard. Il s’agit d’une étude observationnelle de petite taille : elle ne permet pas de conclure à une efficacité durable.

L’autorité de santé (Department of Health) des Émirats arabes unis a de son côté évalué le dispositif : elle le décrit comme non invasif et sûr, mais avec des données limitées, moins efficace à long terme que la rééducation du plancher pelvien, et utilisable en complément d’un programme de kinésithérapie périnéale.

Quelles sont les prises en charge reconnues de l’incontinence urinaire ?

Le traitement dépend du type d’incontinence : à l’effort, par urgenturie (envie urgente et irrépressible d’uriner) ou mixte, selon l’Assurance Maladie. Pour s’y repérer :

ApprocheCe qu’indique l’Assurance Maladie
Rééducation périnéo-sphinctérienneTraitement initial de l’incontinence d’effort ; kinésithérapeute ou sage-femme ; techniques manuelles et biofeedback
Mesures hygiéno-diététiquesPerte de poids si nécessaire, éviter la constipation, arrêt du tabac, traitement des infections urinaires, moins de boissons après 18 heures
MédicamentsAnticholinergiques pour l’hyperactivité de la vessie ; aucun médicament efficace dans l’incontinence d’effort
ChirurgieEn deuxième intention, après échec du traitement médical et de la rééducation
Autres techniquesÉlectrostimulation fonctionnelle, neuromodulation des racines sacrées

La chaise électromagnétique ne figure pas parmi les traitements décrits par l’Assurance Maladie ; pour une éventuelle prise en charge financière, posez la question à l’Assurance Maladie et à la complémentaire santé. Pour approfondir les causes et les gestes de prévention, voir nos articles sur la prévention des fuites urinaires, l’incontinence d’urgenturie et l’incontinence chez l’adulte.

Qui ne doit pas utiliser ce type de chaise ?

Le Department of Health des Émirats arabes unis liste des critères d’exclusion : prolapsus d’organes pelviens de stade III ou plus, tumeur maligne non traitée, grossesse ou moins de 3 mois après un accouchement, implants métalliques ou dispositif intra-utérin, stimulateur cardiaque, indice de masse corporelle de 37 kg/m² ou plus. Le dispositif y est destiné aux adultes. D’autres critères peuvent s’appliquer selon le fabricant et le praticien : un bilan médical préalable permet de les passer en revue.

Comment choisir une prise en charge et poser les bonnes questions ?

Le point de départ est un bilan : type de fuites, ancienneté, antécédents (accouchements, chirurgie), traitements en cours, recherche d’une infection urinaire. Face à un appareil présenté avec des promesses, plusieurs questions aident à garder un regard critique : quelles études, sur quel type d’incontinence, avec quel recul, combien de séances, à quel coût, et en complément de quelle rééducation. Notre guide sur les gadgets santé à éviter détaille des critères de vigilance, et celui sur les questions à poser à son médecin aide à préparer la consultation.

Quand consulter ?

Des fuites urinaires, même légères, méritent d’en parler à un médecin, à une sage-femme ou à un kinésithérapeute, car le traitement dépend de leur type et de leur cause. Une consultation rapide est conseillée en cas de brûlures urinaires, de sang dans les urines, de fièvre, de douleur ou de difficulté à uriner ; en cas d’impossibilité d’uriner ou de douleur intense, appelez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Emsella guérit-elle l’incontinence urinaire ?

Aucune source consultée ne permet de l’affirmer. Une revue systématique de 2025 rapporte des améliorations de symptômes mais juge faible la certitude des preuves sur la continence, et l’évaluation de l’autorité de santé des Émirats arabes unis la situe en complément de la rééducation du plancher pelvien.

Quel est le traitement de première intention de l’incontinence d’effort ?

Selon l’Assurance Maladie, il s’agit de la rééducation périnéo-sphinctérienne, pratiquée par un kinésithérapeute ou une sage-femme, avec des techniques manuelles et du biofeedback. La chirurgie n’intervient qu’en deuxième intention.

Comment se déroule une séance d’Emsella ?

La personne reste assise, habillée, sur la chaise ; les séances durent environ 28 minutes dans l’étude de 2024. L’évaluation du Department of Health des Émirats arabes unis décrit le dispositif comme non invasif et sûr ; le ressenti de la personne n’est pas documenté dans les sources consultées.

Quelles personnes ne peuvent pas bénéficier de la chaise ?

Les critères d’exclusion cités incluent la grossesse, les 3 premiers mois après l’accouchement, un stimulateur cardiaque, des implants métalliques ou un dispositif intra-utérin, un prolapsus avancé et un IMC de 37 kg/m² ou plus. Le praticien doit les vérifier avant la première séance.

Faut-il d’abord consulter avant d’envisager Emsella ?

Oui : le type d’incontinence conditionne le traitement, et certaines causes, comme une infection urinaire, se traitent autrement. Un bilan médical précède donc toute technique.

Emsella est-elle remboursée ?

Les sources consultées ne mentionnent aucune prise en charge : la chaise électromagnétique ne figure pas parmi les traitements décrits par l’Assurance Maladie. Pour une éventuelle prise en charge financière, il convient de poser la question à l’Assurance Maladie et à la complémentaire santé, après un bilan médical préalable.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — information générale, qui ne remplace pas un avis médical. Des fuites urinaires justifient une évaluation par un médecin, une sage-femme ou un kinésithérapeute ; en cas de sang dans les urines, de fièvre, de douleur vive ou d’impossibilité d’uriner, consultez rapidement un médecin (urgence : 15 ou 112).

Mis à jour le 3 octobre 2026

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