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Santé

Incontinence par urgenturie : causes, bilan et prise en charge

En bref

  • L’incontinence par urgenturie est une perte d’urine involontaire précédée d’un besoin soudain et impérieux d’uriner, difficile à différer.
  • Elle s’inscrit souvent dans une hyperactivité vésicale, qui associe urgenturies, envies fréquentes le jour et levers la nuit.
  • Selon l’Association française d’urologie, elle représente environ 10 % des incontinences, et l’incontinence mixte (effort et urgenturie) 50 %.
  • Selon l’AFU, elle ne guérit pas seule : un bilan médical, qui comprend un calendrier mictionnel de 2 à 3 jours, oriente vers un traitement adapté.

L’incontinence par urgenturie correspond à une fuite d’urine survenant juste après une envie d’uriner brutale et souvent irrépressible ; c’est un trouble fréquent avec l’âge, pour lequel des traitements existent. Cet article explique ce qui la distingue des autres fuites, ses causes, le déroulement du bilan et les grandes options de prise en charge.

Qu’est-ce que l’incontinence par urgenturie ?

C’est une perte involontaire d’urine associée à une urgenturie, que la Haute Autorité de santé (HAS) définit comme « un besoin soudain et impérieux d’uriner, difficile à différer ». On parle aussi d’incontinence par impériosité. La personne ressent l’envie, mais n’a pas le temps d’atteindre les toilettes.

La HAS la rattache à l’hyperactivité vésicale, un syndrome clinique fait d’urgenturies, avec ou sans fuites, souvent accompagnées de pollakiurie (envies d’uriner fréquentes dans la journée) et de nycturie (besoin de se lever la nuit pour uriner).

En quoi diffère-t-elle des autres incontinences ?

Ce qui la caractérise est l’envie pressante qui précède la fuite, alors que l’incontinence d’effort survient sans envie, lors d’une toux, d’un rire ou d’un effort. Les deux formes coexistent souvent.

TypeCirconstance de la fuitePart des incontinences (AFU)
Incontinence d’effortToux, rire, éternuement, sport, port de chargeEnviron 40 %
Incontinence par urgenturieEnvie soudaine et impérieuse, difficile à retenirEnviron 10 %
Incontinence mixteAssociation des deux mécanismesEnviron 50 %

Pour les fuites liées à l’effort et au plancher pelvien, voyez aussi notre article sur la prévention des fuites urinaires.

Qui est concerné et pourquoi ?

Selon l’Association française d’urologie (AFU), environ un tiers des personnes de plus de 75 ans présentent une hyperactivité vésicale, avec une prédominance féminine (1 homme pour 1,4 femme). L’AFU cite parmi les facteurs en cause le vieillissement de la vessie, la chute hormonale de la ménopause et, chez l’homme, les maladies de la prostate.

D’autres situations peuvent provoquer des urgenturies, comme une infection urinaire ou certaines maladies neurologiques : c’est pourquoi l’origine doit être recherchée par un médecin avant tout traitement. Notre article sur l’incontinence chez l’adulte détaille les autres causes de fuites.

Comment se déroule le bilan ?

Le bilan commence par un entretien et par un calendrier mictionnel, tenu pendant 3 jours selon l’AFU, ou 2 à 3 jours non obligatoirement consécutifs selon l’Assurance maladie (ameli.fr). Il s’agit de noter :

  1. le nombre de passages aux toilettes sur 24 heures et leurs horaires ;
  2. le volume d’urine émis ;
  3. le nombre de fuites et leurs circonstances ;
  4. les circonstances qui ont déclenché l’envie d’uriner.

Ce relevé aide le médecin à préciser le type d’incontinence. Il ne pose pas de diagnostic à lui seul, comme toute mesure faite à domicile : notre guide une mesure n’est pas un diagnostic l’explique. Selon ameli.fr, des examens complémentaires peuvent être demandés selon le contexte : bilan urodynamique, échographie, examen cytobactériologique des urines (ECBU), cystoscopie.

Quels traitements existent ?

Des traitements efficaces existent, et l’AFU rappelle qu’ils permettent de retrouver une vie sans restriction d’activités. Le choix dépend de la cause, de l’âge et de la gêne ; il revient au médecin, généraliste, gynécologue ou urologue, parfois avec un kinésithérapeute ou une sage-femme pour la rééducation.

La HAS a lancé fin 2025, à la demande de l’AFU et du Collège national des gynécologues et obstétriciens, l’élaboration de recommandations sur le traitement de l’hyperactivité vésicale et de l’incontinence par urgenturie non neurologique chez la femme adulte. Ces travaux visent à actualiser les pratiques et à produire des documents d’information pour les patientes. D’ici là, aucun traitement ne doit être pris sans avis médical, y compris les produits vendus librement pour la vessie.

Quand consulter ?

Consultez dès que les urgenturies ou les fuites gênent votre quotidien : selon l’AFU, l’incontinence ne guérit pas seule. Consultez rapidement en cas de brûlures, de sang dans les urines ou de fièvre, qui peuvent signaler une infection (voir notre article sur l’infection urinaire). Une impossibilité totale d’uriner avec douleur du bas-ventre est une urgence : appelez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Quelle différence entre urgenturie et hyperactivité vésicale ?

L’urgenturie est le symptôme : un besoin soudain et impérieux d’uriner. L’hyperactivité vésicale est le syndrome qui regroupe les urgenturies, avec ou sans fuites, souvent associées à des envies fréquentes et à des levers nocturnes.

L’incontinence par urgenturie touche-t-elle aussi les hommes ?

Oui. Selon l’AFU, l’hyperactivité vésicale concerne 1 homme pour 1,4 femme, et les maladies de la prostate font partie des causes chez l’homme.

À quoi sert le calendrier mictionnel ?

Tenu pendant 2 à 3 jours, il recense les passages aux toilettes, les volumes urinés, les fuites et les circonstances de l’envie d’uriner. Il aide le médecin à identifier le type d’incontinence.

Faut-il boire moins pour éviter les fuites ?

Mieux vaut ne pas modifier fortement ses apports en boissons sans en parler à son médecin, qui pourra adapter les conseils à la situation.

Le trouble peut-il disparaître sans traitement ?

L’AFU souligne que l’incontinence ne guérit pas seule. Une prise en charge adaptée à la cause permet en revanche de retrouver une vie sans restriction d’activités, selon l’AFU.

Quels traitements existent pour l’incontinence par urgenturie ?

Des traitements efficaces existent, selon l’AFU. Le choix dépend de la cause, de l’âge et de la gêne ; il revient au médecin, généraliste, gynécologue ou urologue, parfois avec un kinésithérapeute ou une sage-femme pour la rééducation. Aucun traitement ne doit être pris sans avis médical, y compris les produits vendus librement pour la vessie.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Cet article est une information générale et ne remplace pas un avis médical. En cas de fuites urinaires, de sang dans les urines ou de brûlures, consultez votre médecin ; en cas d’urgence (rétention complète, fièvre élevée avec frissons), appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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