- Le lichen plan gynécologique est une maladie inflammatoire chronique de la vulve, parfois du vagin, liée selon la Société française de dermatologie à une réaction excessive du système immunitaire contre les cellules de la peau ou des muqueuses.
- La cause exacte reste inconnue ; certains médicaments et les hépatites B et C sont associés au lichen plan, selon le Manuel MSD.
- Il n’est ni contagieux ni sexuellement transmissible.
- Le diagnostic repose sur l’examen, parfois complété par une biopsie ; le traitement de référence associe dermocorticoïdes et suivi régulier pour limiter les cicatrices.
Le lichen plan gynécologique (ou lichen plan vulvaire) naît d’un emballement du système immunitaire, qui attaque par erreur les cellules de la muqueuse génitale et entretient une inflammation chronique. Il n’est pas dû à un manque d’hygiène ni à une infection. Cette page explique ce que l’on sait de ses causes, comment l’inflammation évolue, les facteurs qui peuvent l’entretenir et l’intérêt d’un suivi médical.
Qu’est-ce que le lichen plan gynécologique ?
Il s’agit d’une affection inflammatoire chronique qui touche la vulve et provoque, selon la fiche patient de la Société française de dermatologie (SFD), des rougeurs, des zones fragiles ou érosives (où la muqueuse est à vif), des fissures, des douleurs, des brûlures ou des démangeaisons. Des douleurs pendant les rapports, appelées dyspareunie, sont possibles.
Le lichen plan ne se limite pas toujours à la sphère génitale. La SFD indique que d’autres zones peuvent être atteintes : la bouche (fréquemment), le vagin, la région anale ou la peau. Le Manuel MSD rapporte que jusqu’à 60 % des femmes atteintes de lichen plan buccal présentent une atteinte vulvaire non diagnostiquée. Dans la bouche, il prend souvent l’aspect de fines stries blanches en réseau, appelées stries de Wickham.
Il ne faut pas le confondre avec le lichen scléreux, une autre maladie vulvaire chronique, nettement plus fréquente selon La Revue du Praticien, qui se manifeste par des plaques blanches. Seul un examen médical permet de faire la différence.
Quelles sont les causes connues ?
La cause exacte du lichen plan n’est pas connue : il est considéré comme une maladie à composante auto-immune, c’est-à-dire que le système immunitaire réagit contre les propres tissus de l’organisme. Plusieurs éléments sont associés à son apparition :
| Facteur | Ce que l’on sait |
|---|---|
| Réaction immunitaire | Réaction excessive dirigée contre les cellules de la peau ou des muqueuses (SFD) |
| Médicaments | Une réaction immunitaire à certains médicaments est suspectée : bêtabloquants, anti-inflammatoires non stéroïdiens, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, sulfamides hypoglycémiants, antipaludéens, pénicillamine, diurétiques thiazidiques (Manuel MSD) |
| Infections virales | Une association avec les hépatites B et C est décrite ; un dépistage peut être proposé après le diagnostic (Manuel MSD) |
| Contagion, hygiène | Aucun rôle : la maladie n’est ni contagieuse ni sexuellement transmissible (SFD) |
Un traitement en cours ne doit jamais être arrêté sans avis médical, même s’il figure dans cette liste : seul le médecin peut juger d’un lien éventuel et proposer une alternative.
Comment l’inflammation évolue-t-elle ?
L’inflammation évolue par poussées et peut persister des années si elle n’est pas contrôlée. Le Manuel MSD précise que les formes cutanées disparaissent souvent en un à deux ans, alors que les formes buccales persistent généralement et que les formes vulvaires ou vaginales peuvent être chroniques et difficiles à traiter.
- Activation immunitaire : des globules blancs s’attaquent aux cellules de la muqueuse.
- Inflammation locale : rougeur, sensibilité, brûlures, puis érosions ou fissures.
- Cicatrisation anormale : sans traitement, la SFD décrit un risque de rétrécissement de l’entrée du vagin et de fusion partielle de certaines structures vulvaires.
Les frottements, les produits d’hygiène parfumés ou irritants et les vêtements serrés n’en sont pas la cause, mais ils peuvent aggraver l’irritation d’une muqueuse déjà fragile. C’est pourquoi la SFD conseille d’éviter les irritants et d’appliquer régulièrement des émollients, des produits qui protègent et hydratent la peau.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique par un médecin, gynécologue ou dermatologue. Selon la SFD, une biopsie (prélèvement d’un petit fragment de muqueuse), réalisée sous anesthésie locale, peut confirmer le diagnostic ou écarter une autre maladie. La Revue du Praticien souligne que le lichen plan érosif fait partie des situations où une biopsie est utile en cas de doute.
Le médecin recherche aussi d’autres localisations, notamment dans la bouche, et peut demander un dépistage des hépatites B et C. Interpréter seul l’aspect de ses lésions, ou un résultat isolé, expose à des erreurs : le guide pourquoi ne pas s’auto-diagnostiquer détaille ces pièges.
Quels traitements et quel suivi sont proposés ?
Le traitement de première intention repose sur les dermocorticoïdes, des crèmes ou pommades à base de corticoïdes qui contrôlent l’inflammation et limitent le risque de cicatrices. La SFD précise qu’un traitement d’entretien prolongé est souvent nécessaire et que d’autres traitements locaux ou généraux existent pour les formes sévères. La prescription, le choix du produit et la durée relèvent du médecin.
Le suivi est un élément central de la prise en charge. La SFD recommande une surveillance régulière, au moins annuelle, adaptée à la sévérité. Une revue publiée dans OBG Management (MDedge) fait état d’un risque accru de carcinome épidermoïde vulvaire, de l’ordre de 3 à 4 %, chez les patientes atteintes de lichen plan vulvaire, et insiste sur le suivi au long cours. Comme pour toute maladie chronique, organiser ce suivi aide à repérer tôt un changement : le guide sur le suivi des maladies chroniques en présente les principes généraux.
Le lichen plan partage avec d’autres maladies inflammatoires de la peau un fonctionnement par poussées ; l’article consacré à la peau atopique décrit un autre exemple de terrain inflammatoire chronique, aux mécanismes différents.
Quand consulter ?
Consultez un médecin, un gynécologue ou un dermatologue si des brûlures, des démangeaisons, des douleurs vulvaires ou pendant les rapports persistent, si des lésions rouges, blanches ou à vif apparaissent, ou si une plaie ne cicatrise pas. Une personne déjà suivie doit signaler toute lésion nouvelle, épaissie ou qui saigne. Le guide quand consulter rappelle les signes qui justifient un avis rapide. En cas de saignement abondant ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Le lichen plan gynécologique est-il contagieux ?
Non. La Société française de dermatologie précise qu’il n’est ni contagieux ni sexuellement transmissible. Le partenaire ne risque pas de le contracter.
Est-il lié à un manque d’hygiène ?
Non. Il s’agit d’une réaction du système immunitaire. Une toilette trop fréquente ou des produits parfumés peuvent en revanche irriter davantage la muqueuse.
Peut-on guérir du lichen plan vulvaire ?
Les formes génitales ont tendance à être chroniques, selon le Manuel MSD. Le traitement vise à contrôler l’inflammation, soulager les symptômes et prévenir les cicatrices, avec un suivi régulier.
Pourquoi une biopsie est-elle parfois demandée ?
Elle permet de confirmer le diagnostic et d’écarter une autre maladie de la vulve, comme le lichen scléreux. Elle se fait sous anesthésie locale.
Faut-il examiner aussi la bouche ?
Oui, car la bouche est fréquemment atteinte. Le médecin vérifie souvent la présence de lésions buccales lors de l’examen.
Quelles sont les causes du lichen plan gynécologique ?
La cause exacte n’est pas connue. Il s’agit d’une maladie à composante auto-immune : le système immunitaire réagit de façon excessive contre les cellules de la peau ou des muqueuses. Certains médicaments et les hépatites B et C sont associés au lichen plan, selon le Manuel MSD. Un traitement en cours ne doit jamais être arrêté sans avis médical.
Sources
- Société française de dermatologie : fiche patient « Lichen plan vulvaire » — définition, cause auto-immune, localisations, biopsie, dermocorticoïdes, complications, suivi annuel
- Manuel MSD : Lichen plan — médicaments associés, hépatites B et C, atteinte vulvaire, évolution
- MDedge (OBG Management) : Follow-up is key in vulvovaginal lichen planus — cicatrices, risque de carcinome, suivi au long cours
- La Revue du Praticien : Pathologie vulvaire, quand adresser au dermatologue ? — distinction avec le lichen scléreux, place de la biopsie
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

