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Santé

Pourquoi le zinc est-il essentiel au système immunitaire ?

En bref

  • Le zinc est essentiel au système immunitaire : il aide l’organisme à combattre bactéries et virus, et il intervient dans la fabrication des protéines et de l’ADN.
  • Le corps ne le stocke pas en réserve importante : il doit être apporté régulièrement par l’alimentation (huîtres, viandes, poissons, œufs, laitages, légumineuses, céréales complètes).
  • Selon l’Anses, les besoins d’un adulte augmentent avec la quantité de phytates de l’alimentation, présents dans les céréales et les légumineuses.
  • Un excès de zinc est aussi néfaste qu’un manque : il peut provoquer une carence en cuivre et, selon l’Inserm, affaiblir l’immunité.

Le zinc est essentiel au système immunitaire parce qu’il participe au fonctionnement de nombreuses cellules de défense et à l’activité de centaines d’enzymes. Ce minéral, présent en petite quantité dans l’organisme, intervient aussi dans la croissance, la cicatrisation et le goût. Un apport régulier par l’alimentation couvre les besoins de la plupart des adultes ; les compléments ne se justifient que dans des situations précises, à évaluer avec un professionnel de santé.

Quel est le rôle du zinc dans les défenses immunitaires ?

Le zinc aide le système immunitaire à combattre les bactéries et les virus qui pénètrent dans l’organisme, selon l’Office of Dietary Supplements (ODS) des National Institutes of Health américains. Il est nécessaire à l’activité catalytique de centaines d’enzymes et à la fabrication des protéines et de l’ADN, deux processus très sollicités lorsque les cellules immunitaires se multiplient.

Une expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) rappelle que le système immunitaire en activité est « fort consommateur » de protéines, de vitamines et d’oligo-éléments, c’est-à-dire de minéraux nécessaires en très petite quantité. Lors d’une inflammation, la concentration de zinc dans le sang diminue, car l’organisme le capte vers d’autres tissus. Cette même expertise souligne que « l’excès de zinc est immunosuppresseur » : davantage n’est pas synonyme de meilleures défenses.

Quelles sont les autres fonctions du zinc ?

Au-delà de l’immunité, le zinc est indispensable à la croissance pendant la grossesse et l’enfance, à la cicatrisation des plaies et au maintien du goût et de l’odorat, selon l’ODS. Le corps adulte en contient environ 1,5 g chez la femme et 2,5 g chez l’homme. Il ne dispose pas de réserve mobilisable importante : l’équilibre repose sur l’absorption intestinale et l’élimination digestive, d’où la nécessité d’apports réguliers.

Le zinc fait partie des nutriments dont les effets sont souvent mis en avant pour les cheveux et la peau. Une perte de cheveux peut accompagner une carence, mais elle a de nombreuses autres causes, détaillées dans l’article sur les causes de la chute de cheveux.

Combien de zinc faut-il et où le trouver ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) fixe des références nutritionnelles qui varient selon la quantité de phytates consommée. Les phytates sont des composés des céréales et des légumineuses qui réduisent l’absorption du zinc. La référence nutritionnelle pour la population (RNP) correspond à l’apport qui couvre les besoins de la quasi-totalité des adultes en bonne santé.

Apport en phytates (mg/j)RNP zinc, homme adulte (mg/j)RNP zinc, femme adulte (mg/j)
3009,47,5
60011,79,3
90014,011,0

Source : Anses, valeurs de référence pour les adultes de 18 ans et plus.

Les huîtres sont de loin l’aliment le plus riche en zinc. Les viandes, les volailles, les poissons et fruits de mer, les œufs et les produits laitiers en apportent aussi, de même que les haricots secs, les noix et les céréales complètes. Selon l’ODS, le zinc d’origine animale est mieux absorbé que celui des végétaux, dont l’absorption est freinée par les phytates.

Qui risque de manquer de zinc et comment le repérer ?

Selon l’ODS, les personnes les plus exposées à un apport insuffisant sont :

  1. les personnes végétariennes, en raison des phytates des légumineuses et des céréales ;
  2. les personnes atteintes de troubles digestifs ou opérées du tube digestif ;
  3. les femmes enceintes ou qui allaitent ;
  4. les nourrissons plus âgés nourris exclusivement au sein ;
  5. les personnes ayant un trouble de l’usage de l’alcool.

Les signes possibles d’une carence sont peu spécifiques : diarrhée, retard de croissance chez l’enfant, perte d’appétit, chute de cheveux, infections fréquentes, troubles du goût ou de l’odorat. Chez les personnes âgées, elle peut retarder la cicatrisation. Le dosage sanguin est un indicateur imparfait : l’ODS précise que la concentration de zinc sérique ne reflète pas toujours les apports et varie avec les infections ou les hormones. Pour comprendre ce que les chiffres d’un bilan peuvent dire ou non, le guide sur les grands indicateurs de santé chiffrés donne des repères, et le guide expliquant à quoi servent les mesures de santé rappelle leurs limites. Un autre minéral fait l’objet d’interrogations comparables, présentées dans l’article sur la carence en magnésium.

Les compléments de zinc sont-ils utiles contre les infections ?

Les données restent limitées. Selon l’ODS, les pastilles de zinc pourraient réduire la durée, mais pas la sévérité, des symptômes du rhume lorsqu’elles sont prises dès leur apparition ; elles provoquent fréquemment des troubles du goût et des nausées. Les produits de zinc à appliquer dans le nez exposent à un risque de perte de l’odorat (anosmie).

Un apport excessif sur la durée peut entraîner une carence en cuivre et des troubles neurologiques. En France, l’Anses retient une limite supérieure de sécurité de 25 mg par jour chez l’adulte ; aux États-Unis, l’ODS fixe cette limite à 40 mg par jour, toutes sources confondues. Le zinc peut aussi interagir avec certains médicaments : antibiotiques, pénicillamine, diurétiques thiazidiques. Avant toute supplémentation, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien, surtout si vous suivez un traitement.

Quand consulter ? Des infections à répétition, une cicatrisation anormalement lente, une perte de goût ou d’odorat ou une perte de poids inexpliquée justifient une consultation : ces signes ont de nombreuses causes possibles, que seul un médecin peut explorer. Une forte fièvre avec altération de l’état général ou une gêne respiratoire relève du 15 ou du 112.

Questions fréquentes

Le zinc renforce-t-il l’immunité ?

Le zinc est nécessaire au fonctionnement normal du système immunitaire, mais un apport supérieur aux besoins n’apporte pas de défenses supplémentaires. Selon l’Inserm, l’excès de zinc peut même affaiblir l’immunité.

Quels aliments sont les plus riches en zinc ?

Les huîtres arrivent en tête, suivies des viandes, des volailles, des fruits de mer, des œufs et des produits laitiers. Les légumineuses, les noix et les céréales complètes en contiennent aussi, mais il y est moins bien absorbé.

Quels sont les besoins en zinc d’un adulte ?

Selon l’Anses, la référence nutritionnelle va de 7,5 à 11 mg par jour pour une femme et de 9,4 à 14 mg par jour pour un homme. Elle augmente avec la quantité de phytates de l’alimentation.

Une prise de sang permet-elle de dépister un manque de zinc ?

Le dosage sérique existe, mais il reflète mal les apports et varie avec les infections. Le médecin l’interprète avec l’alimentation et les signes cliniques, en s’appuyant sur l’intervalle de référence indiqué sur votre compte rendu.

Peut-on prendre trop de zinc ?

Oui. Un excès prolongé peut provoquer une carence en cuivre et des troubles neurologiques ; l’Anses retient une limite supérieure de sécurité de 25 mg par jour chez l’adulte, plus basse que celle de l’ODS américain (40 mg par jour, toutes sources confondues).

Quels sont les signes d’une carence en zinc ?

Les signes possibles d’une carence sont peu spécifiques : diarrhée, retard de croissance chez l’enfant, perte d’appétit, chute de cheveux, infections fréquentes, troubles du goût ou de l’odorat. Ces signes ont de nombreuses causes possibles, que seul un médecin peut explorer ; des infections à répétition ou une perte de goût ou d’odorat justifient une consultation.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Cet article donne une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un diététicien. En cas d’infections répétées, de résultats d’analyse anormaux ou de symptômes qui persistent, consultez votre médecin ; en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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