- La vitamine K2 active des protéines qui participent à la fixation du calcium, dont la protéine Gla matricielle (MGP), qui pourrait limiter les calcifications anormales ; un effet préventif sur la calcification des artères n’est pas démontré par les essais.
- Selon les NIH, des études d’observation associent un apport plus élevé en vitamine K2 à moins de calcifications coronaires, sans preuve de cause à effet.
- L’Anses ne fixe pas de référence nutritionnelle propre à la vitamine K2, faute de données suffisantes sur sa teneur dans les aliments.
- Sous anticoagulant antivitamine K (AVK), l’apport en vitamine K doit rester régulier : tout complément se discute avec le médecin.
Le lien entre la vitamine K2 et la calcification artérielle repose sur un mécanisme bien décrit : la vitamine K est nécessaire à l’activation de protéines qui régulent le dépôt de calcium, dans les os comme dans la paroi des vaisseaux. Les études chez l’humain restent pourtant peu concluantes, et la vitamine K interfère avec certains anticoagulants. Voici ce qui est établi et ce qui ne l’est pas.
Qu’est-ce que la vitamine K2 et en quoi diffère-t-elle de la K1 ?
La vitamine K2 désigne une famille de molécules, les ménaquinones, alors que la vitamine K1 (phylloquinone) provient surtout des légumes à feuilles vertes. Selon les National Institutes of Health (NIH) américains, les ménaquinones vont de MK-4 à MK-13 selon la longueur de leur chaîne ; MK-4, MK-7 et MK-9 sont les plus étudiées. Les bactéries de l’intestin en produisent aussi une quantité notable.
| Forme | Nom chimique | Principales sources (selon les NIH) |
|---|---|---|
| Vitamine K1 | Phylloquinone | Légumes à feuilles vertes |
| Vitamine K2 | Ménaquinones (MK-4 à MK-13) | Natto (soja fermenté), fromages et autres aliments fermentés, viande, produits laitiers, œufs ; production par le microbiote intestinal |
Le natto, un plat japonais de soja fermenté, est de loin la source la plus riche : environ 850 µg de MK-7 pour une portion de 85 g, selon les NIH.
Comment la vitamine K agit-elle sur le calcium dans les artères ?
La vitamine K sert de coenzyme à la gamma-carboxylation, une réaction chimique qui rend fonctionnelles plusieurs protéines capables de fixer le calcium. Selon les NIH, cela concerne l’ostéocalcine, une protéine majeure de l’os, et la protéine Gla matricielle (MGP, pour matrix Gla-protein), présente dans le muscle lisse des vaisseaux et dans l’os, qui pourrait contribuer à limiter les calcifications anormales.
La calcification artérielle correspond à des dépôts de calcium dans la paroi des artères, qui peuvent la rigidifier. Le rôle de la MGP explique l’hypothèse selon laquelle un bon statut en vitamine K freinerait ces dépôts. Rien n’indique en revanche qu’elle dissout des calcifications déjà installées.
Les compléments de vitamine K2 réduisent-ils la calcification des artères ?
Les preuves actuelles ne permettent pas de l’affirmer. Selon les NIH :
- des études d’observation associent un apport alimentaire plus élevé en ménaquinones à un risque plus faible de calcification coronaire, mais ce type d’étude ne prouve pas que la vitamine en soit la cause ;
- dans un essai de supplémentation en vitamine K1, la calcification des artères coronaires n’a pas différé de façon significative entre le groupe traité et le groupe témoin ; seuls les participants les plus assidus ont montré une progression moindre.
La vitamine K2 n’est donc pas un traitement de la calcification artérielle. La prévention passe par le suivi des facteurs de risque cardiovasculaire, présentés dans le guide suivre quelques indicateurs clés de prévention, avec des repères de santé qui évoluent selon l’âge.
Quels sont les besoins en vitamine K ?
Les besoins sont couverts par l’alimentation chez la plupart des adultes. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) retient un apport satisfaisant de 79 µg par jour de vitamine K1 pour les hommes et les femmes adultes. Elle ne fixe pas de valeur pour la vitamine K2, car on connaît mal les types et les teneurs en ménaquinones des aliments. Aux États-Unis, les NIH indiquent un apport adéquat de 120 µg par jour chez l’homme et 90 µg chez la femme, toutes formes confondues, et aucune limite supérieure n’a été fixée en raison d’une faible toxicité.
Le lien avec d’autres minéraux revient souvent dans ce débat ; notre article sur le magnésium et la santé des artères fait le point sur un autre nutriment discuté.
Peut-on prendre de la vitamine K2 sous anticoagulant ?
Pas sans avis médical, et surtout pas sous antivitamine K. Les AVK (comme la warfarine) agissent en bloquant l’action de la vitamine K sur la coagulation. Selon les NIH, les personnes traitées doivent garder un apport en vitamine K stable, car une variation brutale, alimentaire ou par complément, peut augmenter ou diminuer l’effet du médicament.
Le document questions-réponses de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur les AVK précise qu’il ne faut pas changer de régime alimentaire, mais consommer sans excès et de façon régulière les aliments riches en vitamine K comme le brocoli, les épinards, la laitue ou les choux. Il met en garde contre toute automédication et rappelle que l’effet du traitement se surveille par l’INR (International Normalized Ratio), un examen sanguin de la coagulation dont la cible se situe en général entre 2 et 3. L’ANSM indique aussi que les AVK sont au premier rang des accidents médicamenteux à l’origine d’hospitalisations en France.
Pour une vue plus générale du sujet, voir aussi la vitamine K2 et la santé des artères.
Quand consulter ?
Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant tout complément de vitamine K2, en particulier sous anticoagulant, et signalez tout changement important de votre alimentation si vous êtes sous AVK. Un saignement inhabituel (gencives, urines, selles noires) ou une ecchymose étendue sous anticoagulant justifie un avis rapide ; un saignement abondant, une douleur thoracique ou des signes d’accident vasculaire cérébral imposent d’appeler le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
La vitamine K2 peut-elle éliminer le calcium des artères ?
Aucune donnée ne le montre. Elle active la protéine MGP, qui pourrait limiter de nouvelles calcifications, mais les essais n’ont pas démontré d’effet net sur la calcification coronaire.
Où trouve-t-on de la vitamine K2 ?
Selon les NIH, dans le natto, les fromages et d’autres aliments fermentés, et en moindre quantité dans la viande, les produits laitiers et les œufs. Le microbiote intestinal en produit aussi.
Faut-il associer vitamine K2 et vitamine D ?
Aucune recommandation officielle ne conseille cette association pour protéger les artères. La décision de prendre l’une ou l’autre en complément relève du médecin.
Les personnes sous AVK doivent-elles éviter les légumes verts ?
Non. Selon l’ANSM, il faut les consommer sans excès et de façon régulière, sans modifier brutalement son alimentation, afin que l’INR reste stable.
Existe-t-il un apport recommandé en vitamine K2 ?
L’Anses n’en fixe pas, faute de données suffisantes sur les ménaquinones des aliments. Sa référence porte sur la vitamine K1 : 79 µg par jour chez l’adulte.
Qu’est-ce que la calcification artérielle ?
La calcification artérielle correspond à des dépôts de calcium dans la paroi des artères, qui peuvent la rigidifier. La vitamine K active des protéines capables de fixer le calcium, dont la MGP, qui pourrait limiter les calcifications anormales. La vitamine K2 n’est toutefois pas un traitement de la calcification artérielle.
Sources
- NIH Office of Dietary Supplements : Vitamin K – Health Professional Fact Sheet — formes K1 et K2, sources, MGP, données sur la calcification coronaire, interaction avec la warfarine
- Anses : Dietary reference values for vitamins and minerals — apport satisfaisant en vitamine K1, absence de référence pour la K2
- ANSM : questions-réponses sur les traitements par antivitamines K — alimentation riche en vitamine K, automédication, INR
- ANSM : Les anti-vitamine K (AVK) — place des AVK dans les accidents médicamenteux et suivi de l’INR
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

