- Une greffe de cheveux se fait auprès d’un médecin, dans un cadre médical : le Conseil national de l’Ordre des médecins classe la greffe de cheveux parmi les actes médicaux à visée esthétique, qui doivent selon lui rester réservés aux médecins.
- Avant le lieu, c’est le diagnostic qui compte : la chute n’est pas toujours une alopécie androgénétique, et la greffe s’envisage surtout sur une alopécie stabilisée.
- Pour la chirurgie esthétique, le Code de la santé publique impose en France un devis détaillé et un délai de réflexion de 15 jours.
- Les interventions à l’étranger, très médiatisées, exigent la même validation médicale préalable et un suivi possible après le retour.
Pour savoir où faire sa greffe de cheveux, le critère décisif n’est pas la ville ou le pays, mais la présence d’un médecin qui pose le diagnostic, réalise l’intervention dans un cadre médical et assure le suivi. La greffe de cheveux, ou greffe capillaire, consiste à prélever des follicules pileux, c’est-à-dire les petites structures d’où pousse chaque cheveu, sur une zone donneuse pour les réimplanter dans les zones dégarnies.
Qui peut réaliser une greffe de cheveux ?
Une greffe de cheveux doit être réalisée par un médecin. Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) cite la greffe de cheveux parmi les actes médicaux à visée esthétique, avec le laser et les injections de produits de comblement, et s’inquiète de ce que ces actes soient parfois pratiqués par des professionnels sans formation, voire par des non-professionnels de santé. L’Ordre demande qu’ils soient réservés aux médecins.
Le premier rôle du médecin est diagnostique. Le Dr Pierre Bouhanna, chirurgien interrogé par Allodocteurs, insiste sur le fait que le chirurgien doit établir cliniquement la cause de la chute, qui n’est pas forcément une alopécie androgénétique. Les autres causes possibles sont présentées dans notre article comment corriger durablement une alopécie.
Dans quels cas la greffe est-elle envisagée ?
La greffe s’envisage surtout pour une alopécie androgénétique stabilisée, avec une zone donneuse suffisante. L’alopécie androgénétique, la forme la plus courante de calvitie, résulte d’une prédisposition génétique associée à l’action des hormones masculines (androgènes). Le site Dermato-Info, édité par la Société française de dermatologie, indique que la greffe est proposée en général après 30 ans, sur une chute stabilisée, et qu’elle doit idéalement s’accompagner d’un traitement médical destiné à freiner la progression : sans ce traitement, le résultat esthétique peut se dégrader avec le temps.
La zone donneuse se situe à l’arrière du crâne, une région en général peu sensible aux hormones responsables de la chute, d’après Dermato-Info. Les cheveux greffés gardent leur cycle naturel de chute et de repousse. Les situations où l’intervention est déconseillée sont détaillées dans notre article greffe de cheveux : les contre-indications à connaître.
Quelles techniques et quels risques ?
Selon Allodocteurs, les deux techniques les plus répandues sont la FUT (Follicular Unit Transplantation) et la FUE (Follicular Unit Extraction) ; dans les deux cas, des greffons sont prélevés à l’arrière du crâne puis réimplantés dans les zones clairsemées. La Société française de dermatologie précise que la chirurgie capillaire repose le plus souvent sur des microgreffes. Le fonctionnement détaillé de l’intervention est décrit dans qu’est-ce qu’une greffe de cheveux.
Les suites courantes rapportées par le Dr Bouhanna sont une folliculite (inflammation des follicules) et des démangeaisons pendant la repousse. Des complications plus sérieuses sont possibles : un prélèvement excessif sur la zone donneuse peut y empêcher définitivement la repousse, et des infections chroniques peuvent nécessiter des antibiotiques.
France ou étranger : que vérifier avant de choisir ?
Quel que soit le pays, il faut vérifier la qualification médicale de l’opérateur, la validation préopératoire et la possibilité d’un suivi. Allodocteurs relève que la Turquie est devenue, dans le langage courant, synonyme de greffe de cheveux sous l’effet des réseaux sociaux, et rappelle que la validation médicale avant l’intervention reste impérative. Le suivi à long terme est essentiel, car la chute évolue avec le temps.
En France, la chirurgie esthétique est encadrée par le Code de la santé publique. Selon la fiche technique des Affaires juridiques de l’AP-HP, les installations de chirurgie esthétique doivent être autorisées (autorisation de cinq ans renouvelable) ; le praticien doit informer le patient des conditions de l’intervention, des risques et des complications possibles et remettre un devis détaillé (article L.6322-2) ; un délai de 15 jours doit séparer la remise du devis et l’intervention, sans dérogation même à la demande du patient (article D.6322-30), et aucune somme autre que les honoraires de consultation ne peut être exigée pendant ce délai. Toute publicité directe ou indirecte est interdite. Demandez au praticien quel cadre s’applique à l’intervention proposée.
| Point à vérifier | Pourquoi | Repère |
|---|---|---|
| Qualification de l’opérateur | Acte médical à visée esthétique | Médecin, selon le CNOM |
| Diagnostic de la chute | Toutes les chutes ne relèvent pas d’une greffe | Examen clinique préalable |
| Stabilité de l’alopécie | Le résultat peut se dégrader si la chute progresse | En général après 30 ans, selon Dermato-Info |
| Information et devis écrits | Connaître risques, conditions et coût | Devis détaillé (L.6322-2) |
| Délai de réflexion | Décider sans pression | 15 jours (D.6322-30) |
| Suivi après l’intervention | Gérer les complications et l’évolution de la chute | Interlocuteur joignable après le retour |
Une offre qui exige un paiement immédiat, promet un résultat garanti ou ne prévoit aucun contact avec le médecin avant l’intervention ne répond pas à ces repères. Pour préparer le premier rendez-vous, notre article la greffe de cheveux : ce qu’il faut savoir rassemble les questions fréquentes.
Quand consulter : une chute de cheveux rapide, en plaques, chez une femme ou associée à d’autres symptômes mérite d’abord un avis du médecin traitant ou d’un dermatologue, avant toute démarche de greffe. Après une greffe, une rougeur qui s’étend, un écoulement, de la fièvre ou une douleur croissante doivent faire contacter le praticien ; en cas de malaise ou de signe grave, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Où faire une greffe de cheveux en France ?
Auprès d’un médecin qui réalise lui-même le diagnostic et l’intervention, dans un cadre médical. Le Conseil national de l’Ordre des médecins range la greffe de cheveux parmi les actes médicaux à visée esthétique et demande qu’ils soient réservés aux médecins.
Faire sa greffe de cheveux à l’étranger est-il risqué ?
Le risque dépend surtout de la qualification de l’opérateur et du suivi. Allodocteurs rappelle qu’une validation médicale avant l’intervention reste impérative, y compris dans les destinations popularisées par les réseaux sociaux.
À partir de quel âge peut-on envisager une greffe ?
Selon Dermato-Info, la greffe est proposée en général après 30 ans, lorsque l’alopécie est stabilisée. Une chute encore évolutive expose à un résultat qui se dégrade si le traitement médical n’est pas poursuivi.
Quelles sont les techniques de greffe de cheveux ?
Les deux techniques les plus répandues sont la FUT et la FUE, selon Allodocteurs. Dans les deux cas, des greffons sont prélevés à l’arrière du crâne et réimplantés dans les zones dégarnies. Le choix de la technique se discute avec le médecin.
La greffe arrête-t-elle la chute de cheveux ?
Non : Dermato-Info précise que la greffe ne stoppe pas la progression de l’alopécie androgénétique. Elle doit idéalement être associée à un traitement médical, sans quoi le résultat peut se dégrader avec le temps.
Quels sont les risques d’une greffe de cheveux ?
Les suites courantes rapportées sont une folliculite (inflammation des follicules) et des démangeaisons pendant la repousse. Des complications plus sérieuses sont possibles : un prélèvement excessif sur la zone donneuse peut y empêcher définitivement la repousse, et des infections chroniques peuvent nécessiter des antibiotiques. Une rougeur qui s’étend, de la fièvre ou une douleur croissante doivent faire contacter le praticien.
Sources
- Conseil national de l’Ordre des médecins : Actes médicaux à visée esthétique — greffe de cheveux comme acte médical à visée esthétique, demande de réserve aux médecins
- AP-HP Affaires juridiques : Chirurgie esthétique, fiche technique — autorisation des installations, devis, délai de 15 jours, interdiction de publicité
- Dermato-Info : Tout savoir sur l’alopécie androgénétique — indications de la greffe, âge, zone donneuse, traitement associé
- Allodocteurs : Implants capillaires, quels sont les risques d’une greffe de cheveux ? — techniques FUT et FUE, complications, interventions à l’étranger
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

