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Santé

Comment utiliser les plantes pour sa santé sans risque ?

En bref

  • Utiliser les plantes pour sa santé suppose de connaître leur forme, leur statut (médicament ou complément alimentaire) et leurs risques, et d’en parler à un professionnel si vous suivez un traitement.
  • Les plantes ne sont pas anodines : l’Anses signale des effets indésirables parfois graves, comme des allergies sévères ou des atteintes du foie potentiellement mortelles.
  • Certaines plantes interagissent avec des médicaments ; l’Anses a analysé ces risques pour 118 plantes utilisées dans les compléments alimentaires.
  • Femmes enceintes et enfants font partie des publics les plus exposés aux risques.
  • Une plante ne remplace pas un diagnostic ni un traitement en cas de symptôme persistant.

Pour utiliser les plantes au service de sa santé sans risque inutile, il faut choisir une forme adaptée, vérifier les précautions propres à chaque plante et signaler sa consommation à son médecin ou à son pharmacien. Infusions, gélules, extraits ou huiles essentielles n’ont ni la même concentration ni le même encadrement. Ce guide fait le point sur les formes disponibles, les risques identifiés par les autorités sanitaires et les réflexes de prudence.

Sous quelles formes utilise-t-on les plantes ?

Les plantes se consomment sous des formes très différentes, dont la concentration en substances actives varie fortement.

FormeDescriptionPoint de vigilance
Infusion, décoction, tisanePlante séchée dans l’eau chaude ou bouillieForme la plus diluée, mais pas sans effet pour toutes les plantes
Gélules, comprimés, poudresPlante broyée ou extrait concentréDose et qualité variables d’un produit à l’autre
Extraits liquides, teinturesSubstances extraites par un solvant (eau, alcool)Concentration élevée, présence d’alcool possible
Huiles essentiellesComposés aromatiques très concentrésForme la plus puissante ; usage encadré par un professionnel

Pour les usages les plus courants, nous détaillons ce que l’on sait des tisanes naturelles et de l’aromathérapie dans des articles dédiés.

Médicament à base de plantes ou complément alimentaire : quelle différence ?

Une même plante peut être vendue sous des statuts différents, qui n’offrent pas les mêmes garanties d’information. Les médicaments à base de plantes sont accompagnés d’une notice. Les compléments alimentaires à base de plantes, en revanche, n’ont pas de notice obligatoire, comme le souligne l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) : les consommateurs reçoivent rarement des conseils et peuvent utiliser des produits qui ne leur conviennent pas.

L’Anses recommande donc aux fabricants d’indiquer clairement sur l’emballage les restrictions d’usage. Lire l’étiquette, repérer les mises en garde et conserver l’emballage sont des réflexes utiles, au même titre que pour tout produit de santé.

Quels sont les risques des plantes ?

Les plantes peuvent provoquer des effets indésirables, parfois graves. Selon l’Anses, les compléments alimentaires à base de plantes peuvent entraîner des allergies sévères ou des atteintes du foie potentiellement mortelles. Certaines plantes présentent un risque selon le type d’extrait ou la sensibilité de certaines personnes, en particulier les femmes enceintes et les enfants.

L’exemple du curcuma

En 2022, l’Anses a fait état de plus de 100 signalements d’effets indésirables reçus par son dispositif de nutrivigilance (système de déclaration des effets indésirables liés aux compléments alimentaires) pour des compléments à base de curcuma, dont 15 cas d’hépatite. L’agence déconseille ces produits aux personnes atteintes de maladies des voies biliaires et à celles qui prennent des anticoagulants, des anticancéreux ou des immunosuppresseurs sans avis médical. Elle rappelle que les compléments alimentaires ne sont pas des produits anodins.

Les interactions avec les médicaments

Une plante peut modifier l’effet d’un médicament, en le renforçant ou en le diminuant. L’Anses a publié en 2023 une base de données en français portant sur 118 plantes utilisées dans les compléments alimentaires, construite à partir des données de l’Agence européenne du médicament (EMA), qui recense notamment les interactions médicamenteuses et les précautions pendant la grossesse et chez l’enfant, comme le rapporte le Vidal.

Comment utiliser les plantes avec prudence ?

Quelques réflexes limitent les risques liés aux plantes :

  1. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous prenez un traitement au long cours ; l’Anses et le Vidal encouragent les professionnels à interroger systématiquement leurs patients sur ce point.
  2. Respectez la dose et la durée indiquées sur l’emballage ou la notice, sans les dépasser.
  3. Évitez de cumuler plusieurs produits contenant la même plante ou des plantes aux effets proches.
  4. Soyez particulièrement prudent pendant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant.
  5. Arrêtez et signalez tout effet inhabituel (démangeaisons, jaunisse, troubles digestifs, fatigue) à un professionnel de santé.

Un produit présenté comme « naturel » n’est pas forcément sans danger, et, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), la présentation d’un complément alimentaire ne doit pas lui attribuer la propriété de prévenir, traiter ou guérir une maladie. Les plantes ne remplacent pas non plus un suivi médical : notre guide rappelle pourquoi les mesures de santé ne remplacent pas un médecin, et notre article sur la sauge et ses contre-indications illustre les précautions propres à une plante.

Comment savoir si une plante vous fait du bien ?

L’effet ressenti d’une plante reste subjectif et ne suffit pas à juger de son intérêt. Si vous utilisez une plante en lien avec un paramètre mesurable (sommeil, tension, poids), suivez-le dans de bonnes conditions et discutez des résultats avec votre médecin plutôt que de modifier seul un traitement. Notre guide bien utiliser la mesure de santé explique comment interpréter ces données sans surinterprétation.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin si un symptôme persiste ou s’aggrave malgré l’usage d’une plante, avant toute utilisation si vous êtes enceinte, allaitez, prenez un traitement ou souhaitez donner un produit à un enfant, et dès l’apparition d’un effet indésirable, notamment une coloration jaune de la peau ou des yeux. En cas de réaction allergique grave ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Les plantes sont-elles sans danger puisqu’elles sont naturelles ?

Non. L’Anses signale que les compléments alimentaires à base de plantes peuvent provoquer des effets indésirables parfois graves, dont des allergies sévères et des atteintes du foie. Leur origine naturelle ne garantit pas leur innocuité.

Peut-on prendre des plantes avec un traitement médicamenteux ?

Pas sans avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Certaines plantes interagissent avec des médicaments, comme les anticoagulants ou les immunosuppresseurs dans le cas du curcuma selon l’Anses.

Une tisane est-elle moins risquée qu’une gélule ?

L’infusion est en général moins concentrée qu’un extrait en gélule. Elle n’est pas pour autant dénuée d’effet, et les précautions propres à chaque plante s’appliquent.

Comment signaler un effet indésirable ?

Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Pour les compléments alimentaires, l’Anses dispose d’un dispositif de nutrivigilance qui recueille ces signalements.

Les plantes conviennent-elles pendant la grossesse ?

Les femmes enceintes font partie des publics les plus sensibles selon l’Anses. Aucune plante ne doit être utilisée pendant la grossesse sans avis médical.

Quelle différence entre un médicament à base de plantes et un complément alimentaire ?

Les médicaments à base de plantes sont accompagnés d’une notice, alors que les compléments alimentaires à base de plantes n’en ont pas d’obligatoire, souligne l’Anses. Leurs consommateurs reçoivent rarement des conseils. Lisez l’étiquette, repérez les mises en garde et conservez l’emballage, comme pour tout produit de santé.

Sources

Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

Information — Ce texte donne une information générale sur l’usage des plantes ; il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Si vous prenez un traitement, êtes enceinte ou présentez un symptôme qui persiste, demandez conseil avant d’utiliser une plante ; en cas de réaction grave (gonflement du visage, gêne respiratoire, malaise), appelez le 15 ou le 112.

Mis à jour le 3 octobre 2026

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