- L’insuffisance respiratoire est l’incapacité de l’appareil respiratoire à assurer sa fonction : le sang contient trop peu d’oxygène et, souvent, trop de dioxyde de carbone.
- Elle peut être aiguë (urgence nécessitant une hospitalisation) ou chronique, installée dans la durée.
- La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), liée au tabac dans plus de 80 % des cas selon l’Inserm, en est une cause bien documentée.
- Le traitement associe la prise en charge de la cause, l’arrêt du tabac, la réhabilitation respiratoire et, dans les formes sévères, l’oxygénothérapie au moins 15 heures par jour, parfois une ventilation.
L’insuffisance respiratoire est une situation dans laquelle l’appareil respiratoire ne parvient plus à apporter assez d’oxygène au sang ou à éliminer suffisamment de dioxyde de carbone. Ce n’est pas une maladie unique mais la conséquence de diverses atteintes, dont la BPCO. Son traitement dépend de la cause, de la rapidité d’installation et de la gravité ; il est toujours décidé et suivi par une équipe médicale.
Qu’est-ce que l’insuffisance respiratoire ?
Selon l’Assurance Maladie, on parle d’insuffisance respiratoire lorsque l’appareil respiratoire devient incapable d’assurer sa fonction. Deux anomalies peuvent se combiner : l’hypoxémie, c’est-à-dire un taux d’oxygène trop bas dans le sang, et l’hypercapnie, un excès de dioxyde de carbone (CO2), le gaz que l’organisme doit rejeter à l’expiration.
On distingue deux situations :
- L’insuffisance respiratoire aiguë apparaît rapidement, par exemple lors d’une aggravation brutale d’une maladie respiratoire. L’Assurance Maladie indique qu’une exacerbation sévère de BPCO entraînant une insuffisance respiratoire aiguë rend l’hospitalisation indispensable.
- L’insuffisance respiratoire chronique s’installe progressivement. Selon l’Assurance Maladie, elle peut retentir sur le cœur et conduire à une insuffisance cardiaque.
Quelles en sont les causes ?
La BPCO, maladie inflammatoire chronique des bronches qui réduit le passage de l’air, est une cause majeure d’insuffisance respiratoire chronique. L’Inserm décrit l’insuffisance respiratoire chronique comme une complication des formes sévères de BPCO. Selon l’Inserm, le tabagisme est responsable de plus de 80 % des cas de BPCO ; la pollution intérieure et extérieure, certaines expositions professionnelles (silice, poussières) et une composante génétique interviennent aussi.
L’Inserm estime à 3,5 millions le nombre de personnes atteintes de BPCO en France (estimation de 2010) et à environ 150 000 celles qui, au stade sévère, bénéficient d’une oxygénothérapie de longue durée (données de 2015). Les épisodes d’aggravation, appelés exacerbations, peuvent être déclenchés selon l’Assurance Maladie par une infection virale ou bactérienne, un pic de pollution ou un traitement mal suivi.
Comment est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic repose sur la mesure des gaz du sang. Selon l’Assurance Maladie, cet examen consiste en un prélèvement de sang dans une artère : il montre une baisse de l’oxygène et, souvent, une hausse du dioxyde de carbone. La spirométrie, examen au cours duquel on souffle le plus fort et le plus longtemps possible dans un tube, est décrite par l’Assurance Maladie comme la méthode la plus fiable pour détecter la BPCO.
L’oxymètre de pouls, petite pince posée au doigt, estime la saturation en oxygène sans prise de sang ; il ne mesure pas le CO2. Le guide sur la saturation en oxygène et l’oxymètre explique ses usages et ses limites.
Comment traite-t-on l’insuffisance respiratoire ?
Le traitement vise à la fois la cause et le manque d’oxygène. Dans le cas de la BPCO, l’Assurance Maladie et l’Inserm décrivent plusieurs mesures complémentaires.
| Mesure | Objectif | Repère cité par la source |
|---|---|---|
| Arrêt du tabac | Ralentir l’évolution de la BPCO | Seule mesure susceptible de ralentir la maladie, à tous les stades (Assurance Maladie) |
| Réhabilitation respiratoire | Réentraîner à l’effort, réduire l’essoufflement | Exercices encadrés par des kinésithérapeutes (Assurance Maladie) |
| Vaccinations | Prévenir les infections qui déclenchent les aggravations | Grippe chaque année, pneumocoque, Covid-19, VRS à partir de 65 ans (Assurance Maladie) |
| Oxygénothérapie de longue durée | Corriger le manque d’oxygène dans les formes sévères | Au moins 15 heures par jour pour améliorer la survie (Inserm) |
| Ventilation non invasive ou invasive | Aider les muscles respiratoires dans les formes graves | Selon la gravité (Inserm) |
| Hospitalisation | Traiter une insuffisance respiratoire aiguë | Indispensable en cas d’exacerbation sévère (Assurance Maladie) |
L’oxygène est un traitement sur prescription médicale. Lorsqu’il est prescrit à domicile, il est fourni et installé par un prestataire de santé ; un exemple de prestataire proposant de l’oxygène à domicile présente ainsi l’oxygénothérapie de courte durée. Le débit et la durée quotidienne ne doivent jamais être modifiés sans avis médical.
Comment vivre au quotidien avec une insuffisance respiratoire chronique ?
Le suivi régulier avec le médecin traitant et le pneumologue permet d’adapter le traitement et de repérer tôt une aggravation. Quelques repères aident à s’organiser :
- Suivre l’oxygène et les traitements inhalés tels qu’ils sont prescrits.
- Maintenir une activité physique adaptée, idéalement après un programme de réhabilitation respiratoire.
- Mettre à jour ses vaccinations.
- Éviter le tabac, y compris le tabagisme passif, et limiter l’exposition aux pics de pollution.
- Noter les signes d’aggravation pour en parler rapidement au médecin.
Le guide sur le suivi à domicile des maladies chroniques donne des repères pour organiser ces mesures. En cas d’amaigrissement, l’article sur la prise de poids saine propose des précautions générales à discuter avec le médecin.
Quand consulter ?
L’Assurance Maladie conseille de contacter son médecin en cas d’aggravation rapide de l’essoufflement, de toux plus intense avec crachats, de gonflement des jambes, de fièvre ou de traitement qui semble moins efficace. Une détresse respiratoire, des lèvres ou des ongles bleutés, une confusion, une somnolence inhabituelle ou une douleur thoracique justifient d’appeler immédiatement le 15 ou le 112. Le guide quand consulter après une mesure inquiétante aide à réagir face à une valeur anormale.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre insuffisance respiratoire aiguë et chronique ?
L’insuffisance respiratoire aiguë s’installe rapidement et nécessite une prise en charge hospitalière en urgence. La forme chronique s’installe progressivement et demande un suivi au long cours.
Combien d’heures par jour dure l’oxygénothérapie de longue durée ?
Selon l’Inserm et l’Assurance Maladie, elle est administrée au moins 15 heures par jour dans les formes sévères de BPCO. Le débit et la durée sont fixés par le médecin.
Quel examen confirme une insuffisance respiratoire ?
La mesure des gaz du sang, réalisée par un prélèvement artériel, montre la baisse de l’oxygène et souvent la hausse du dioxyde de carbone. L’oxymètre de pouls ne fait qu’estimer la saturation en oxygène.
Arrêter de fumer est-il encore utile à un stade avancé ?
Oui. Selon l’Assurance Maladie, l’arrêt du tabac est recommandé quel que soit le stade de la BPCO et c’est la seule mesure susceptible d’en ralentir l’évolution.
L’insuffisance respiratoire se guérit-elle ?
Cela dépend de la cause. Une forme aiguë peut régresser une fois la cause traitée ; une forme chronique liée à une BPCO sévère se prend en charge sur la durée pour limiter les aggravations.
Quelles sont les causes de l’insuffisance respiratoire ?
L’insuffisance respiratoire n’est pas une maladie unique mais la conséquence de diverses atteintes. La BPCO, maladie inflammatoire chronique des bronches, est une cause majeure de la forme chronique, le tabagisme en étant le principal facteur. La pollution, certaines expositions professionnelles et une composante génétique interviennent aussi.
Sources
- Assurance Maladie : Traitement de la BPCO — arrêt du tabac, réhabilitation respiratoire, vaccinations, oxygénothérapie, hospitalisation en cas d’insuffisance respiratoire aiguë
- Assurance Maladie : Symptômes, diagnostic et évolution de la BPCO — définition de l’insuffisance respiratoire chronique, gaz du sang, spirométrie, exacerbations, signes justifiant de consulter
- Inserm : Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) — causes, chiffres en France, oxygénothérapie au moins 15 heures par jour, ventilation
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

