Mis à jour le 3 octobre 2026
- La chirurgie des seins regroupe quatre grandes familles d’opérations : augmentation, réduction, remodelage des seins tombants (ptose) et reconstruction après un cancer.
- L’augmentation se fait par implant (prothèse) ou par transfert de graisse (lipomodelage), parfois en associant les deux.
- Selon l’ANSM, un lien est établi entre les implants mammaires et un lymphome rare, le LAGC-AIM : l’information préalable de la patiente est obligatoire.
- En France, un délai minimum de quinze jours doit séparer la remise du devis détaillé et une intervention de chirurgie esthétique.
La chirurgie esthétique des seins recouvre plusieurs types d’opérations qui modifient le volume, la forme ou la position de la poitrine, auxquelles s’ajoute la chirurgie reconstructrice après un cancer du sein. Le choix de la technique dépend de la demande, de l’anatomie, de la qualité de la peau et des antécédents médicaux. Il se décide avec un chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, après un examen clinique et une discussion sur les bénéfices, les limites et les risques de chaque option.
Quels sont les principaux types d’opération des seins ?
On distingue quatre grandes familles d’interventions, qui répondent à des situations différentes. Le tableau ci-dessous en résume l’objet et le principe.
| Intervention | Situation concernée | Principe |
|---|---|---|
| Augmentation mammaire | Volume jugé insuffisant (hypotrophie), asymétrie | Implant, transfert de graisse ou association des deux |
| Réduction mammaire | Poitrine très volumineuse (hypertrophie), source de gêne | Retrait de glande, de graisse et de peau, remontée de l’aréole |
| Correction de ptose (mastopexie) | Seins tombants, après grossesse ou perte de poids | Remodelage de la glande et retrait de l’excès de peau, avec ou sans implant |
| Reconstruction mammaire | Après ablation du sein (mastectomie) | Implant, lambeau de tissus du patient ou lipomodelage |
| Corrections ciblées | Seins tubéreux, mamelons ombiliqués, gynécomastie chez l’homme | Gestes adaptés à chaque malformation |
Un même projet peut combiner plusieurs gestes, par exemple une correction de ptose associée à un implant. Les informations générales d’un cabinet de chirurgie esthétique présentent ce type d’interventions ; seule la consultation permet de savoir laquelle est envisageable.
Implant ou graisse : comment se fait une augmentation mammaire ?
L’augmentation mammaire repose soit sur un implant, soit sur un transfert de graisse. Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), un implant mammaire est un dispositif médical constitué d’une enveloppe en silicone, à surface lisse ou texturée, remplie de sérum physiologique, de gel de silicone ou d’hydrogel. L’implant permet un gain de volume prévisible, mais, selon le document d’information des patientes publié par le ministère de la Santé avec la HAS, l’INCa et l’ANSM, sa pose ne doit pas être considérée comme définitive « à vie » : une rupture ou des effets indésirables peuvent imposer son remplacement.
Le lipomodelage (ou lipofilling) consiste à prélever de la graisse par liposuccion sur une autre zone du corps, puis à la réinjecter dans les seins. Il convient aux augmentations modérées et suppose une réserve de graisse suffisante. L’augmentation dite composite associe un implant et une injection de graisse pour adoucir les contours.
Quels risques faut-il connaître avant une chirurgie des seins ?
Toute chirurgie mammaire expose aux risques communs à la chirurgie : hématome, infection, troubles de la cicatrisation, modification de la sensibilité du mamelon, asymétrie ou résultat différent de celui espéré. Les implants ajoutent des risques propres au dispositif, comme la formation d’une coque autour de la prothèse ou sa rupture.
L’ANSM indique qu’un lien est clairement établi entre le port d’un implant mammaire et la survenue d’un lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC-AIM), une forme rare de lymphome non hodgkinien ; le premier cas français a été signalé en 2009. Avant toute pose d’implant, le chirurgien doit remettre à la patiente une brochure d’information sur les effets indésirables possibles. Un suivi régulier est ensuite recommandé, et tout gonflement ou changement inhabituel d’un sein porteur d’implant justifie une consultation. Pour garder une trace de vos interventions et de vos examens, un carnet de suivi de santé est utile.
Comment se passe la reconstruction après un cancer du sein ?
La reconstruction mammaire peut être réalisée au cours de l’ablation du sein (reconstruction immédiate) ou plus tard (reconstruction différée), selon les traitements et le choix de la patiente. Selon l’Institut national du cancer, la reconstruction immédiate évite une seconde opération, tandis que la reconstruction différée laisse le temps de se concentrer sur les traitements puis de choisir la technique.
Trois techniques principales sont décrites par l’Institut national du cancer : la prothèse interne, le lambeau (tissus prélevés sur une autre partie du corps, parfois par microchirurgie) et le lipomodelage pour combler des creux ou améliorer une cicatrice. Certaines femmes choisissent de ne pas reconstruire et de conserver un thorax plat. Selon la même source, la reconstruction après cancer est prise en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée (ALD) sur la base des tarifs de la Sécurité sociale, des dépassements d’honoraires restant possibles, et les gestes de symétrisation du sein opposé sont aussi pris en charge.
Comment préparer son projet et choisir son chirurgien ?
La préparation repose sur une consultation approfondie, un devis écrit et un délai de réflexion. Le Code de la santé publique (article D. 6322-30) impose un délai minimum de quinze jours entre la remise du devis détaillé, daté et signé, et une intervention de chirurgie esthétique.
- Vérifier la qualification du praticien en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.
- Exposer clairement sa demande et ses attentes lors de la consultation.
- Obtenir des explications sur la technique, la cicatrice, la convalescence et les risques.
- Recevoir le devis détaillé et la brochure d’information, puis respecter le délai de réflexion.
- Prévoir le suivi postopératoire et les consultations de contrôle.
Les opérations proposées à l’étranger posent des questions spécifiques de suivi et de prise en charge des complications, abordées dans notre article sur la chirurgie esthétique en Tunisie. Les différentes techniques sont aussi détaillées dans les différentes opérations de chirurgie esthétique du sein. Enfin, une bonne façon d’aborder la consultation est de se fixer des objectifs réalistes, plutôt qu’un résultat idéalisé.
Quand consulter ?
Après une chirurgie des seins, contactez votre chirurgien en cas de fièvre, de rougeur, d’écoulement, de douleur qui augmente ou de gonflement d’un seul côté. Chez une personne porteuse d’implants, un gonflement tardif du sein, une masse ou une modification de forme justifient un avis médical. En cas de malaise ou de difficulté à respirer, appelez le 15 ou le 112.
FAQ
Quelle différence entre chirurgie esthétique et chirurgie reconstructrice du sein ?
La chirurgie esthétique modifie une poitrine saine selon une demande personnelle (volume, forme, position). La chirurgie reconstructrice restaure un sein après une mastectomie ou corrige une malformation. Leur prise en charge par l’Assurance maladie n’est pas la même.
Un implant mammaire dure-t-il toute la vie ?
Non, un implant n’est pas considéré comme définitif et peut devoir être remplacé, par exemple en cas de rupture ou de coque. Un suivi médical régulier est recommandé pendant toute la durée du port.
Qu’est-ce que le LAGC-AIM ?
C’est un lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires, une forme rare de lymphome non hodgkinien. L’ANSM considère que le lien avec le port d’un implant est établi, ce qui justifie une information préalable et un suivi.
Combien de temps de réflexion avant une chirurgie esthétique ?
En France, le Code de la santé publique prévoit un délai minimum de quinze jours après la remise d’un devis détaillé, daté et signé. Ce délai permet de comparer, de poser des questions et de revenir sur sa décision.
Peut-on reconstruire un sein longtemps après un cancer ?
Oui, la reconstruction différée peut être réalisée à distance des traitements. Selon l’Institut national du cancer, elle laisse le temps de choisir la technique avec le chirurgien.
Sources
- ANSM : Les implants mammaires, informations générales — composition des implants, lien avec le LAGC-AIM, brochure d’information obligatoire
- Institut national du cancer : Reconstruction mammaire — reconstruction immédiate ou différée, techniques, prise en charge
- Ministère de la Santé (DGS, HAS, INCa, ANSM, SOFCPRE) : information destinée aux femmes avant la pose d’implant mammaire — implant non définitif, remplacement possible, suivi, délai de 15 jours
- AP-HP, affaires juridiques : chirurgie esthétique, fiche technique — devis détaillé, délai de 15 jours (article D. 6322-30), qualification du praticien
- Eurojuris : L’obligation d’information renforcée du chirurgien esthétique — articles L. 6322-2 et D. 6322-30 du Code de la santé publique, délai de quinze jours
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.

