- L’intelligence artificielle change déjà la vie pratique des malvoyants : des applications gratuites lisent un texte à voix haute, décrivent une photo ou une scène et identifient des produits ou des billets avec la caméra du smartphone.
- Selon l’OMS, au moins 2,2 milliards de personnes dans le monde ont une déficience visuelle de près ou de loin.
- Seeing AI (Microsoft) et Lookout (Google) sont deux exemples d’applications conçues pour les personnes aveugles ou malvoyantes.
- Ces outils ont des limites : la description d’environnement reste moins précise que la lecture de texte.
- Ils complètent, sans les remplacer, le suivi ophtalmologique, la canne ou le chien guide et la rééducation basse vision.
L’intelligence artificielle (IA), c’est-à-dire des programmes capables de reconnaître du texte, des images ou la voix, facilite déjà la vie pratique des malvoyants : avec la caméra d’un smartphone, elle lit un courrier, décrit une photo, reconnaît un produit ou un billet et restitue l’information à l’oral. Ces usages ne guérissent rien et ne remplacent pas les aides humaines, mais ils donnent davantage d’autonomie au quotidien. Les besoins sont considérables : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’au moins 2,2 milliards de personnes vivent avec une déficience visuelle.
Combien de personnes sont concernées par la malvoyance ?
Selon l’aide-mémoire de l’OMS sur la cécité et la déficience visuelle, au moins 2,2 milliards de personnes ont une déficience de la vision de près ou de loin, dont au moins 1 milliard de cas qui auraient pu être évités ou qui ne sont pas encore pris en charge. Les personnes de plus de 50 ans sont les plus touchées. L’OMS cite parmi les principales causes les erreurs de réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie), la cataracte, la rétinopathie diabétique, le glaucome et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
Rappel utile : une partie de ces déficiences se corrige par des lunettes ou une opération. La technologie intervient surtout quand la vision reste basse malgré les traitements. Pour reconnaître et faire valoir une situation de handicap, voir l’article comment reconnaître un handicap.
Que peuvent faire les applications d’IA pour une personne malvoyante ?
Elles transforment en parole ce que la caméra voit. Les deux exemples ci-dessous sont décrits par leurs éditeurs.
| Application | Éditeur et plateformes | Fonctions annoncées |
|---|---|---|
| Seeing AI | Microsoft ; iOS et Android ; gratuite | Lecture de texte, description de photos, identification de produits ; conçue avec et pour la communauté aveugle et malvoyante |
| Lookout | Google ; Android 6.0 ou version ultérieure | Modes Texte, Documents, Étiquettes alimentaires (selon les pays), Devise (dollar américain, euro, roupie indienne), Exploration (bêta), Images avec questions-réponses, Rechercher un objet |
Selon Google, Lookout fonctionne dans plus de 36 langues, dont le français. Microsoft présente Seeing AI comme un projet de recherche qui évolue avec les retours de ses utilisateurs et les progrès de l’IA.
Comment l’IA aide-t-elle à lire et à reconnaître les objets ?
Par la reconnaissance optique de caractères et la reconnaissance d’images. L’utilisateur oriente l’appareil vers un document, une étiquette ou un objet ; l’application identifie le contenu et le lit à voix haute. Le mode Documents de Lookout guide en temps réel pour cadrer une page entière, et le mode Rechercher aide à localiser certains objets courants comme une chaise, une porte ou une tasse.
Les descriptions d’images générées par IA permettent aussi de poser des questions sur une photo. Ces mêmes technologies servent ailleurs en santé : le guide biométrie et intelligence artificielle en explique les principes et les limites.
Quelles sont les limites de ces outils ?
La fiabilité varie selon la tâche. Google précise que le mode Exploration de Lookout, qui décrit l’environnement, est moins précis que les autres modes. Plusieurs points méritent attention :
- Une erreur de lecture est possible sur un texte manuscrit, abîmé ou mal éclairé : pour un médicament ou un courrier important, une vérification par une personne de confiance ou un pharmacien reste prudente.
- Les applications ne remplacent pas la canne blanche, le chien guide ni les techniques de locomotion apprises en rééducation pour se déplacer en sécurité.
- Les photos analysées peuvent contenir des informations personnelles : lisez les paramètres de confidentialité.
- Certaines fonctions dépendent du modèle de téléphone, de la version du système ou du pays.
Les questions de confidentialité et d’usage rejoignent celles des applications de suivi de santé.
Comment choisir et prendre en main une aide technique ?
En partant des besoins réels : lire son courrier, faire ses courses, reconnaître la monnaie, se repérer. Un ophtalmologiste, un orthoptiste ou un service de basse vision peut orienter vers les aides adaptées, numériques ou non. Les aides financières possibles sont présentées dans l’article quelles aides pour les seniors et les personnes handicapées.
Les solutions sans écran gardent aussi leur place, notamment pour les personnes âgées peu à l’aise avec un smartphone : livres et journaux audio, objets parlants. Un éditeur de presse audio propose par exemple des idées de cadeaux pour aveugle et malvoyant.
Quand consulter ?
Une baisse de vision récente, une vision déformée, une tache au centre du champ visuel ou une perte brutale de la vue imposent de consulter rapidement un ophtalmologiste, ou les urgences (15 ou 112) en cas de perte brutale. Un suivi régulier reste nécessaire même lorsque des aides techniques sont en place.
Questions fréquentes
Les applications d’aide pour malvoyants sont-elles payantes ?
Pas toutes. Microsoft indique que Seeing AI est gratuite, sur iOS et Android. Lookout, de Google, est une application Android qui nécessite Android 6.0 ou une version plus récente.
Ces applications fonctionnent-elles en français ?
Lookout prend en charge plus de 36 langues, dont le français, selon Google. Pour les autres applications, il faut vérifier les langues disponibles dans la fiche de l’éditeur.
L’IA peut-elle reconnaître les billets en euros ?
Oui pour Lookout, dont le mode Devise identifie les dollars américains, les euros et les roupies indiennes. En cas de doute sur un paiement, une vérification complémentaire reste prudente.
Une application peut-elle remplacer une canne blanche ?
Non. La description d’environnement par IA reste imparfaite, Google la présentant comme moins précise que les autres modes de Lookout. Les déplacements reposent sur les aides et techniques apprises en rééducation.
Quelles sont les principales causes de malvoyance ?
Selon l’OMS, les erreurs de réfraction, la cataracte, la rétinopathie diabétique, le glaucome et la DMLA. L’OMS estime qu’au moins 1 milliard de cas auraient pu être évités ou ne sont pas encore pris en charge.
Comment fonctionnent les applications d’IA pour lire et reconnaître des objets ?
Elles reposent sur la reconnaissance optique de caractères et la reconnaissance d’images. L’utilisateur oriente l’appareil vers un document, une étiquette ou un objet ; l’application identifie le contenu et le lit à voix haute. Les descriptions d’images générées par IA permettent aussi de poser des questions sur une photo.
Sources
- OMS : Blindness and vision impairment (aide-mémoire) — 2,2 milliards de personnes concernées, causes principales.
- Google : aide Lookout — modes, configuration requise, langues, précision du mode Exploration.
- Microsoft : Seeing AI — fonctions, plateformes, gratuité.
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

