- La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central : le système immunitaire attaque la myéline, la gaine qui entoure les fibres nerveuses.
- Selon l’Inserm, elle touche environ 110 000 personnes en France et débute en moyenne vers 30 ans, plus souvent chez les femmes.
- Dans 85 % des cas, elle évolue d’abord par poussées suivies de récupération ; 15 % des formes sont progressives d’emblée.
- On ne sait pas la guérir, mais les traitements de fond réduisent le nombre de poussées et le suivi limite le retentissement au quotidien.
La sclérose en plaques est une maladie chronique dans laquelle le système immunitaire endommage la myéline du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs optiques, ce qui perturbe la circulation des messages nerveux. Pour la comprendre, trois étapes suffisent : le mécanisme, les formes d’évolution, puis le diagnostic et la prise en charge.
Étape 1 : que se passe-t-il dans le système nerveux ?
Dans la SEP, des cellules immunitaires s’attaquent à la myéline, provoquant inflammation, démyélinisation (perte de cette gaine) et souvent atteinte des fibres nerveuses elles-mêmes, selon l’Inserm. La myéline fonctionne comme l’isolant d’un câble : quand elle est abîmée, l’influx nerveux circule plus lentement ou plus du tout.
Les lésions apparaissent en foyers distincts, les « plaques », d’où le nom de la maladie. Les symptômes dépendent de la zone atteinte, ce qui explique leur grande variété d’une personne à l’autre. L’Inserm cite les troubles moteurs, sensitifs, visuels, de l’équilibre, cognitifs, urinaires et intestinaux ; l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mentionne aussi la fatigue et les difficultés à marcher.
La maladie concerne environ 110 000 personnes en France, avec 4 000 à 6 000 nouveaux cas par an selon l’Inserm, et plus de 1,8 million de personnes dans le monde selon l’OMS, qui la décrit comme un diagnostic d’exclusion. L’Inserm la décrit comme la première cause de handicap sévère non traumatique chez l’adulte jeune.
Étape 2 : comment la maladie évolue-t-elle ?
La SEP évolue de façon différente selon les personnes, et les médecins distinguent trois formes principales. Une poussée correspond à l’apparition ou à l’aggravation de symptômes neurologiques, sur quelques heures ou quelques jours, suivie d’une récupération plus ou moins complète. L’Assurance Maladie précise que ces symptômes régressent totalement ou partiellement en quelques semaines.
| Forme | Fréquence selon l’Inserm | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Rémittente (par poussées) | 85 % des cas au début | Poussées suivies de récupération ; au début, la récupération est souvent complète et les poussées espacées de plusieurs mois ou années |
| Progressive primaire | 15 % des cas | Aggravation continue d’emblée, sans poussée ni rémission ; débute en général après 40 ans |
| Secondairement progressive | Une partie des formes rémittentes | Aggravation continue qui s’installe 5 à 20 ans après le début chez certaines personnes |
Selon l’Inserm, la forme rémittente touche environ trois femmes pour un homme. L’OMS souligne que les symptômes peuvent aller et venir ou s’installer sur une longue période, ce qui rend chaque parcours singulier.
Étape 3 : comment pose-t-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l’examen neurologique et sur l’IRM, qui doit montrer des lésions disséminées dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire apparues à des moments différents et dans plusieurs zones du système nerveux, selon l’Inserm. L’Assurance Maladie cite l’IRM du cerveau et de la moelle épinière, l’examen ophtalmologique et une ponction lombaire, qui analyse le liquide céphalorachidien entourant le cerveau et la moelle, peut compléter le bilan.
L’OMS rappelle qu’aucun examen ne permet à lui seul de confirmer la maladie : le neurologue rassemble plusieurs éléments et écarte d’autres causes. Les premiers signes sont parfois discrets ou passagers, ce qui peut retarder le diagnostic.
Comment la SEP est-elle traitée ?
Il n’existe pas de traitement qui guérisse la SEP, mais plusieurs approches limitent l’activité de la maladie et ses conséquences. Le choix revient au neurologue, en fonction de la forme, de l’activité de la maladie et du profil de chaque patient.
- Traiter les poussées : selon l’Inserm, des corticoïdes à forte dose sont utilisés pour raccourcir une poussée.
- Réduire l’activité de la maladie : les traitements de fond de première ligne (immunomodulateurs injectables ou oraux) réduisent le nombre de poussées de 30 à 50 % selon l’Inserm ; ceux de deuxième ligne, plus puissants, dépassent 50 % et agissent davantage sur l’apparition de nouvelles lésions.
- Soulager les symptômes : fatigue, spasticité (raideur musculaire), troubles urinaires ou douleurs font l’objet de traitements spécifiques.
- Préserver l’autonomie : l’OMS insiste sur la réadaptation (kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie) pour maintenir les capacités au quotidien.
Les neurologues fixent aujourd’hui des objectifs d’absence d’activité de la maladie, évaluée sur les poussées, l’IRM et le handicap. Un site d’information édité avec le soutien d’un laboratoire pharmaceutique présente cette notion d’objectif de rémission, formulée comme une façon de stopper la progression de la SEP ; ce qui est atteignable se discute avec le neurologue.
Comment vivre au quotidien avec une SEP ?
Le retentissement varie beaucoup : certaines personnes gardent une vie proche de la normale pendant des années, d’autres ont besoin d’aménagements plus tôt. Le suivi régulier par l’équipe de neurologie permet d’ajuster le traitement et de repérer une aggravation.
Noter la date et la durée des symptômes, la fatigue ou le périmètre de marche aide à préparer les consultations ; le guide sur le suivi à domicile des maladies chroniques et celui sur la comparaison de ses chiffres dans le temps donnent des repères pour tenir un carnet utile. D’autres maladies auto-immunes, comme la polyarthrite, reposent aussi sur des traitements de fond au long cours : voir comment on soigne la polyarthrite rhumatoïde. Les associations de patients proposent information et soutien aux malades et à leurs proches.
Quand consulter ?
Consultez un médecin en cas de trouble visuel inexpliqué, d’engourdissement, de faiblesse d’un membre ou de trouble de l’équilibre qui dure plus de quelques heures. Si vous êtes déjà suivi, signalez rapidement à votre neurologue tout symptôme nouveau ou qui s’aggrave. Une paralysie, une déformation du visage ou une difficulté à parler d’apparition brutale imposent d’appeler le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Combien de personnes vivent avec une SEP ?
Selon l’Inserm, environ 110 000 personnes sont concernées en France, avec 4 000 à 6 000 nouveaux cas chaque année. L’OMS estime que plus de 1,8 million de personnes vivent avec la maladie dans le monde.
À quel âge la SEP apparaît-elle ?
Selon l’Inserm, les premiers symptômes surviennent en moyenne vers 30 ans. La forme progressive d’emblée débute en général après 40 ans.
Qu’est-ce qu’une poussée ?
C’est l’apparition de nouveaux symptômes neurologiques, ou l’aggravation de symptômes connus, qui s’installe en quelques heures ou quelques jours puis régresse plus ou moins complètement. Elle doit être signalée au neurologue.
Peut-on guérir de la sclérose en plaques ?
Non, il n’existe pas de traitement curatif à ce jour. Les traitements de fond réduisent la fréquence des poussées et l’apparition de nouvelles lésions, et la réadaptation aide à préserver l’autonomie.
L’IRM suffit-elle pour poser le diagnostic ?
Non. L’IRM est centrale, mais le diagnostic associe l’examen clinique, la dissémination des lésions dans le temps et dans l’espace, et parfois une ponction lombaire, après avoir écarté d’autres causes.
Quels sont les symptômes de la sclérose en plaques ?
Les symptômes dépendent de la zone du système nerveux atteinte, d’où leur grande variété d’une personne à l’autre. Selon l’Inserm, il peut s’agir de troubles moteurs, sensitifs, visuels, de l’équilibre, cognitifs, urinaires et intestinaux ; l’OMS mentionne aussi la fatigue et les difficultés à marcher. Un trouble neurologique nouveau justifie de consulter un médecin.
Sources
- Inserm : Sclérose en plaques (SEP) — chiffres en France, mécanisme, formes évolutives, diagnostic, traitements des poussées et de fond
- OMS : Sclérose en plaques, principaux repères — chiffres mondiaux, symptômes, absence d’examen unique, réadaptation
- Assurance Maladie : Symptômes, diagnostic et évolution de la sclérose en plaques — évolution des poussées, répartition 85 % / 15 %, examens du diagnostic
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

