- Le traitement de fond de la migraine se prend chaque jour, ou à intervalles réguliers, pour réduire la fréquence et l’intensité des crises, contrairement au traitement de crise qui soulage une crise en cours.
- Il est envisagé selon la fréquence et le retentissement des crises, ou quand les antalgiques sont pris trop souvent.
- Les molécules citées par l’Inserm et le Vidal : bêtabloquants, candésartan, amitriptyline, topiramate, puis anticorps anti-CGRP et toxine botulique dans certaines situations.
- L’effet n’est pas immédiat ; un agenda des crises aide le médecin à juger de l’efficacité.
Les traitements de fond de la migraine sont des médicaments pris régulièrement pour espacer les crises et en diminuer l’intensité ; ils ne guérissent pas la maladie et ne remplacent pas le traitement de la crise. Voici quand ils sont proposés, quelles familles existent et comment se déroule le suivi.
Qu’est-ce qu’une migraine et qui est concerné ?
La migraine est une maladie qui se manifeste par des crises de maux de tête modérés à sévères durant de 4 à 72 heures, souvent accompagnées de nausées, de vomissements et d’une gêne à la lumière ou au bruit, selon l’Inserm. Le diagnostic de migraine sans aura suppose au moins cinq crises de ce type. L’aura désigne des troubles neurologiques passagers, le plus souvent visuels, qui précèdent parfois la douleur.
L’Inserm estime qu’environ 15 % de la population mondiale est concernée, avec 20 % des femmes, 10 % des hommes et environ 5 % des enfants.
Quand faut-il envisager un traitement de fond ?
Un traitement de fond est envisagé lorsque les crises sont fréquentes, intenses ou qu’elles retentissent sur la vie personnelle et professionnelle, selon le Vidal. Son objectif est d’améliorer la qualité de vie et de réduire le risque d’abus médicamenteux.
L’abus médicamenteux est une situation où la prise trop fréquente d’antalgiques ou d’antimigraineux finit par entretenir des maux de tête quasi quotidiens. Pour l’éviter, l’Inserm recommande de ne pas dépasser 8 jours de traitement de crise par mois. Prendre souvent un traitement de crise est donc un signal à évoquer avec votre médecin.
Le Vidal conseille de tenir un agenda des crises pendant 6 mois : date, durée, intensité de la douleur et médicaments pris. Cet outil aide à poser l’indication puis à évaluer l’efficacité. Le guide sur l’utilité des mesures de santé rappelle comment un suivi régulier éclaire la consultation.
Quels sont les principaux traitements de fond ?
Plusieurs familles de médicaments ont démontré leur intérêt ; le médecin choisit selon le profil de chaque patient, ses antécédents et les autres traitements en cours.
| Famille | Exemples | Points d’attention selon les sources |
|---|---|---|
| Bêtabloquants | Propranolol, métoprolol | Indication spécifique en traitement de fond selon le Vidal ; pas d’effet sur la vigilance ni la mémoire |
| Antihypertenseur | Candésartan | Cité par l’Inserm parmi les traitements de fond |
| Antidépresseur tricyclique | Amitriptyline | Doses plus faibles que dans la dépression ; effet après 2 à 4 semaines selon le Vidal |
| Antiépileptique | Topiramate | Contre-indiqué chez la femme en âge d’avoir des enfants sans contraception hautement efficace (ANSM) |
| Anti-CGRP | Anticorps monoclonaux ou formes orales | Migraine sévère de l’adulte avec au moins 8 jours de migraine par mois, après échec d’au moins deux traitements préventifs (Vidal) |
| Toxine botulique | Injections | Migraine chronique, soit plus de 15 jours de maux de tête par mois pendant au moins 3 mois (Inserm) |
Bêtabloquants
Les bêtabloquants ralentissent le cœur et abaissent la pression artérielle. Le Vidal indique que le propranolol et le métoprolol ont une indication spécifique dans le traitement de fond de la migraine, avec un intérêt particulier lorsque le stress déclenche les crises. Avant de les prescrire, le médecin vérifie les antécédents, par exemple un asthme ou des troubles de la circulation des extrémités comme le syndrome de Raynaud, qui peuvent orienter vers une autre molécule.
Topiramate et projet de grossesse
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que le topiramate expose l’enfant à naître à un risque de malformations et de troubles du neurodéveloppement. En prévention de la migraine, il est contre-indiqué chez la femme en âge d’avoir des enfants qui n’utilise pas de contraception hautement efficace. Tout projet de grossesse se discute donc avant la prescription.
Anti-CGRP
Le CGRP est une petite protéine libérée par les nerfs et impliquée dans la douleur migraineuse. Les médicaments qui le bloquent sont réservés, selon le Vidal, aux adultes ayant une migraine sévère d’au moins 8 jours par mois, après échec d’au moins deux traitements préventifs.
Comment se déroule le suivi du traitement ?
Le traitement se juge sur plusieurs semaines, pas sur quelques jours : l’efficacité s’apprécie en comparant l’agenda des crises avant et pendant le traitement.
- Tenir l’agenda avant la consultation pour objectiver la fréquence et l’intensité des crises.
- Prendre le traitement régulièrement, à la dose prescrite, sans l’arrêter seul.
- Signaler les effets indésirables au médecin ou au pharmacien plutôt que d’interrompre le traitement.
- Faire le point avec le médecin, qui décide de poursuivre, d’ajuster ou de changer de molécule.
- Limiter les traitements de crise à 8 jours par mois au maximum, selon le repère de l’Inserm.
Existe-t-il des approches sans médicament ?
Oui, l’Inserm cite la relaxation et le biofeedback, une technique qui apprend à contrôler certaines réactions du corps à l’aide d’un retour visuel ou sonore. Repérer ses facteurs déclenchants (manque de sommeil, repas sautés, stress) complète la prise en charge. Ces approches s’associent au traitement de fond sans le remplacer ; pour les solutions dites naturelles, voir l’article sur les remèdes naturels contre la migraine, et pour les autres troubles fréquents chez les femmes, celui sur six affections courantes chez les femmes.
Quand consulter ?
Parlez-en à votre médecin si les crises deviennent plus fréquentes, changent d’aspect, ne répondent plus au traitement de crise ou vous obligent à prendre des antalgiques plus de 8 jours par mois. Un premier mal de tête brutal et d’une intensité inhabituelle, ou associé à de la fièvre, une raideur de la nuque, une paralysie ou un trouble de la parole, impose d’appeler le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Quelle différence entre traitement de fond et traitement de crise ?
Le traitement de crise se prend au début d’une crise pour la soulager. Le traitement de fond se prend régulièrement, même sans crise, pour en réduire la fréquence et l’intensité.
Le traitement de fond agit-il tout de suite ?
Non. Pour l’amitriptyline, le Vidal indique un effet après 2 à 4 semaines ; de façon générale, l’efficacité s’évalue sur plusieurs semaines grâce à l’agenda des crises.
Le traitement de fond fait-il disparaître la migraine ?
Non, il vise à espacer les crises et à les rendre moins fortes. Selon l’Inserm, il n’existe pas de traitement curatif de la migraine.
Qu’est-ce que la céphalée par abus médicamenteux ?
Ce sont des maux de tête quasi quotidiens entretenus par la prise trop fréquente de traitements de crise. L’Inserm recommande de ne pas dépasser 8 jours de traitement par mois pour l’éviter.
Peut-on prendre un traitement de fond en envisageant une grossesse ?
Certains médicaments, comme le topiramate, sont contre-indiqués sans contraception hautement efficace selon l’ANSM. Un projet de grossesse doit être signalé au médecin pour adapter le traitement.
Quand faut-il envisager un traitement de fond de la migraine ?
Un traitement de fond est envisagé lorsque les crises sont fréquentes, intenses ou qu’elles retentissent sur la vie personnelle et professionnelle, ou lorsque les antalgiques sont pris trop souvent. Un agenda des crises aide le médecin à poser l’indication. Le choix du traitement revient au médecin, selon le profil de chaque patient.
Sources
- Inserm : Migraine — prévalence, définition de la crise, traitements de fond, seuil de 8 jours de traitement de crise par mois
- Vidal : Quels sont les traitements de la migraine ? — objectifs du traitement de fond, bêtabloquants, amitriptyline, anti-CGRP, agenda des crises
- ANSM : Topiramate et troubles neurodéveloppementaux, mesures pour limiter l’utilisation pendant la grossesse — contre-indication en prévention de la migraine sans contraception hautement efficace
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

