- L’autohypnose est la pratique de l’hypnose sur soi-même : la personne induit seule un état de concentration et de détente, puis utilise des suggestions orientées vers un objectif.
- L’hypnose est décrite par le ministère de la Santé (sante.fr) comme un état de conscience particulier, avec une indifférence à l’extérieur et une capacité accrue à recevoir des suggestions.
- Selon le rapport de l’Inserm de 2015, l’intérêt de l’hypnose est probable pour l’anesthésie au cours d’une intervention et pour le syndrome du côlon irritable ; il n’est pas démontré pour l’arrêt du tabac.
- Des consultations hospitalières de la douleur enseignent l’autohypnose à leurs patients, en complément des autres traitements.
- Aucun effet indésirable grave n’a été relevé par l’Inserm ; l’autohypnose ne remplace pas un suivi médical.
L’autohypnose consiste à se placer soi-même dans un état hypnotique, c’est-à-dire un état de concentration intense tourné vers l’intérieur, pour travailler sur un objectif choisi : se détendre, mieux vivre une douleur, se préparer à un événement. Cette page explique ce qu’elle est, ce que disent les évaluations disponibles et comment elle s’apprend, avec ses limites.
Qu’est-ce que l’autohypnose ?
L’autohypnose est une hypnose pratiquée sans hypnotiseur : la personne guide elle-même l’induction (l’entrée dans l’état hypnotique) puis les suggestions. Sur sante.fr, le site du ministère chargé de la Santé, l’hypnose est présentée comme une technique utilisée pour le soin dans les sociétés occidentales depuis au moins 200 ans, qui induit un état de conscience particulier caractérisé par une indifférence à l’extérieur et une capacité fortement accrue à recevoir des suggestions.
La personne ne dort pas et ne perd pas le contrôle : elle reste consciente et peut interrompre l’exercice. L’autohypnose se distingue de la méditation de pleine conscience, qui vise surtout l’observation de ce qui se présente, alors que l’autohypnose utilise des suggestions orientées vers un but.
Comment se déroule une séance d’autohypnose ?
Une séance suit en général cinq étapes, apprises le plus souvent avec un professionnel formé avant d’être pratiquées seul.
- Choisir un objectif précis et réaliste : se détendre avant de dormir, aborder un examen plus calmement.
- S’installer dans un endroit calme, sans interruption, dans une position confortable.
- Induire l’état en fixant l’attention sur la respiration, une sensation corporelle, un point ou une image.
- Formuler une suggestion brève et positive (« je relâche les épaules » plutôt que « je ne veux plus être tendu »).
- Revenir progressivement à l’état de vigilance habituel, sans se lever brusquement.
Les distractions sont normales : ramener l’attention fait partie de l’exercice. Il vaut mieux éviter de pratiquer en conduisant ou lors d’une activité qui demande de la vigilance.
Que dit la recherche sur l’efficacité de l’hypnose ?
Les données scientifiques portent surtout sur l’hypnose en général, pas spécifiquement sur l’autohypnose. Le rapport « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose », publié en 2015 par l’Inserm et fondé sur 52 essais cliniques selon Vidal, conclut ainsi :
| Situation | Conclusion de l’Inserm (2015) |
|---|---|
| Anesthésie pendant une intervention (hypnosédation) | Intérêt probable : moins d’antalgiques et de sédatifs consommés |
| Syndrome du côlon irritable | Intérêt probable : moins de symptômes digestifs avec des séances régulières |
| Arrêt du tabac | Données insuffisantes, voire décevantes |
| Douleur de l’accouchement | Données décevantes |
| Douleur en général | Effet surtout sur le retentissement émotionnel de la douleur, plus que sur son intensité |
Le stress, le sommeil ou l’anxiété font partie des motifs fréquents de pratique, mais ces conclusions ne permettent pas d’annoncer un résultat. Les attentes doivent rester modestes, et les difficultés persistantes être discutées avec un médecin. Notre article sur l’hypnose thérapeutique détaille ce bilan.
Où apprendre l’autohypnose ?
L’autohypnose s’apprend le plus souvent auprès d’un professionnel, puis se pratique seul. Certaines consultations hospitalières de la douleur la proposent : l’Hôpital Paris Saint-Joseph décrit par exemple un apprentissage en consultation individuelle ou en atelier de groupe sur six séances, encadré par une infirmière formée à l’hypnose médicale, pour aider le patient, en lien avec ses autres traitements, à reprendre du contrôle sur la douleur et sur sa qualité de vie.
Sante.fr indique que l’hypnose à visée de soin est pratiquée par des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes et d’autres professionnels de santé. Demander au praticien sa formation et son métier d’origine aide à choisir. Notre article sur les séances d’hypnose aborde le déroulé d’un accompagnement.
L’autohypnose présente-t-elle des risques ?
Les risques connus de l’hypnose sont faibles : l’Inserm n’a relevé aucun effet indésirable grave, et sante.fr mentionne seulement de possibles maux de tête, une somnolence ou des vertiges. Le ministère signale en revanche le risque de création de faux souvenirs, et l’Inserm appelle à la vigilance face aux dérives possibles des techniques de suggestion.
Le principal risque est indirect : retarder un diagnostic ou abandonner un traitement en comptant sur l’autohypnose. Une technique de bien-être, comme une mesure, ne remplace pas un médecin. Une personne qui a vécu un traumatisme ou qui présente un trouble psychique a intérêt à demander un avis avant de pratiquer seule.
Quand consulter ?
Une anxiété qui gêne la vie quotidienne, des insomnies qui durent, une douleur chronique ou une difficulté sexuelle persistante justifient de consulter votre médecin, qui recherchera une cause et proposera une prise en charge ; l’autohypnose peut s’y ajouter si le médecin n’y voit pas d’objection. Pour distinguer ce qui relève du stress ou de l’anxiété, voir notre article stress, anxiété et angoisse. En cas de détresse aiguë ou de danger, appelez le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’autohypnose ?
C’est la pratique de l’hypnose sur soi-même : on induit seul un état de concentration intérieure, puis on utilise des suggestions orientées vers un objectif. Elle s’apprend généralement avec un professionnel avant d’être pratiquée en autonomie.
L’autohypnose est-elle dangereuse ?
Le rapport de l’Inserm de 2015 ne relève aucun effet indésirable grave de l’hypnose ; de possibles maux de tête, une somnolence ou des vertiges sont signalés. Sante.fr signale aussi le risque de faux souvenirs induits dans certaines pratiques de l’hypnose. Le risque principal est de remplacer un avis médical nécessaire par cette pratique.
L’autohypnose aide-t-elle à arrêter de fumer ?
Selon l’Inserm, les données sur l’hypnose dans l’arrêt du tabac sont insuffisantes, voire décevantes. Le médecin, le pharmacien ou un tabacologue peuvent présenter les aides à l’arrêt dont l’efficacité est établie.
Combien de temps dure une séance ?
Il n’existe pas de durée de référence. Les séances d’apprentissage se déroulent souvent sur plusieurs rendez-vous, par exemple six séances dans la consultation de la douleur de l’Hôpital Paris Saint-Joseph, puis la pratique se poursuit seul.
Autohypnose et méditation, est-ce la même chose ?
Non. Les deux reposent sur l’attention, mais la méditation de pleine conscience vise surtout l’observation, tandis que l’autohypnose utilise des suggestions orientées vers un but précis.
Comment se déroule une séance d’autohypnose ?
Une séance suit en général cinq étapes, apprises le plus souvent avec un professionnel formé : choisir un objectif précis et réaliste, s’installer au calme, induire l’état en fixant l’attention sur la respiration ou une sensation, formuler une suggestion brève et positive, puis revenir progressivement à l’état de vigilance habituel.
Sources
- Sante.fr (ministère chargé de la Santé) : État des lieux : l’hypnose — définition, indications, effets indésirables, faux souvenirs, praticiens
- Inserm : Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015) — conclusions par indication, sécurité, vigilance sur les dérives
- Vidal : rapport de l’Inserm, l’hypnose efficace dans le cadre de l’antalgie et du syndrome du côlon irritable — nombre d’essais analysés, synthèse
- Hôpital Paris Saint-Joseph : hypnose et douleur chronique — apprentissage de l’autohypnose en six séances, objectifs
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026
