- Une infection urinaire pendant la grossesse justifie un avis médical rapide, même sans symptôme marqué : elle peut atteindre le rein et favoriser un accouchement prématuré, selon l’Assurance Maladie.
- Un dépistage par bandelette urinaire est prévu chaque mois à partir du quatrième mois de grossesse, suivi d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) si la bandelette est positive.
- Le traitement est un antibiotique prescrit après analyse, adapté à la grossesse et à la bactérie identifiée.
- Un ECBU de contrôle est réalisé 8 à 10 jours après la fin du traitement.
- Fièvre avec frissons ou douleur du dos ou du flanc : consultation urgente.
Que faire en cas d’infection urinaire pendant la grossesse ? Il faut signaler rapidement les symptômes à un médecin ou à une sage-femme, faire réaliser une analyse d’urines et suivre le traitement prescrit jusqu’à son terme. Ce guide résume ce que recommandent l’Assurance Maladie et la Haute Autorité de santé (HAS) : les formes de l’infection, le dépistage, le traitement et les signes d’alerte. La forme la plus courante, limitée à la vessie, est détaillée dans l’article cystite pendant la grossesse.
Pourquoi faut-il prendre au sérieux une infection urinaire pendant la grossesse ?
Une infection urinaire non traitée peut atteindre le rein, ce qui expose à un risque d’accouchement prématuré selon l’Assurance Maladie. L’atteinte du rein s’appelle la pyélonéphrite. Par ailleurs, les symptômes sont souvent absents ou minimes : des bactéries peuvent être présentes dans l’urine sans aucun signe, on parle alors de colonisation urinaire. La HAS la définit par la présence d’une seule espèce de bactérie à au moins 105 unités formant colonie par millilitre d’urine (UFC/mL). C’est pourquoi le suivi de grossesse comprend un dépistage systématique et non uniquement la recherche de symptômes.
Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Les signes évocateurs d’une infection urinaire sont des douleurs du bas-ventre, des envies fréquentes d’uriner et des brûlures en urinant, selon l’Assurance Maladie. Ils peuvent manquer, ce qui rend l’analyse d’urines indispensable.
| Signe | Signification possible | Démarche |
|---|---|---|
| Brûlures en urinant, envies fréquentes, douleur du bas-ventre | Infection de la vessie (cystite) | Consultation le jour même |
| Aucun signe, bandelette ou ECBU positif | Colonisation urinaire | Traitement prescrit après ECBU |
| Fièvre avec frissons, douleur du dos ou du flanc | Infection pouvant avoir atteint le rein | Avis médical urgent ; 15 ou 112 si la situation s’aggrave |
L’Assurance Maladie recommande de consulter le jour même en cas de fièvre avec frissons accompagnée de douleur du dos ou du flanc, signe que l’infection peut avoir atteint un rein, et cite la grossesse parmi les situations où il ne faut pas attendre.
Comment l’infection urinaire est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic repose sur l’analyse des urines, en deux temps. Selon l’Assurance Maladie, une bandelette urinaire est pratiquée chaque mois à partir du quatrième mois de grossesse ; si elle est positive, un ECBU est réalisé en laboratoire. L’ECBU met en culture l’urine pour identifier la bactérie et tester sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme).
Pour les femmes à risque (malformation ou dysfonctionnement des voies urinaires, diabète, cystites à répétition), l’Assurance Maladie indique un ECBU dès la première consultation, puis chaque mois à partir du quatrième mois. Le compte rendu mentionne un intervalle de référence propre au laboratoire ; son interprétation relève du médecin (voir aussi le guide Les mesures de santé ne remplacent pas un médecin).
Quel traitement et quel suivi ?
Le traitement est un antibiotique prescrit par un professionnel de santé, choisi selon la grossesse et selon les résultats de l’antibiogramme. L’Assurance Maladie cite le plus souvent la fosfomycine-trométamol en dose unique ou le pivmécillinam pendant 7 jours. La HAS insiste sur le choix d’une molécule adaptée et sur la durée la plus courte possible, afin de limiter la résistance aux antibiotiques. L’automédication est à proscrire : toutes les molécules ne conviennent pas pendant la grossesse.
- Consulter dès les premiers signes ou dès un dépistage positif.
- Faire réaliser l’ECBU demandé avant ou au moment de la prescription.
- Prendre le traitement tel qu’il est prescrit, sans l’interrompre.
- Réaliser l’ECBU de contrôle 8 à 10 jours après la fin du traitement.
- Poursuivre la surveillance urinaire mensuelle jusqu’à l’accouchement, selon la HAS.
L’Assurance Maladie recommande aussi, en cas de cystite, de boire abondamment (au moins 1,5 litre par jour), d’uriner dès que l’envie se présente et de vider complètement la vessie. Ces gestes accompagnent le traitement sans le remplacer. Les autres précautions de la grossesse sont présentées dans l’article Quelles précautions prendre pendant la grossesse ?.
Quand consulter ?
Consultez un médecin ou une sage-femme le jour même dès qu’un symptôme urinaire apparaît ou qu’une analyse revient positive. En cas de fièvre avec frissons, de douleur du dos ou du flanc, de contractions ou de malaise, rendez-vous aux urgences ou appelez le 15 ou le 112. Le guide Quand consulter après une mesure inquiétante aide à situer le degré d’urgence d’une valeur ou d’un symptôme.
Questions fréquentes
Une infection urinaire peut-elle passer inaperçue pendant la grossesse ?
Oui. L’Assurance Maladie indique que les symptômes peuvent être absents ou minimes. Le dépistage mensuel par bandelette urinaire à partir du quatrième mois sert précisément à repérer ces infections silencieuses.
Quelle différence entre cystite et infection urinaire ?
La cystite est une infection limitée à la vessie ; « infection urinaire » désigne plus largement une infection de l’appareil urinaire, y compris du rein (pyélonéphrite). Pendant la grossesse, les deux nécessitent un avis médical rapide.
Qu’est-ce qu’un ECBU ?
L’examen cytobactériologique des urines est une analyse de laboratoire qui identifie les bactéries présentes dans l’urine et teste leur sensibilité aux antibiotiques. Il guide le choix du traitement.
Faut-il refaire un examen après le traitement ?
Oui. L’Assurance Maladie et la HAS prévoient un ECBU de contrôle 8 à 10 jours après la fin du traitement ; la HAS ajoute une surveillance mensuelle jusqu’à l’accouchement.
Peut-on se soigner seule avec des produits naturels ?
Non. Les sources officielles décrivent une prise en charge par antibiotique sur prescription. Boire régulièrement et uriner souvent peuvent accompagner le traitement, jamais le remplacer.
Quels signes doivent alerter en cas d’infection urinaire pendant la grossesse ?
Des brûlures en urinant, des envies fréquentes d’uriner et des douleurs du bas-ventre justifient une consultation le jour même. Une fièvre avec frissons ou une douleur du dos ou du flanc peut indiquer une atteinte du rein et impose un avis médical urgent ; en cas d’aggravation, il faut appeler le 15 ou le 112.
Sources
- Assurance Maladie : Les infections bactériennes pendant la grossesse — symptômes, risque, dépistage mensuel, ECBU, traitement, contrôle
- Assurance Maladie : Cystite, que faire et quand consulter ? — consultation le jour même, signes d’atteinte du rein, mesures d’hydratation
- Haute Autorité de santé : Choix et durées d’antibiothérapies, femme enceinte, colonisation urinaire et cystite — définition de la colonisation, principes de traitement et de suivi
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

