- Le blanchiment dentaire est encadré en France : les produits à base de peroxyde d’hydrogène dosés entre 0,1 % et 6 % sont réservés aux chirurgiens-dentistes, pour des patients adultes.
- Selon l’Assurance Maladie, il doit être réalisé chez un professionnel de santé avec des produits conformes.
- Les risques décrits par les autorités sont l’hypersensibilité des dents, l’irritation des muqueuses et, en cas de produits non conformes, l’usure de la dent.
- Les recettes rapides diffusées sur les réseaux sociaux ne sont pas des méthodes encadrées.
Le blanchiment dentaire consiste à éclaircir la teinte des dents avec un agent oxydant, le plus souvent du peroxyde d’hydrogène. Il n’est pas un simple produit de beauté : la réglementation européenne et française en fixe les limites, et les autorités sanitaires rappellent ses risques lorsqu’il est pratiqué hors d’un cadre professionnel. Cet article présente les règles en vigueur, ce qu’elles impliquent et les précautions à connaître.
Qui a le droit de pratiquer un blanchiment dentaire ?
Seuls les chirurgiens-dentistes peuvent utiliser ou vendre les produits contenant plus de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène. D’après l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la réglementation européenne distingue deux niveaux : jusqu’à 0,1 % pour les produits destinés aux consommateurs, et de 0,1 % à 6 % uniquement pour les produits utilisés par les chirurgiens-dentistes, chez les adultes. Ces règles sont entrées en vigueur le 31 octobre 2012.
Selon l’ANSM, le chirurgien-dentiste doit procéder à un examen clinique préalable et réaliser la première application de chaque cycle d’utilisation. Au-delà de 6 %, les produits ne sont pas autorisés. La réglementation ne s’applique pas aux produits employés à l’intérieur de la dent dévitalisée (blanchiment intracanalaire).
| Type de produit | Cadre fixé par les autorités |
|---|---|
| Produits bucco-dentaires pour le public | Peroxyde d’hydrogène limité à 0,1 % (ANSM) |
| Produits utilisés par le chirurgien-dentiste | De 0,1 % à 6 %, adultes uniquement, examen clinique préalable (ANSM) |
| Produits de plus de 6 % | Non autorisés (ANSM) |
| Recettes diffusées sur les réseaux sociaux | Non encadrées ; l’Assurance Maladie met en garde contre ces « recettes rapides » |
Quels sont les risques d’un blanchiment mal encadré ?
Le principal risque est l’hypersensibilité des dents, c’est-à-dire des douleurs vives, notamment au froid. L’ANSM a identifié, pour les produits non conformes, une hypersensibilité dentaire, une irritation des muqueuses, une usure prématurée et une fragilisation de la dent, ainsi qu’une recoloration plus rapide en cas d’exposition excessive.
L’Assurance Maladie ajoute que le blanchiment pratiqué hors cadre professionnel peut provoquer une hypersensibilité dentaire pouvant, si elle devient récurrente et que la pulpe (le cœur de la dent) est abîmée, conduire à une dévitalisation. Pour cette raison, l’ANSM recommande de ne pas renouveler les traitements trop fréquemment et de se méfier des produits achetés en ligne ou auprès de revendeurs non professionnels.
Comment se déroule un blanchiment chez le chirurgien-dentiste ?
Il commence par un examen de la bouche, car l’état des dents et des gencives conditionne la décision. Le cadre décrit par l’ANSM comporte les étapes suivantes :
- un examen clinique préalable pour vérifier que le blanchiment est envisageable ;
- la première application de chaque cycle, réalisée par le chirurgien-dentiste ;
- un produit conforme, dosé entre 0,1 % et 6 % de peroxyde d’hydrogène, chez un patient adulte.
Avant toute décision, il est utile de savoir comment choisir son dentiste, la démarche de choix du praticien étant la même quel que soit l’acte envisagé. Les caries, les gencives fragiles ou une sensibilité préexistante se discutent lors de cette première consultation ; l’article sur le moment de consulter un parodontiste aborde la question des gencives.
Que penser des méthodes « maison » et des produits vendus en ligne ?
Elles ne bénéficient d’aucun encadrement professionnel, et c’est précisément ce que pointent les autorités. L’Assurance Maladie met en garde contre les tendances virales et les recettes rapides pour se blanchir les dents, et rappelle que le blanchiment doit être réalisé chez un professionnel de santé avec des produits conformes. L’ANSM, de son côté, a engagé la mise en conformité des produits mal classés, avec suspension de leur mise sur le marché lorsqu’ils ne respectent pas la réglementation applicable.
Un produit annonçant un blanchiment net sans mentionner sa concentration en peroxyde d’hydrogène, ou vendu hors circuit professionnel avec une concentration supérieure à 0,1 %, ne respecte pas le cadre décrit plus haut. Pour la prévention et le suivi chez l’enfant, qui n’est pas concerné par ces produits, voir l’article sur la santé bucco-dentaire et la visite chez le dentiste.
Quand consulter ?
Consultez un chirurgien-dentiste avant tout blanchiment, puis en cas de douleur vive au froid ou au chaud qui persiste, de gencive blanchie ou brûlée, de dent qui fonce ou de saignement inhabituel après un produit de blanchiment. Un gonflement du visage, de la bouche ou de la gorge, ou une difficulté à respirer justifient un appel au 15 ou au 112.
Questions fréquentes
Un blanchiment dentaire est-il autorisé chez l’enfant ?
Non, pour les produits à base de peroxyde d’hydrogène dosés entre 0,1 % et 6 %. Selon l’ANSM, ils sont réservés aux chirurgiens-dentistes et aux patients adultes.
Quelle concentration de peroxyde d’hydrogène est autorisée dans les produits vendus au public ?
Jusqu’à 0,1 %, selon l’ANSM, au titre de la directive européenne reprise en droit français. Les produits plus concentrés, jusqu’à 6 %, sont réservés aux chirurgiens-dentistes.
Le blanchiment est-il dangereux pour les dents ?
Il peut provoquer de l’hypersensibilité, surtout avec des produits non conformes ou mal utilisés, selon l’ANSM et l’Assurance Maladie. L’examen préalable et l’encadrement par un chirurgien-dentiste servent à limiter ces risques.
Peut-on renouveler un blanchiment souvent ?
L’ANSM recommande de ne pas renouveler le traitement trop fréquemment. La fréquence adaptée se décide avec le chirurgien-dentiste, selon l’état des dents.
Faut-il se méfier des produits achetés en ligne ?
Oui. L’ANSM recommande de se méfier des produits achetés en ligne ou auprès de revendeurs non professionnels, car leur conformité à la réglementation n’est pas garantie.
Comment se déroule un blanchiment chez le chirurgien-dentiste ?
Il commence par un examen clinique préalable pour vérifier que le blanchiment est envisageable, car l’état des dents et des gencives conditionne la décision. Selon l’ANSM, la première application de chaque cycle est réalisée par le chirurgien-dentiste, avec un produit conforme, chez un patient adulte.
Sources
- ANSM : communiqué de presse sur le blanchiment des dents (décembre 2011) — concentrations, professionnels autorisés, risques et recommandations
- ANSM : Produits de blanchiment et/ou d’éclaircissement dentaire, mise en conformité avec la réglementation — seuils de 0,1 % et 6 %, date d’entrée en vigueur, exception intracanalaire
- Assurance Maladie : tétine, bijoux dentaires, blanchiment, derrière ces tendances virales, des risques bien réels — risques du blanchiment non professionnel et recommandation d’un professionnel de santé
Information éducative ; une mesure ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour le 3 octobre 2026

